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Bombardements meurtriers à Gaza, Israël déterminé à vaincre le Hamas

AFP , Lundi, 03 juin 2024

Gaza
Les Palestiniens réagissent après que leur domicile a été touché par une frappe israélienne à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Photo : AFP

Des bombardements meurtriers ont visé lundi la bande de Gaza, où Israël poursuit son offensive contre le Hamas dans la ville de Rafah et se dit déterminé à vaincre le mouvement palestinien, malgré les appels au cessez-le-feu.

Les Etats-Unis ont appelé dimanche le Hamas à accepter un plan israélien présenté vendredi par le président américain, Joe Biden, en vue d'un cessez-le-feu après bientôt huit mois de guerre.

Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé après l'annonce de ce plan sa détermination à poursuivre la guerre jusqu'à l'élimination du Hamas et la libération des otages enlevés ce jour-là.

L'armée israélienne poursuit son offensive terrestre à Rafah, une ville frontalière avec l'Egypte dans le sud du territoire palestinien, pour détruire selon elle les derniers bataillons du Hamas.

Lundi, des frappes aériennes et des tirs d'artillerie ont visé Rafah, principalement le secteur de Tal al-Sultan, dans l'ouest de la ville, selon un témoin. Un autre témoin a signalé des combats intenses dans l'est de Khan Younès, à quelques kilomètres de là.

Pendant la nuit, au moins 20 personnes ont péri dans des frappes et des tirs d'artillerie, dont six dans le camp de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, et dix dans le secteur de Armadhiya à Khan Younès, selon des sources médicales.

Quatre corps ont été sortis de deux maisons bombardées à Zeitoun, un quartier de la ville de Gaza dans le nord, selon la défense civile.

L'armée a annoncé avoir frappé la veille "plus de 50 cibles" à travers la bande de Gaza et mener des "opérations ciblées dans le secteur de Rafah".

"Submergés" par les égouts

L'offensive terrestre sur Rafah commencée le 7 mai a poussé, selon l'ONU, environ un million de Palestiniens à fuir.

Dans les ruines de Khan Younès, des habitants tentaient dimanche d'évacuer les égouts qui ont envahi les tentes plantées entre les squelettes des immeubles. D'autres se frayaient un passage dans des mares d'eau grisâtre encombrées de détritus.

"Les eaux usées nous ont submergés", a raconté à l'AFP Abdul Samad Barbakh, un habitant de la ville.

"Les moustiques nous piquent, nous et nos enfants, toute la nuit. Il n'y a pas d'eau potable. Il n'y a même pas de vendeur d'eau dans les rues. Il n'y a même pas d'eau de mer", a témoigné un homme, Said Ashour.

Depuis le début de la guerre, Israël a tué plus de 36.439 palestiniens, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza.

La guerre a aussi envenimé les tensions dans la région. Pendant la nuit de dimanche à lundi, Israël a frappé une usine près d'Alep, dans le nord de la Syrie, y tuant 16 combattants pro-iraniens, syriens et étrangers, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte, médiateurs dans le conflit, ont appelé conjointement samedi "le Hamas et Israël à finaliser l'accord de cessez-le-feu sur la base des principes énoncés par le président Joe Biden".

Netanyahu sous pression

Cette feuille de route proposée par Israël prévoit dans une première phase, selon Joe Biden, un cessez-le-feu de six semaines accompagné d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages, notamment des femmes et des malades, et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Le cessez-le-feu pourrait devenir "permanent" si le Hamas "respecte ses engagements", selon M. Biden.

Mais Benjamin Netanyahu, sous très forte pression de l'opinion publique et de ses alliés d'extrême droite, a affirmé samedi que les "conditions" pour arriver à un "cessez-le-feu permanent" n'avaient pas changé et comprenaient la "destruction" du mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, ainsi que la "libération de tous les otages".

Le Hamas a dit considérer "positivement" la feuille de route mais a aussi réitéré ses exigences d'un cessez-le-feu permanent et d'un retrait total israélien de Gaza.

Dimanche, le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, "a salué la volonté d'Israël de conclure un accord et affirmé qu'il incombait au Hamas de l'accepter", lors d'un entretien téléphonique avec le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, selon le département d'Etat.

"Pas de lait"

Dans le territoire assiégé par Israël, frappé par une catastrophe humanitaire majeure, le point de passage de Rafah avec l'Egypte, crucial pour l'acheminement de l'aide internationale, est fermé depuis que l'armée israélienne en a pris le contrôle le 7 mai du côté palestinien.

Selon les organisations humanitaires, l'aide qui entre dans la bande de Gaza est insuffisante et n'atteint pas les personnes qui en ont le plus besoin.

Dans un hôpital de Deir al-Balah, une femme de 33 ans, Amira al-Taweel, raconte qu'elle n'a pas trouvé de lait pour son bébé souffrant de malnutrition. "Youssef a besoin de lait, en plus de son traitement médical, mais il n'y en a pas à Gaza", a confié cette femme à l'AFP, en tenant dans ses bras le petit garçon placé sous perfusion.

"Les enfants meurent de faim", a averti samedi la porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé, Margaret Harris.

* Article modifié par Ahraminfo

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