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Attaque israélienne sur Gaza : nouveaux bombardements, craintes d'embrasement

AFP, Jeudi, 04 janvier 2024

De nouveaux bombardements de l'armée israélienne sur la bande de Gaza ont fait des dizaines de morts jeudi, selon le Hamas, deux jours après l'élimination d'un haut dirigeant du mouvement palestinien au Liban, qui fait craindre un embrasement dans la région.

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Des frappes israéliennes intenses ont fait une dizaine de morts au sud de Gaza Photo : AFP

Près de trois mois après le début de la guerre, des frappes et tirs d'artillerie particulièrement intenses ont notamment touché au cours de la nuit Khan Younès, grande ville du sud de la bande de Gaza particulièrement visée par l'armée israélienne depuis plusieurs jours, selon un correspondant de l'AFP.

A la morgue de l'hôpital Nasser de Khan Younès, des corps de victimes sont étendus à même le sol. En pleurs, Baha Abu Hatab est penché au-dessus des corps de ses neveux, selon des images de l'AFPTV.

« Ils ont été évacués dans un champ agricole, où ils ont construit une tente pour se protéger du froid, mais les frappes aériennes israéliennes les ont touchés pendant qu'ils dormaient. Pourquoi? Parce que ce sont des enfants? Parce qu'ils menacent Israël et les Etats-Unis? », se lamente-t-il en évoquant ses proches.

Le ministère de la Santé à Gaza , a fait état de dizaines de morts et de plus de 100 blessés dans les frappes israéliennes de la nuit.

L'armée israélienne a de son côté fait état de frappes visant notamment des "terroristes qui voulaient placer un engin explosif près de soldats" et un dépôt d'armes du Hamas à Khan Younès.

Des sirènes, annonçant des tirs de roquettes ont par ailleurs retenti jeudi à Ashkelon, dans le sud d'Israël, une ville que les brigades al-Qods du Jihad islamique, allié du Hamas, ont annoncé avoir visée.

Nouvelle tournée d'Antony Blinken

Depuis le début des hostilités, 22.313 personnes, majoritairement des femmes, adolescents et enfants, ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le bilan annoncé mercredi par Hamas

Les craintes de voir cette guerre embraser le Moyen-Orient se sont encore accrues après l'élimination mardi du numéro 2 du Hamas, Saleh al-Arouri, dans la banlieue sud de Beyrouth, par une frappe attribuée à Israël.

Israël n'a pas revendiqué cette élimination, mais a été pointé du doigt immédiatement par le Hamas et son allié libanais du Hezbollah, autre mouvement islamiste dont le chef, Hassan Nasrallah, a mis en garde Israël contre toute nouvelle escalade après la mort de Saleh al-Arouri.

A Washington, un responsable américain a lui aussi affirmé que l'élimination de Saleh al-Arouri dans un fief du Hezbollah libanais avait été provoquée par une frappe israélienne.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, s'apprête à effectuer une nouvelle tournée au Moyen-Orient dans l'espoir d'apaiser les tensions. Il quittera jeudi soir Washington pour son quatrième voyage dans la région depuis le début de la guerre à Gaza, avec une étape prévue sur le sol israélien, selon un responsable américain.

Mercredi, une double explosion qui a fait 84 morts en Iran près de la tombe du général Qassem Soleimani, ex-architecte des opérations iraniennes au Moyen-Orient, le jour même où l'Iran commémorait le quatrième anniversaire de sa mort, a encore accentué les tensions.

L'Iran a affirmé qu'Israël et les Etats-Unis étaient derrière cet attentat, des allégations aussitôt réfutées par Washington et qui n'ont pas été commentées par Israël.

85% de la population déplacée

En Israël, le chef d'état-major de l'armée, Herzi Halevi, a indiqué que ses troupes étaient en état d'alerte à la frontière avec le Liban, théâtre quasi quotidien d'échanges de tirs où le Hezbollah a perdu au total 129 combattants dans les affrontements depuis le début de la guerre.

Depuis le début du conflit, les tensions se multiplient aussi en Syrie et en Irak, où des bases américaines sont prises pour cible, mais également en mer Rouge, où les rebelles Houthis du Yémen commettent des attaques pour freiner le trafic maritime en "soutien" à Gaza.

Dans le territoire palestinien, "le Hamas dispose toujours d'importantes capacités à Gaza", a déclaré à Washington le porte-parole du conseil de sécurité nationale, John Kirby.

"Nous pensons que réduire et défaire les capacités du Hamas à mener des attaques en Israël est un objectif absolument réalisable pour les forces militaires israéliennes. Cela peut être fait, militairement. Son idéologie va-t-elle être éliminée? Non. Et le groupe est-il susceptible d'être annihilé? Probablement pas", a-t-il ajouté.

Outre les frappes aériennes et les combats au sol, les Gazaouis sont confrontés à de graves pénuries de nourriture, d'eau, de carburant et de médicaments alors que l'aide humanitaire entre au compte-gouttes dans le territoire assiégé.

Dans la bande de Gaza, quelque 1,9 million de personnes, soit 85% de la population de 2,3 million d'habitants, ont dû quitter leur logement pour fuir les combats et les bombardements, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Modifié par Ahraminfo

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