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Blinken attendu au Proche-Orient, raids "ciblés" d'Israël à Gaza

AFP, Lundi, 05 février 2024

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, arrive lundi au Proche-Orient pour encourager une trêve dans les combats meurtriers entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, où l'armée affirme conduire des "raids ciblés" contre les combattants du Hamas.

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Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken. Photo : AFP

Alors que la guerre va entrer mercredi dans son cinquième mois, 128 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été tuées en 24 heures, a annoncé le ministère de la Santé à Gaza.

Le gouvernement du Hamas a lui fait état de "frappes aériennes et d'artillerie autour" des trois hôpitaux de Khan Younès, la grande ville du sud de Gaza, encerclés par les forces israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir mené des "raids ciblés" dans le nord et le centre du territoire, et avoir tué "des dizaines de terroristes qui tendaient des embuscades" à Khan Younès. L'armée pilonne depuis des semaines la ville où selon elle se cachent des responsables du Hamas.

Elle a affirmé dimanche y avoir investi un complexe utilisé par le Hamas pour préparer l'attaque sanglante du 7 octobre et dans lequel Mohammad Sinouar avait un bureau. Ce haut commandant de la branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam, est le frère de Yahya Sinouar, le chef du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, considéré comme le cerveau de l'attaque du 7 octobre.

"On va s'en occuper"

La guerre à Gaza a fait 27.365 morts, en grande majorité des civils, selon un bilan communiqué dimanche par le ministère de la Santé à Gaza.

A Rafah, plus au sud, le Hamas a aussi fait état de frappes aériennes israéliennes. Dans cette ville qui comptait 270.000 habitants avant la guerre, s'entassent désormais selon l'ONU plus de 1,3 million de personnes ayant fui les combats qui ont dévasté le territoire assiégé.

La ville surpeuplée, située à la frontière fermée avec l'Egypte, pourrait être le prochain objectif d'Israël qui affirme vouloir "anéantir" Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré que l'armée avait détruit la majorité des "bataillons" du Hamas.

"La plupart de ceux qui restent sont dans le sud de la bande de Gaza et à Rafah, et on va s'en occuper", a-t-il ajouté.

 Frustration américaine 

Sur le front diplomatique, des tractations se poursuivent pour parvenir à une seconde trêve, après celle d'une semaine fin novembre. Une centaine d'otages retenus à Gaza avaient alors été échangés contre des Palestiniens détenus par Israël.

Quelque 250 personnes ont été enlevées le 7 octobre, selon Israël, et 132 otages sont toujours retenus à Gaza. Parmi eux, 27 ont été déclarés morts par l'armée.

Antony Blinken, dont le pays est le principal soutien d'Israël, est attendu lundi en Arabie Saoudite, première étape de son cinquième voyage dans la région depuis le début de la guerre. Le chef de la diplomatie américaine doit également se rendre au Qatar, en Egypte, en Israël et en Cisjordanie occupée.

Tout en disant continuer à soutenir "le droit d'Israël à se défendre", les Etats-Unis affichent une frustration croissante envers le gouvernement israélien.

En Israël, Blinken fera ainsi pression, afin d'accroître l'acheminement de nourriture, d'eau et de médicaments dans la bande de Gaza où la situation humanitaire est désastreuse d'après les ONG.

A Beyrouth, un responsable du Hamas, Oussama Hamdane, avait jugé samedi prématuré de parler d'un accord sur une trêve.

Le projet élaboré par les médiateurs qatari, américain et égyptien à Paris fin janvier est "un accord-cadre qui a besoin d'être étudié" par le mouvement palestinien, a-t-il dit.

Selon une source du Hamas, la proposition prévoit notamment une trêve de six semaines avec la libération de 35 à 40 otages en échange de 200 à 300 détenus palestiniens.

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, exige un cessez-le-feu total. Ce que refuse Benjamin Netanyahu malgré la pression des familles des otages qui manifestent quasi quotidiennement pour demander la libération de leurs proches.

Attaque en Syrie

Les tensions continuent également en Syrie, où au moins sept combattants des forces antijihadistes dirigées par les Kurdes ont été tués dans une attaque de drone sur une base américaine dans l'est du pays, selon une ONG.

L'attaque, revendiquée lundi par la "Résistance islamique en Irak", une nébuleuse de groupes pro-iraniens, intervient après les frappes de représailles menées par les Etats-Unis contre des forces d'élite iraniennes et des groupes armés pro-iraniens en Syrie et en Irak, qui ont fait au moins 45 morts.

Washington avait alors répondu à l'attaque attribuée à des groupes pro-iraniens le 28 janvier contre une base américaine en Jordanie, près des frontières syrienne et irakienne, dans laquelle trois soldats américains ont été tués.

Le nord d'Israël est aussi visé quotidiennement depuis la frontière avec le Liban, fief du mouvement islamiste libanais Hezbollah qui fait partie de "l'axe de la résistance" contre Israël mené par l'Iran avec les rebelles Houthis du Yémen.

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