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Des militants prodémocratie rapportent environ "40 morts" dans des tirs d'artillerie près de Khartoum

AFP , Vendredi, 07 juin 2024

Soudan
Archives : Véhicule brûlé devant un magasin endommagé à Omdurman. La guerre fait rage depuis plus d’un an au Soudan entre l’armée régulière sous le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan et les forces paramilitaires de soutien rapide dirigées par son ancien adjoint Mohamed Hamdan Daglo. Photo : AFP

Des militants prodémocratie au Soudan ont fait état vendredi 7 juin d'environ 40 civils tués dans de "violents tirs d'artillerie" des paramilitaires sur des quartiers d'Omdourman, près de la capitale Khartoum, énième illustration de l'impact du conflit sur une population terrassée par une crise humanitaire.

Le "comité de résistance de Karari", du nom d'un des quartiers d'Omdourman, dans la banlieue nord-ouest de Khartoum, impute les frappes d'artillerie menées mercredi 5 juin aux Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée soudanaise depuis avril 2023.

"Jusqu'à maintenant, le nombre de morts est estimé à 40 citoyens, et il y a plus de 50 blessés, certains grièvement", souligne dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le comité, un de ces nombreux réseaux de militants organisant sur le terrain l'entraide entre habitants, et qui ont fleuri ces dernières années.

"Il n'y a pas encore de décompte précis du nombre de victimes à Omdourman", ajoute le comité. "La plupart des morts sont arrivés à l'hôpital universitaire al-Nao, les autres dans des hôpitaux privés ou alors ils ont été enterrés par leurs familles".

A travers le pays, et même dans la capitale, les combats se poursuivent quotidiennement entre l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des FSR, sous la houlette du général Mohamed Hamdane Daglo.

En un peu plus d'un an, la guerre opposant ces deux généraux rivaux en lutte pour le pouvoir au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, certaines estimations allant même jusqu'à "150.000" victimes, selon l'émissaire américain pour le Soudan, Tom Perriello.

Les deux camps ont été accusés de crimes de guerre, notamment de viser les civils, de bombarder sans discernement des zones résidentielles et de se livrer à des pillages ou de bloquer l'aide humanitaire vitale.

"Tragédie humaine" 

Mercredi 5 juin, les paramilitaires des FSR ont aussi été accusés par des militants prodémocratie d'avoir mené une attaque sanglante contre un village du centre du Soudan.

Une centaine de personnes parmi lesquelles au moins 35 enfants ont été tuées dans le village de Wad al-Noura, dans l'Etat d'al-Jazira.

Les militants du "comité de résistance de Madani" avaient diffusé des images sur les réseaux sociaux montrant une rangée de linceuls blancs disposés sur un terrain.

"Les images qui nous parviennent de Wad al-Noura brisent le coeur", a déploré jeudi la coordinatrice humanitaire de l'ONU dans le pays, Clémentine Nkweta-Salami.

"La tragédie humaine est devenue une caractéristique de la vie au Soudan", a-t-elle regrettée sur X (ex-Twitter). "Les combats et l'usage d'armes explosives dans des zones densément peuplées doivent être évités à tout prix. Les civils ne doivent jamais être des cibles".

Accusés de pillages, mais aussi de violences sexuelles et ethniques, les FSR ont assiégé et attaqué à plusieurs reprises des villages entiers à travers le pays.

Dans un communiqué, les paramilitaires avaient déclaré avoir attaqué trois camps de l'armée dans la région de Wad al-Noura et s'être heurtés à leurs rivaux "en dehors" de la zone habitée.

Jeudi, le chef de l'armée, le général Burhane, s'est rendu au chevet des blessés. Dans un communiqué, il a promis de "répliquer durement" aux "crimes" des FSR.

"Les attaques sur les civils et sur les infrastructures civiles sont inacceptables", avait de son côté réagi la directrice exécutive de l'Unicef, Catherine Russell évoquant la mort d'au moins 35 enfants à Wad al-Noura, et faisant état de 20 autres blessés.

"Au cours de l'année écoulée, des milliers d'enfants ont été tués et blessés", rappelle-t-elle.

Jeudi, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a averti que le nombre de déplacés internes dans le pays pourrait dans les prochains jours "dépasser les 10 millions".

Dans un pays comptant avant la guerre environ 48 millions d'habitants, quelque 18 millions de personnes souffrent de la faim et 3,6 millions d'enfants de malnutrition aiguë, selon les agences de l'ONU.

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