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Yémen: les Etats-Unis annoncent une série de frappes contre les Houthis, nouvelle attaque en mer Rouge

AFP, Jeudi, 01 février 2024

Une nouvelle explosion a été signalée jeudi près d'un navire marchand en mer Rouge, alors que l'armée américaine a mené une série d'opérations militaires contre les rebelles yéménites Houthis, qui menacent la navigation au large du Yémen.

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Le destroyer à missiles guidés de classe Arleigh Burke USS Carney (DDG 64) opérant en mer Méditerranée ,le 1er juillet 2017.Photo : AFP

L'explosion - qui n'a pas été revendiquée jusque-là - s'est produite à 57 miles nautiques à l'ouest de la ville de Hodeida, contrôlée par les Houthis, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, précisant que "le navire et l'équipage sont en sécurité, et se dirigent vers le prochain port d'escale".

L'armée américaine avait auparavant annoncé avoir notamment détruit dix drones Houthis et trois d'Iran, dans une série de frappes.

Mercredi vers 20H30 (17H30 GMT), "les rebelles Houthis soutenus par l'Iran ont lancé un missile balistique antinavire des zones qu'ils contrôlent au Yémen vers le golfe d'Aden. Le missile a été abattu par le USS Carney", a annoncé le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.

Moins d'une heure après, ce même destroyer a "abattu trois drones iraniens" qui se trouvaient "à proximité", a ajouté le Centcom.

Dans la soirée, il a encore annoncé que des frappes américaines avaient détruit dix drones d'attaque et un poste de commandement Houthis, qui "constituaient une menace imminente pour les navires marchands et les navires militaires américains".

Plus tôt mercredi, l'armée américaine avait en outre dit avoir détruit un missile sol-air des Houthis prêt à être tiré depuis le Yémen et qui menaçait, selon elle, des avions américains.

Ces dernières semaines, ces rebelles proches de l'Iran qui contrôlent une grande partie du Yémen ont multiplié les attaques visant des navires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, disant agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, pris dans la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Ils ont affirmé mercredi avoir visé un bâtiment américain, le USS Gravely.

D'autres groupes armés pro-iraniens ont attaqué ces derniers mois des bases américaines en Irak et en Syrie.

L'une de ces attaques au drone, dimanche, a coûté la vie à trois militaires américains en Jordanie, à la frontière syrienne. Washington l'a imputée à la "Résistance islamique en Irak", une nébuleuse de combattants issus de ces groupes armés pro-Iran, Téhéran réfutant toute implication.

Les Etats-Unis et l'Iran ont plusieurs fois répété qu'ils ne cherchaient pas une "escalade" des tensions au Moyen-Orient, dans le contexte de la guerre à Gaza.

Le Premier ministre britannique a pour sa part une nouvelle fois appelé jeudi à l'arrêt des attaques "inconsidérées" des Houthis, lors d'un entretien téléphonique avec le sultan Haitham d'Oman, médiateur entre l'Iran et les pays occidentaux dans des dossiers clés, a annoncé Downing Street.

Rishi Sunak, dont le pays a mené plusieurs frappes conjointes contre les Houthis avec Washington, "a souligné que l'action militaire n'était qu'un dernier recours face à des menaces intolérables pour la navigation mondiale", selon un communiqué de ses services.

Plus de 35 attaques

Dans le golfe d'Aden, un autre navire marchand a été touché par un missile, qui a provoqué une explosion à bord, a indiqué jeudi la société britannique de sécurité maritime Ambrey.

Ambrey a précisé avoir "appris que ce missile avait été tiré (...) depuis Taëz", une province du sud du Yémen.

Les Houthis ont mené plus de 35 attaques contre des navires au large du Yémen depuis le 19 novembre, selon le ministère américain de la Défense. Ils affirment viser des navires liés à Israël.

Avant de lancer des frappes en janvier contre leurs positions, les Etats-Unis, principal allié d'Israël, avaient déployé des navires de guerre en mer Rouge et mis en place une coalition maritime internationale pour "protéger" le commerce mondial dans cette zone cruciale, par où transite jusqu'à 12% du commerce mondial.

Depuis, les Houthis considèrent également les navires liés aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni comme des cibles.

Washington a annoncé mi-janvier les désigner à nouveau comme une entité "terroriste".

L'impact de ces tensions dans cette zone est lourd pour le commerce mondial: le transport maritime de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près de 30% sur un an, a annoncé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

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