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Frappes sur Gaza, Washington critique Israël sur la conduite de la guerre

Samedi, 11 mai 2024

Gaza
Des Palestiniens fuient à la suite d’une frappe israélienne à Al-Zawayda dans le centre de la bande de Gaza. Photo : AFP

L'armée israélienne a bombardé samedi 11 mai la bande de Gaza après des critiques de Washington sur la conduite de la guerre et la mise en garde de l'ONU contre une "catastrophe humanitaire colossale" dans la ville surpeuplée de Rafah, à la frontière égyptienne.

Des équipes de l'AFP ont fait état de frappes dans la nuit dans différents secteurs de Gaza, qui ont fait plus de 30 morts selon des médecins et des témoins, après la diffusion d'un rapport du département d'Etat sur la situation dans le territoire palestinien où la guerre menée par Israël contre Gaza est entrée dans son huitième mois.

Les Etats-Unis jugent "raisonnable d'estimer" qu'Israël a violé le droit humanitaire international à Gaza sans pouvoir toutefois le conclure de manière définitive, et continueront à livrer des armes à ce pays, selon le rapport.

A New York, l'Assemblée générale de l'ONU s'est prononcée vendredi 10 mai à une écrasante majorité pour que les Palestiniens deviennent membres à part entière de l'organisation, leur octroyant quelques droits supplémentaires à défaut d'une véritable adhésion bloquée par les Etats-Unis, premier allié d'Israël.

Ce vote symbolique, salué par l'Autorité palestinienne, a provoqué la colère d'Israël. "La violence paie", a estimé son chef de la diplomatie, Israël Katz, estimant que l'ONU récompensait ainsi le Hamas pour l'attaque sanglante du 7 octobre sur le sol israélien.

Sans délai

Sur un autre front diplomatique, des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas au Caire visant à arracher une trêve et éviter une offensive majeure sur Rafah se sont achevés jeudi sans parvenir à un accord à l'issue de négociations avec les pays médiateurs (Egypte, Qatar et Etats-Unis).

Pour "vaincre" le Hamas, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, insiste sur la nécessité d'une opération à Rafah (sud), où se retranchent selon lui les derniers bataillons du Hamas.

Défiant les mises en garde internationales contre une offensive majeure dans cette ville où s'entassent 1,4 million de Palestiniens, la plupart déplacés par les violences, selon l'ONU, l'armée israélienne mène depuis mardi 7 mai des incursions dans l'est de Rafah. Elle a pris le contrôle du point de passage frontalier avec l'Egypte, verrouillant une porte d'entrée névralgique pour les convois d'aide humanitaire.

Famine

Une vaste opération à Rafah conduirait à une "catastrophe humanitaire colossale", a averti le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ajoutant que la famine se profilait dans le territoire palestinien.

"Nous appelons les autorités israéliennes à cesser cette opération militaire sans délai et à reprendre la voie des négociations, seule voie possible pour conduire à la libération immédiate des otages et obtenir un cessez-le-feu durable", a renchéri dans la nuit la diplomatie française.

Le président américain, Joe Biden, a menacé de cesser certaines livraisons d'armes à Israël en cas d'offensive majeure à Rafah.

Fuir Rafah

Selon l'ONU, environ 110.000 personnes ont fui depuis qu'Israël a appelé lundi 6 mai la population de l'est de Rafah à évacuer.

"Quelque 30.000 personnes fuient la ville chaque jour", a indiqué le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), précisant que la plupart avaient "déjà dû se déplacer à cinq ou six reprises" depuis le début de la guerre.

A l'instar d'Oum Soubhi, déplacée de Gaza-ville (nord). "Au début de la guerre, nous sommes allés à Rafah, puis nous avons été déplacés plusieurs fois dans la région de Rafah en raison des menaces, des frappes et de la situation effrayante et terrifiante, avant de venir à Nuseirat (centre)", a-t-elle confiée à l'AFP.

Malgré la réouverture mercredi du passage de Karm Abou Salem, voisin de Rafah, fermé par Israël pendant trois jours après des tirs de roquettes du Hamas, l'acheminement de l'aide reste "extrêmement difficile", a affirmé à l'AFP Andrea De Domenico, le chef du bureau de l'Ocha dans les territoires palestiniens.

Vendredi soir, le Cogat, organe du ministère israélien de la Défense supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens, a néanmoins annoncé "le transfert de 200.000 litres de carburant à des organisations internationales" via Karm Abou Salem.

Toutefois, observe Sylvain Groulx, coordinateur d'urgence de Médecins sans frontières (MSF) à Gaza, il faut "comprendre que lorsque plus des deux tiers des hôpitaux ou des structures médicales de Gaza ont été soit détruits, soit partiellement détruits, il devient encore plus difficile d'offrir à la population les services de santé de base dont elle a cruellement besoin".

Toujours possible 

La guerre a éclaté le 7 octobre, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et son offensive a fait jusqu'ici 34.943 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza.

L'Egypte a exhorté vendredi 10 mai le Hamas et Israël à faire preuve de "flexibilité" alors que les efforts des médiateurs "se poursuivent" en vue d'une trêve, selon le média égyptien Al-Qahera News.

Pour le Hamas, le "rejet par Israël" d'une proposition des médiateurs à laquelle il a donné son feu vert ramène les négociations "à la case départ". Lundi, il avait dit oui à un accord en trois phases de 42 jours chacune selon lui, incluant un retrait israélien de Gaza ainsi qu'un échange d'otages israéliens et de prisonniers palestiniens, en vue d'un "cessez-le-feu permanent".

Or Israël s'oppose à un cessez-le-feu définitif tant que le Hamas ne sera pas vaincu.

* Article Modifié par Ahraminfo

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