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RDC : La crise politique est loin d’être résolue

Abir Taleb avec agences, Mardi, 12 juin 2018

Une méga-plateforme électorale comprenant la majorité présidentielle et les opposants qui siègent au gouvernement a été créée en République Démocratique du Congo, en vue de l’élection de décembre prochain. L’opposition non gouvernementale se dit sceptique.

Le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a été désigné « autorité morale » d’une plateforme électorale présentée jeudi 7 juin en Conseil des ministres. Le conseil a ainsi adopté, à l’unanimité, « la création d’une grande coalition politique électorale dénommée Front Commun pour le Congo (FCC) », une méga-plateforme électorale qui réunit la majorité présidentielle et les membres de l’opposition qui siègent au gouvernement. Le FCC est une initiative du président Kabila lui-même. Adoptée au cours de la même réunion, la charte du FCC prône « l’identité et l’autonomie » des membres de la coalition, mais ceux-ci restent « soumis à la discipline du groupe ».

« Le FCC reste ouvert à l’adhésion des partis et regroupements politiques, des personnalités indépendantes et de la société civile », précise le compte-rendu de l’exécutif diffusé le lendemain de la réunion. L’objectif est « la conquête démocratique du pouvoir à tous les niveaux aux prochains scrutins » présidentiel, législatifs et provinciaux. De même, les membres du FCC « apporteront leur soutien à une candidature unique à l’élection présidentielle » prévue le 23 décembre.

Un rendez-vous crucial, puisque cette élection a été plusieurs fois reportée et qu’elle est censée mettre fin à la crise politique qui dure depuis plusieurs années. En effet, l’élection du 23 décembre doit remplacer Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016. Depuis, Kabila, que ses adversaires accusent de vouloir briguer un troisième mandat contre la Constitution, est maintenu au pouvoir faute de pouvoir tenir un scrutin. Une manoeuvre, selon l’opposition. Une simple façon de jouer les prolongations, dit-elle.

L’opposition inquiète

Le dépôt des candidatures commence le 25 juillet pour la présidentielle, avec publication de la liste définitive des candidats le 19 septembre. D’ici là, les pronostics vont bon train. Et ce nouveau pas inquiète. Pour les plus radicaux de l’opposition, la création du FCC n’est que « l’élargissement de la famille politique du président Kabila ». Pourtant, Joseph Kabila a dit qu’il respecterait la Constitution, sans dire formellement qu’il ne se présenterait pas. Ses détracteurs s’inquiètent toutefois de plusieurs indices récents (affiches, déclarations dans son entourage, clip sur les réseaux sociaux, thèse d’un juriste) qui, selon eux, démontrent que le président congolais chercherait un nouveau mandat. En réponse, des signes de défiance se multiplient: « Non à un troisième mandat ! Non à la modification de la Constitution ! », a proclamé un collectif de 176 associations. Pour ces plus radicaux, l’opposition au sein du gouvernement est placée sous l’autorité du président Joseph Kabila. C’est-à-dire que ce n’est qu’une opposition de façade.

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