Jeudi, 25 avril 2024
International > Monde Arabe >

Israël doit accepter une solution à deux Etats pour garantir sa sécurité, insistent les Européens

AFP, Lundi, 22 janvier 2024

.

Gaza
]es familles palestiniennes fuyant la ville sur la route côtière menant à Rafah, au milieu des batailles en cours entre Israël et Hamas. Photo : AFP

Israël doit accepter une solution à deux Etats pour mettre fin à la guerre et garantir sa sécurité, ont souligné des ministres des Affaires étrangères de l'UE avant une réunion où ils doivent rencontrer séparément leurs homologues israélien et palestinien

Ce que nous voulons est bâtir une solution à deux Etats. Parlons-en", a lancé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell devant les journalistes à Bruxelles, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé son opposition à une "souveraineté palestinienne".

"Quelles sont les autres solutions auxquelles ils pensent?", s'est interrogé l'Espagnol. "Faire partir tous les Palestiniens? Les tuer?", a-t-il ajouté. Les Israéliens "sont en train de semer les graines de la haine pour des générations à venir", a encore dit Borrell, pour qui Israël ne peut construire la paix "seulement" par la guerre.

Le chef de la diplomatie israélienne Israël Katz, reçu lundi dans la matinée par ses homologues de l'UE, a souligné en arrivant à Bruxelles qu'il était là pour s'assurer du soutien des Européens dans la guerre menée par son pays pour "démanteler" le Hamas et obtenir la libération des otages que l'organisation palestinienne retient encore.

Josep Borrell a indiqué avoir présenté aux ministres des 27 "une approche globale" pour aller vers une paix durable, reconnaissant toutefois que les Européens disposaient de peu de moyens de pression sur Israël.

Dans un document de travail remis aux 27 et dont l'AFP a obtenu une copie, Borrell assure qu'il faut préparer dès "maintenant" les conditions d'une paix durable dans la région, qui passe par la mise en oeuvre d'une solution à deux Etats.

Il préconise la tenue "au plus tôt" d'une conférence de paix "préparatoire" entre les Européens et plusieurs pays arabes, dont l'Arabie saoudite, l'Egypte et la Jordanie, à laquelle seraient invités les Etats-Unis.

 "Seule solution" 

Une solution à deux Etats, palestinien et israélien, vivant côte à côte, est la "seule solution", ont martelé plusieurs ministres dont la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock. "Même ceux qui ne veulent pas en entendre parler n'ont jusqu'à présent proposé aucune alternative", a-t-elle affirmé.

Dans ce contexte, le refus d'Israël d'une telle solution est "inquiétant", a estimé le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, qui participe à sa première réunion ministérielle à Bruxelles depuis son arrivée au Quai d'Orsay.

Le chef de la diplomatie israélienne devait rencontrer les ministres de l'UE dans la matinée, puis ce sera le tour de celui de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, dans l'après-midi. Aucune rencontre entre les deux hommes n'est prévue.

Les ministres européens vont également rencontrer, lors d'un déjeuner de travail, leurs homologues égyptien Sameh Choukry, saoudien Fayçal ben Farhane et jordanien Ayman Safadi, ainsi que le secrétaire général de la Ligue Arabe Ahmed Aboul Gheit.

Les Israéliens "défient toute la communauté internationale et je pense qu'il est temps que le monde prenne position du côté de la paix", a déclaré le chef de la diplomatie jordanienne, à son arrivée dans la capitale belge.

Les pays de l'UE sont inquiets du nombre de victimes civiles depuis l'attaque sans précédent lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, et ont appelé à plusieurs reprises à des trêves humanitaires.

Mais, très divisés, ils ne sont jusqu'à présent pas parvenus à aller au-delà, et à se mettre d'accord sur un appel à un cessez-le-feu, auquel certains pays, comme l'Allemagne, s'opposent, soulignant le droit d'Israël à se défendre.

Plusieurs pays ont dit qu'il y avait "beaucoup trop" de victimes civiles, a encore indiqué Josep Borrell. Mais "beaucoup trop, qu'est ce que ça veut dire ? Pendant combien tout cela va-t-il encore durer ?", s'est-il interrogé.

La guerre, qui a dévasté la bande de Gaza et déplacé plus de 80% de la population, a été déclenchée par une attaque du Hamas le 7 octobre dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de 1.140 personnes, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007. Selon le ministère de la Santé à Gaza, 25.295 personnes ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique