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Vingt-six personnes dont 15 enfants tués dans des frappes israéliennes, feu vert à des négociations

AFP , Jeudi, 23 mai 2024

Citant une "source haut placée", le média égyptien Al-Qahera News a indiqué jeudi que "la position israélienne n'était toujours pas propice pour parvenir à la conclusion d'un accord sur un cessez-le-feu et la libération des otages", sans plus de détails

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Des enfants palestiniens regardent un bâtiment endommagé après le raid israélien sur la ville de Jénine en Cisjordanie. Photo : AP

Vingt-six personnes, parmi lesquelles 15 enfants, ont péri jeudi 23 mai dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, selon la Défense civile, peu après le feu vert d'Israël à la reprise de négociations pour la libération des otages retenus dans le territoire palestinien.

L'annonce de la reprise des discussions survient après la diffusion d'une vidéo montrant l'enlèvement de soldates israéliennes par des combattants de Hamas le 7 octobre.

Sur le terrain, des frappes aériennes et des tirs d'artillerie ont été entendus dans la nuit à travers la bande de Gaza, notamment à Rafah (sud), Jabalia ou Gaza-ville (nord), selon des journalistes de l'AFP, des médecins et des témoins.

La Défense civile de Gaza-ville a indiqué que deux frappes aériennes avant l'aube avaient fait 26 morts, parmi lesquels 15 enfants.

Seize personnes ont été tuées par une frappe ayant touché leur maison et dix autres dans un bombardement sur une mosquée et une école, selon la même source.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas répondu dans l'immédiat.

De violents combats de rue ont lieu par ailleurs à Jabalia, la branche armée du Hamas et le mouvement palestinien Jihad islamique indiquant avoir tiré au mortier contre les forces israéliennes qui affirment, elles, avoir "visé plusieurs terroristes du Hamas lors de frappes".

En 24 heures, au moins 91 morts supplémentaires ont été recensés dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé à Gaza.

A Nousseirat (centre), des enfants inspectaient jeudi les décombres d'une maison détruite par une frappe aérienne.

« Quand j'ai vu les flammes, j'étais dans l'école transformée en abri, je me suis dit de pauvres gens ont été touchés par le missile+, sans savoir qu'il s'agissait en fait de mon mari, sa première femme et de leurs enfants », raconte Fatima Hathat.

Des combats de rue avaient aussi lieu à Rafah, où, selon l'armée, les forces israéliennes continuaient d'opérer dans deux quartiers. Les groupes armés palestiniens ont dit leur tirer dessus au mortier.

L'armée a lancé dans cette ville des opérations au sol le 7 mai, qui ont provoqué la fuite de 800.000 personnes selon l'ONU.

Celui-ci "a donné instruction à l'équipe de négociateurs de retourner à la table des négociations pour obtenir le retour des otages", selon un haut responsable du gouvernement.

Citant une "source haut placée", le média égyptien Al-Qahera News a indiqué jeudi que "la position israélienne n'était toujours pas propice pour parvenir à la conclusion d'un accord sur un cessez-le-feu et la libération des otages", sans plus de détails.

Début mai, des négociations indirectes entre le Hamas et Israël, via les médiateurs du Qatar, de l'Egypte et des Etats-Unis, n'avaient pas réussi à aboutir à un accord pour une trêve à Gaza associée à la libération d'otages et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Livraison d'aide entravée

Sur les 252 personnes emmenées  le 7 octobre par Hamas, 124 sont toujours retenues à Gaza, dont 37 mortes, selon l'armée. En novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération d'une centaine d'otages en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Au moins 35.800 Palestiniens, en majorité des civils, depuis le début de la guerre le 7 octobre, selon des données du ministère de la Santé à  Gaza.

Plus de sept mois de guerre ont provoqué une crise humanitaire majeure à Gaza.

Récompense

Sur le plan diplomatique, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé mercredi 22 mai leur décision de reconnaître conjointement un Etat palestinien dans l'espoir d'entraîner d'autres pays à faire de même.

Le Premier ministre Netanyahu a aussitôt dénoncé "une récompense pour le terrorisme".

Jeudi, le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, Jacob Blitstein, a prévenu dans un communiqué à l'issue d'une rencontre avec les ambassadeurs de ces trois pays européens que leur décision aurait de "graves conséquences".

Cette reconnaissance constitue un nouveau revers pour Israël après que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a demandé des mandats d'arrêt contre Netanyahu pour des "crimes contre l'humanité" présumés, en même temps que contre les dirigeants du Hamas.

La Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction de l'ONU, a en outre annoncé jeudi qu'elle se prononcerait vendredi 24 mai  sur une requête de l'Afrique du Sud d'ordonner à Israël un cessez-le-feu à Gaza.

Article modifié par Ahraminfo

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