Vendredi, 14 juin 2024
International > Monde Arabe >

"On bouge d'un endroit à l'autre" : les habitants du nord de Gaza fuient les nouveaux combats

AFP , Lundi, 13 mai 2024

Rafah
Des Palestiniens transportent leurs biens alors qu’ils fuient Rafah dans le sud de la bande de Gaza vers une zone plus sûre. Photo : AFP

Une vie réduite à "un jeu du chat et de la souris" macabre pour échapper aux balles et obus: c'est ainsi que Mahmoud al-Barsh décrit son existence ces sept derniers mois, passée à fuir mais sans cesse rattrapée par la guerre.

"On bouge d'un endroit à l'autre mais les bombardements continuent" partout, raconte à l'AFP ce Palestinien de 33 ans, tout juste arrivé dans la ville de Gaza après avoir fui Jabaliya, plus au nord de la bande de Gaza.

Selon des témoins, des avions de combat israéliens ont encore bombardé lundi plusieurs zones du camp de réfugiés de cette ville déjà massivement ciblée aux premiers temps de l'offensive israélienne. 

Après avoir assuré y avoir éliminé la menace posée par le Hamas dans le nord, l'armée israélienne affirme qu'il y a reconstitué des forces et "a largué des tracts et envoyé des messages sur les téléphones avertissant tout le monde de quitter Jabaliya", explique Oum Adi Nasser, une habitante du camp qui a rejoint Gaza-Ville.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont affirmé lundi être "engagées dans des combats intenses" près du camp de Jabaliya.

"Terrifiée", Oum Adi Nasser a "donc pris (ses) enfants" et est "partie pour Gaza-Ville". "Ce n'est pas la première fois que nous sommes déplacés. Chaque fois que nous essayons de revenir et nous installer, il y a une opération" et "les avions et les chars bombardent", raconte-t-elle.

"Sous les obus" 

Mahmoud al-Barsh dit "ne pas savoir où aller", car "aucun endroit n'est sûr, ni la ville de Gaza ni le nord. Tous les endroits sont bombardés".

Comme un écho, explosions et tirs nourris résonnent dans le sud-est de Gaza-Ville, où le Hamas dit affronter là aussi les forces israéliennes. Selon des témoins, le quartier de Zeitoun est, comme les jours précédents, sous le feu de l'artillerie et de l'aviation israélienne.

Déjà "déplacé quatre fois d'un endroit à l'autre" depuis le début de la guerre, Abed Ayad, 40 ans, a fui sa maison de Zeitoun "sous les obus", avec ses parents, ses frères et soeurs et les enfants, vers la zone du port. "On n'a pris ni vêtements ni nourriture. On ne pensait qu'à survivre au bombardement", dit-il. Son père a été blessé par des éclats et emmené sur un brancard de fortune à l'hôpital, "car aucune ambulance ne vient dans le quartier".

Egalement habitante de Zeitoun, Iman al-Ramlawi, 35 ans, fait le même récit: "on a fui la maison avec des bombardements au-dessus de nos têtes" et "on est parti vers l'ouest de Gaza-Ville". A chaque fois, "on part sans savoir si on reviendra et si elle sera toujours debout ou détruite par les bombardements".

 "Panique"

Selon l'Unrwa, l'agence de l'ONU chargée des Réfugiés palestiniens, il reste environ 250.000 personnes dans la partie nord de la bande de Gaza --où se trouve Gaza-Ville-- largement détruite, comme le centre, par les combats et bombardements. Et quelque 64.000 ont fui Jabaliya et Beit Lahia, autre localité du nord, depuis la reprise des combats.

Plus d'un million de personnes sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont fui le nord et le centre vers Rafah, dans le sud du territoire palestinien. Israël considère cette ville comme le dernier bastion du Hamas, martelant sa détermination à y mener une offensive d'ampleur pour anéantir le mouvement palestinien, malgré les craintes internationales de carnage parmi les civils.

Depuis lundi, l'armée israélienne progresse depuis l'est de ville vers des zones de plus en plus densément peuplées, qu'elle bombarde après avoir enjoint les habitants à évacuer.

Selon l'Unrwa, depuis les premiers ordres d'évacuation, près de 360.000 personnes ont fui cette ville surpeuplée, adossée à la frontière égyptienne. Lundi, des messages ont enjoint les habitants de deux nouvelles zones à partir à leur tour, "semant la panique", ont rapporté des témoins à l'AFP.

 

 

 

 

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique