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Une vingtaine d'ONG "révoltées" par l'"attitude irresponsable" des pays suspendant leur aide

AFP, Mardi, 30 janvier 2024

Une vingtaine d'ONG internationales se sont dites "révoltées" mardi 30 janvier par la volonté annoncée par douze pays de suspendre leur aide à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) alors que Gaza vit une situation de "catastrophe humanitaire".

Unrwa
Un homme portant une veste portant le logo de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) ramasse des ordures en Cisjordanie occupée, le 30 janvier 2024. Photo : AFP

L'Unrwa est le "principal fournisseur d'aide" à Gaza et dans la région et cesser de la financer "va avoir une incidence sur l'aide vitale apportée à plus de deux millions de civils, dont plus de la moitié sont des enfants, qui dépendent tous de (son) aide", pointent 21 organisations non gouvernementales, dont Oxfam, Médecins du Monde, Save the children ou le Danish Refugee Council, dans un communiqué commun.

Douze pays, dont les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni ou encore le Japon, ont annoncé suspendre leur financement à l'Unrwa après qu'Israël a accusé vendredi 26 janvier certains de ses employés d'avoir été impliqués dans l’attaque de Hamas sur son sol le 7 octobre.

Si Israël a dit vouloir "faire cesser" toutes les activités de l'agence, celle-ci a licencié douze de ses salariés et promis une enquête sur ces allégations, une attitude "saluée" par les 21 ONG, qui se disent à l'inverse "choquées" par la décision "irresponsable" de bailleurs de "couper les vivres à une population tout entière", quand ces pays "appelaient eux-mêmes au renforcement de l'aide à Gaza".

"Nous sommes profondément préoccupées et révoltées par le fait que certains des principaux donateurs aient convenu de suspendre leurs financements" à l'Unrwa, s'indignent-t-elles, "alors que la catastrophe humanitaire empire de jour en jour à Gaza".

L'agence onusienne a perdu 152 employés, tués depuis le 7 octobre, et 141 de ses installations ont été endommagées par des bombardements, rappellent les ONG.

"Un million de déplacés palestiniens se sont réfugiés à proximité ou dans 154 abris de l'Unrwa", qui a poursuivi son travail "dans des conditions quasiment impossibles" pour fournir nourriture, eau potable et vaccins aux Gazaouis, jugent-elles.

Les autres agences présentes à Gaza "ne (pouvant) remplacer l'aide humanitaire que l'Unrwa fournit", "si les suspensions de financement sont maintenues, nous risquons d'assister à l'effondrement total de la réponse humanitaire, déjà très limitée, à Gaza", insistent ces associations humanitaires, qui demandent aux pays concernés d'"annuler la suspension de leur financement" à l'Unrwa.

La polémique autour de l'Unrwa "détourne l'attention" de la crise humanitaire a déploré mardi 30 janvier l'OMS.

"Les activités criminelles ne doivent jamais rester impunies. Mais la discussion actuelle ne fait que détourner l'attention de ce qui se passe réellement chaque jour, chaque heure, chaque minute à Gaza", a déclaré un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Christian Lindmeier, lors d'un point de presse régulier à Genève.

"N'oublions pas quels sont les vrais problèmes sur le terrain", a-t-il ajouté.

 Lindmeier a rappelé que le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait appelé les donateurs "à ne pas suspendre leur financement à l'Unrwa en ce moment très critique" car cela "ne fera que nuire à la population de Gaza qui a désespérément besoin d'aide".

Le porte-parole de l'OMS a déploré que cette discussion sur l'Unrwa, "aussi importante soit-elle, détourne l'attention des près de 27.000 morts, dont 70% de femmes et d'enfants", à Gaza.

"Cela détourne l'attention du fait qu'une population entière est empêchée d'avoir accès à l'eau potable, à la nourriture, à des abris. Cela détourne l'attention du fait que l'électricité est empêchée d'arriver à Gaza depuis plus de 100 jours", a dénoncé Lindmeier.

"Cela détourne aussi l'attention du fait qu'une population entière est soumise à un bombardement continu, même dans des zones qui, quelques instants avant, avaient été désignées comme sûres", a-t-il poursuivi.

Israël a accusé 12 des 30.000 employés régionaux de l'Unrwa d'implication avec Hamas.

* Article modifiée par Ahraminfo

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