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Des dizaines de morts à Gaza dans des raids israéliens à la veille du ramadan

AFP , Dimanche, 10 mars 2024

Selon le Hamas, au moins 85 Palestiniens ont péri ces dernières 24 heures dans plus de 60 frappes nocturnes qui ont aussi touché des habitations dans le centre et le sud de Gaza, surtout à Khan Younès.

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Un bâtiment endommagé lors d’une frappe israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Photo : AFP

L'armée israélienne a de nouveau largué dimanche ses bombes sur Gaza, faisant des dizaines de morts à la veille du ramadan et en pleine mobilisation internationale pour envoyer de l'aide humanitaire à la population civile assiégée et menacée de famine.

Dans le cadre d'un corridor maritime humanitaire annoncé par l'Union européenne, un premier navire chargé d'aide est prêt à quitter Chypre pour le territoire palestinien dévasté par plus de cinq moins de guerre.

Avant le ramadan, le mois de jeûne musulman sacré qui commence lundi ou mardi, aucune indication ne permet d'espérer un accord de trêve dans cette guerre lancée par Israël qui a fait 31.045 morts, en majorité des civils.

Selon le Hamas, au moins 85 Palestiniens ont péri ces dernières 24 heures dans plus de 60 frappes nocturnes qui ont aussi touché des habitations dans le centre et le sud de Gaza, surtout à Khan Younès. Au moins 13 personnes ont péri dans la chute d'obus sur des tentes de déplacés dans la région d'Al-Mawasi, entre Khan Younès et Rafah, a précisé le ministère de la Santé.

Outre le lourd bilan humain et les destructions colossales, la guerre a provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien exigu, où selon l'ONU 2,2 des 2,4 millions d'habitants sont menacés de famine et 1,7 million ont été déplacés.

D'après le ministère de la Santé à Gaza, 25 personnes, la plupart des enfants, sont mortes de malnutrition et de déshydratation.

Israël assiège la bande de Gaza depuis le 9 octobre et ne laisse entrer l'aide par voie terrestre qu'au compte-gouttes depuis l'Egypte.

Occupée par l'armée israélienne de 1967 à 2005, la bande de Gaza, déjà soumise à un blocus israélien depuis 2007, est bordée par Israël, l'Egypte et la mer Méditerranée.

Ces derniers jours, plusieurs pays occidentaux et arabes ont largué des colis de nourriture et de matériel médical sur Gaza. Vendredi, l'UE et les Etats-Unis ont annoncé préparer un corridor humanitaire maritime depuis Chypre, située à quelque 370 km de Gaza.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a espéré le départ d'un premier bateau dimanche qui est chargé par deux ONG de 200 tonnes de nourriture.

Laura Lanuza, la porte-parole de l'ONG espagnole Open Arms, partenaire dans ce projet de l'ONG américaine World Central Kitchen (WCK), a précisé samedi que les autorités israéliennes avaient inspecté la cargaison.

WCK a déjà des gens à Gaza et « construit une jetée » pour pouvoir décharger la cargaison, selon elle.

Reste à savoir comment cette aide sera acheminée à travers le territoire quotidiennement bombardé par Israël et en proie aux combats.

Un navire de soutien logistique de l'armée américaine a par ailleurs quitté les Etats-Unis avec à son bord le matériel nécessaire à la construction d'une jetée temporaire à Gaza, annoncée par le président Joe Biden, pour décharger l'aide. Sa construction pourrait prendre jusqu'à 60 jours, selon le Pentagone.

Néanmoins l'ONU, qui met en garde contre une « famine généralisée presque inévitable » à Gaza, affirme que les parachutages et l'envoi d'aide par la mer ne peuvent se substituer à la voie terrestre.

Cette aide passe par Rafah, ville située à la frontière égyptienne. Là sont massées selon l'ONU près de 1,5 million de personnes, en grande majorité des déplacés qui font quotidiennement la queue à des points de distribution de nourriture et d'eau. Et qui craignent une offensive israélienne terrestre annoncée.

Samedi, Joe Biden a de nouveau critiqué le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui est déterminé à poursuivre la guerre pour en finir avec le Hamas et à entrer à Rafah.

« Il faut qu'il fasse plus attention aux vies innocentes perdues », a dit M. Biden.

M. Netanyahu est aussi critiqué dans son pays, où une partie de l'opinion publique veut un accord de trêve qui permettrait la libération des otages, alors qu'Israël et le Hamas s'accusent d'entraver un tel accord.

Samedi soir, des milliers de personnes ont manifesté à Tel-Aviv pour exiger le départ de son gouvernement, la foule scandant « Elections ! Maintenant ! » et « Honte au government ».

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