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Raids israéliens sur Khan Younès, discussions en vue d'une trêve

AFP, Mercredi, 24 janvier 2024

L'armée israélienne continue de bombarder, mercredi 24 janvier, Khan Younès, une ville du sud de la bande de Gaza, sur fond de discussions en vue d'obtenir une trêve dans la guerre à Gaza.

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La fumée monte suite aux bombardements israéliens à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le mercredi 17 janv. 2024. Photo : AP

Ces discussions surviennent alors que l'armée israélienne a subi cette semaine sa plus lourde perte humaine quotidienne depuis le début de son offensive terrestre, fin octobre, dans le territoire palestinien, menacé "d'une famine imminente", selon l'ONU.

Tôt mercredi, des témoins ont rapporté des tirs d'hélicoptères militaires israéliens autour de Khan Younès où se cachent des responsables du Hamas selon Israël qui a affirmé mardi avoir "encerclé" cette principale ville du sud de la bande de Gaza.

L'ONU y a fait état d'une "intensification" des violences et d'un nouvel ordre d'évacuation relayé par l'armée israélienne touchant des secteurs de cette agglomération où se trouvent "88.000 habitants et environ 425.000 personnes déplacées" par la guerre qui y avaient trouvé refuge.

Situation "indescriptible" 

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déploré, mercredi, une situation "catastrophique et indescriptible" dans les hôpitaux de Khan Younès.

Des images diffusées par l'armée israélienne montrent ce qu'elle affirme être des affrontements avec des combattants palestiniens, un tunnel et une installation servant à la fabrication de roquettes à Khan Younès, dans un "bastion" du Hamas, organisation classée comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Les attaques israéliennes déclenchées le 7 octobre ont provoqué la mort de 25.490 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère palestinine de la Santé à Gaza.

Dans la ville de Gaza, dans le nord du territoire, où s'est concentrée l'opération israélienne les premières semaines, des Palestiniens marchaient à travers les débris et les gravats de bâtiments détruits comme Oum Dahud al-Kafarna.

"J'ai quitté ma maison depuis le premier jour de la guerre (...) Mes nièces ont été gravement blessées (...), leurs jambes amputées. C'est tragique", a-t-elle dit, implorant les soldats israéliens de faire preuve de "compassion".

L'armée israélienne a, elle, annoncé mardi la mort de 21 réservistes dans l'effondrement, la veille, de deux bâtiments où ils étaient en train de poser des explosifs dans le secteur de Khan Younès, après un tir de roquette contre un char proche.

Avec la mort de trois autres soldats dans un incident séparé, il s'agit de la perte quotidienne la plus lourde pour l'armée depuis le début, fin octobre, de son offensive terrestre dans la bande de Gaza, portant le bilan total des militaires tués à 221.

A Jérusalem, des centaines de personnes ont assisté mardi aux funérailles de plusieurs de ces soldats à Jérusalem et Tel-Aviv.

Conversations "sérieuses"

Sur le plan diplomatique, Brett McGurk, conseiller du président américain, Joe Biden, pour le Moyen-Orient, se trouvait au Caire pour discuter d'une "pause" dans les hostilités et de la libération les otages, selon Washington.

"Je ne peux pas vous dire si et quand nous pourrons y arriver, mais les conversations sont très (...) sérieuses pour essayer de mettre en place un autre accord sur les otages", a déclaré à Washington John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche.

Il n'a pas voulu donner plus de précisions sur la durée que pourrait avoir cette "pause" dans les combats.

Jusqu'à présent, le gouvernement du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, s'oppose à tout "cessez-le-feu" et à la création, à plus longue échéance, d'un Etat palestinien indépendant aux côtés d'Israël.

Ce rejet d'une solution à deux Etats est "inacceptable" et risque de "prolonger le conflit", a prévenu mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

D'autant que cette guerre exacerbe déjà les tensions régionales entre d'un côté Israël, et son allié américain, et de l'autre l'Iran et ses soutiens comme le Hezbollah libanais, les Houthis yémémites et des milices irakiennes.

Tôt mercredi, Washington a revendiqué des frappes en Irak contre des sites tenus par des groupes pro-Iran en "réponse" à des attaques menées par "des milices parrainées" par Téhéran contre des militaires américains. Les frappes ont fait deux morts selon des sources irakiennes.

Les Etats-Unis ont aussi mené mercredi deux nouvelles frappes au Yémen contre les rebelles Houthis qui menacent le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, en "solidarité" avec Gaza.

*Article modifié par Ahraminfo

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