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84 détenus jugés à nouveau pour terrorisme aux Emirats arabes unis

AFP, Samedi, 06 janvier 2024

En 2013, 69 opposants émiratis, parmi lesquels des militants, des avocats, des étudiants et des enseignants, avaient été condamnés pour leurs liens avec les Frères musulmans --considérés par le pays du Golfe comme un "groupe terroriste".

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Un cour en Emirats Arabes unis. Photo: Gulf News

Le procureur général des Emirats arabes unis a renvoyé devant la Cour de sûreté de l'Etat 84 détenus appartenant au groupe des Frères musulmans qui seront à nouveau jugés pour terrorisme, a annoncé samedi 6 janvier l'agence de presse officielle émiratie.

La plupart des accusés sont "membres de l'organisation des Frères musulmans" aux Emirats et comparaitrons "pour avoir créé une autre organisation clandestine dans le but de commettre des actes de violence et de terrorisme sur le sol" émirati, a indiqué l'agence de presse officielle émiratie WAM.

Ils "avaient dissimulé ce crime et ses preuves avant d'être arrêtés et jugés dans l'affaire n°17 de 2013", a-t-elle ajouté en précisant qu'une nouvelle enquête avait permis de recueillir un "ensemble de preuves convaincantes".

A l'époque, 69 opposants émiratis, parmi lesquels des militants, avocats, étudiants et enseignants, avaient été condamnés pour leurs liens avec les Frères musulmans --considérés par le pays du Golfe comme un "groupe terroriste"-- à l'issue d'un procès très critiqué par les défenseurs des droits humains.

Alors que beaucoup d'entre eux ont achevé ou étaient sur le point d'achever leurs peines, ils font l'objet de nouvelles poursuites pour avoir crée "un groupe de plaidoyer indépendant en 2010", a dénoncé en décembre l'organisation Human Right Watch (HRW).

Selon HRW, d'autres dissidents emprisonnés sont concernés, notamment l'opposant et défenseur des droits humains Ahmed Mansour, condamné en 2018 à dix ans de prison pour avoir critiqué le pouvoir et terni l'image de son pays sur les réseaux sociaux.

"Le fait de porter de nouvelles accusations sur la base d'une action pacifique menée il y a plus de dix ans n'est qu'un prétexte éhonté pour maintenir ces hommes derrière les barreaux", a estimé le directeur adjoint de l'organisation pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Michael Page, dans un communiqué.

Les autorités ont affirmé samedi qu'une "enquête approfondie" avait été menée durant six mois, et qu'un avocat a été assigné aux accusés qui n'étaient pas représentés.

La Cour de sûreté de l'Etat a "commencé à entendre des témoins et les procédures pour le procès public sont toujours en cours", ont-elles précisé.

*Article modifié par Ahraminfo.

 

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