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L'ambassade américaine en Ethiopie s'inquiète d'une possible "tuerie" de civils en région Amhara

AFP, Vendredi, 09 février 2024

Les Etats-Unis se sont dits vendredi "profondément inquiets" à la suite d'informations sur une "tuerie ciblant des civils" dans une localité de l'Etat régional de l'Amhara, dans le nord-ouest de l'Ethiopie, où les forces fédérales éthiopiennes affrontent des milices locales.

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Un membre des forces spéciales d’Amhara surveille le passage frontalier avec l’Erythrée où un drapeau éthiopien obsolète flotte, à Humera, en Ethiopie. Photo : AFP

Selon la BBC en amharique et le site d'information Addis Standard, qui citent des habitants, au moins 50 civils ont été tués par les forces gouvernementales le 29 janvier dans la localité de Merawi, située à une trentaine de km au sud de Bahir Dar, capitale régionale de l'Amhara.

Selon des témoins cités par ces médias, cette tuerie est survenue en représailles à des affrontements le même jour entre forces fédérales et Fano, des milices populaires "d'autodéfense" amhara, la deuxième communauté ethno-linguistique d'Ethiopie.

Ces informations n'ont pu être vérifiées dans l'immédiat, les autorités éthiopiennes refusant, depuis le début du conflit l'an dernier, l'accès à la région aux journalistes.

Contacté par l'AFP, le service de communication du gouvernement n'a pas souhaité commenter dans l'immédiat.

Des sources diplomatiques ont indiqué à l'AFP ne pas disposer d'assez de détails pour être en mesure dans l'immédiat de confirmer la tuerie ou le bilan. La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC) - institution publique statutairement indépendante - a indiqué à l'AFP être "en train d'enquêter à ce sujet".

Dans un communiqué publié vendredi sur X, l'ambassade des Etats-Unis en Ethiopie demande "que les observateurs indépendants des droits humains aient un accès illimité" à la zone et que soit menée "une enquête impartiale permettant de traduire les auteurs en justice".

Cette tuerie présumée "fait suite à de nombreuses informations troublantes sur d'autres violations et violences en (régions) Amhara, Oromia et ailleurs en Ethiopie, qui mettent en cause à la fois des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux", souligne l'ambassade américaine.

Le Parlement éthiopien a prolongé début février pour quatre mois l'état d'urgence instauré en août 2023 en Amhara pour tenter - pour l'heure sans succès - de réduire l'insurrection des Fano, déclenchée par une tentative du gouvernement fédéral de désarmer des forces amhara.

Environ 90% des habitants de l'Etat régional Amhara - qui compte quelque 23 millions d'habitants - appartiennent à la communauté amhara.

Depuis qu'Abiy Ahmed est devenu Premier ministre en 2018, de nombreuses zones de l'Ethiopie - deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec 120 millions d'habitants - sont en proie à des violences politiques et/ou communautaires, accompagnés de nombreuses exactions perpétrés par les divers camps.

En région Oromia, un groupe armé local, l'OLA, affronte ainsi depuis 2018 les forces fédérales dans de larges parts de cet Etat régional, le plus vaste et plus peuplé d'Ethiopie où plusieurs massacres de civils, dont les auteurs ne sont pas clairement identifiés, ont été signalés ces dernières années.

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