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L'armée israélienne pilonne Gaza, plus de 25.000 Palestiniens tués

AFP, Dimanche, 21 janvier 2024

L'armée israélienne pilonne dimanche la bande de Gaza, où le bilan humain a dépassé les 25.000 morts, au 107e jour de la guerre pour le contrôle du petit territoire palestinien, qui exacerbe les tensions régionales.

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Des soldats israéliens lors d'une attaque à Gaza. Photo : AFP

Israël doit "s'assurer que Gaza ne constituera plus une menace", ce qui "contredit la demande de souveraineté palestinienne", a répété son Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un nouveau rejet des appels américain, européen et de l'ONU à la création d'un Etat palestinien.

Sur le terrain dimanche, le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a rapporté des dizaines de frappes aériennes et tirs d'artillerie, notamment aux environs des hôpitaux Nasser et Al-Amal à Khan Younès, la grande ville du sud, désormais épicentre des combats.

L'armée a également repris ses opérations autour du camp de réfugiés de Jabaliya, dans l'extrême-nord de Gaza, ont rapporté des témoins.

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1.140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels israéliens.

- "Peu d'oxygène" -

L'armée a indiqué samedi avoir découvert un tunnel à Khan Younès avec "des preuves attestant la présence d'otages", dont des dessins réalisés par une enfant captive de cinq ans.

"Une vingtaine d'otages" y ont été enfermés à différents moments, "sans lumière du jour", avec "peu d'oxygène et une humidité épouvantable", selon elle.

Le même jour, elle a largué sur Rafah, dans l'extrême-sud de Gaza où s'entassent les déplacés ayant fui les combats, des tracts identifiant les otages et appelant à toute information à leur sujet.

Les opérations militaires menées par Israël pour "anéantir" le Hamas à Gaza, ont provoqué la mort de 25.105 personnes, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le dernier bilan dimanche du ministère de la Santé du Hamas.

Au moins 1,7 des quelque 2,4 millions d'habitants du petit territoire assiégé ont été déplacés, selon l'ONU, et la population manque de tout, exposée au risque de famine et épidémies, alertent les organisations internationales.

- Propos "décevants" -

Samedi en Turquie, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, a discuté avec le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, de "l'établissement d'un cessez-le-feu à Gaza le plus rapidement possible, de l'augmentation de l'aide humanitaire, de la libération des otages et d'une solution à deux Etats pour une paix permanente", selon des sources diplomatiques.

Le gouvernement Netanyahu reste sourd aux appels internationaux à un cessez-le-feu humanitaire, jurant de faire durer la guerre "jusqu'à la victoire totale" contre le Hamas, classé terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

A Tel-Aviv, des milliers d'Israéliens ont manifesté samedi pour réclamer le départ du Premier ministre, accusé de vouloir avant tout se maintenir au pouvoir.

Le ministre britannique de la Défense, Grant Shapps, a lui jugé dimanche "décevant" le nouveau rejet par Benjamin Netanyahu d'une solution à deux Etats, seule option aux yeux de Londres pour résoudre le conflit.

- Menaces iraniennes -

La guerre exacerbe les tensions entre Israël et l'"axe de la résistance" qui rassemble autour de l'Iran notamment le Hamas, le Hezbollah libanais et les rebelles yéménites Houthis.

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a menacé Israël de représailles après la mort samedi d'au moins cinq militaires iraniens à Damas dans une frappe attribuée à Israël par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de Téhéran.

Selon les médias iraniens, le chef en Syrie du renseignement des Gardiens figure parmi les victimes.

L'armée israélienne a décliné tout commentaire.

A la frontière israélo-libanaise où les échanges de tirs sont quotidiens, un civil et un membre du Hezbollah ont été tués dans une frappe israélienne, selon l'agence officielle ANI et le Hezbollah.

Dans l'ouest de l'Irak, 15 roquettes ont visé une base abritant des troupes américaines, selon des responsables irakiens et américains. L'attaque a été revendiquée par la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse de combattants issus de groupes armés pro-Iran.

Et les Etats-Unis ont à nouveau lancé de nouvelles frappes contre des sites des Houthis, face aux attaques répétées de navires marchands par ces rebelles au large du Yémen.

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