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Nouveaux bombardements sur Gaza, Israël intensifie encore son offensive

AFP, Mardi, 26 décembre 2023

De nouveaux bombardements ont visé mardi 26 décembre la bande de Gaza, où Israël a encore intensifié son offensive contre le Hamas, malgré les appels internationaux à faire taire les armes face aux lourdes pertes civiles dans le territoire palestinien assiégé.

Palestinian
20.915 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes à Gaza. Photo: AFP

L'ONU s'est dite "profondément inquiète" de la poursuite des bombardements israéliens sur le centre de Gaza et a exhorté l'armée à prendre toutes les mesures possibles pour protéger les civils palestiniens.

Plus de deux mois et demi après le début de la guerre à Gaza le 7 octobre , les combats au sol et les bombardements ne montrent aucun signe de répit. La guerre a provoqué d'immenses destructions et un désastre humanitaire dans la bande de Gaza, où la famine menace et où la plupart des hôpitaux sont hors service.

Mardi, d'épais nuages de fumée s'élevaient dans le ciel de Gaza après des frappes, selon des images de l'AFP, notamment au-dessus de Khan Younès, la grande ville du sud où Israël a annoncé concentrer désormais l'essentiel de son offensive contre le mouvement islamiste, et où sont massés de nombreux déplacés ayant fui les combats dans le nord.

Selon un correspondent de l'AFP, des frappes israéliennes nocturnes ont aussi visé la ville voisine de Rafah, à la frontière égyptienne, où s'entassent des dizaines de milliers de déplacés dans des camps de fortune.

La bande de Gaza, soumise par Israël à un siège total depuis le 9 octobre, était mardi encore plus isolée du reste du monde par une nouvelle coupure des télécommunications.

Le ministère de la Santé à Gaza a annoncé que 20.915 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes à Gaza.

Nouvel ordre d'évacuation 

Mardi, l'armée a lancé un nouvel ordre d'évacuation aux habitants du camp d'al-Bureij, dans le centre de Gaza, et ses alentours. Certains ont fui jusqu'à Rafah, où ils arrivaient leurs bagages empilés sur le toit de leurs voitures, selon des images de l'AFP.

« Nous sommes profondément inquiets des bombardements continus sur le centre de Gaza par les forces israéliennes. (...) Toutes les attaques doivent strictement respecter les principes du droit humanitaire international, notamment la distinction »entre civils et militaires, "la proportionnalité et la précaution", a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, Seif Magango.

L'armée a annoncé mardi avoir frappé pendant la journée écoulée plus de cent cibles du Hamas, dont des entrées de tunnels et des sites militaires à Jabaliya, dans le nord, et à Khan Younès. Elle a publié des images de ses soldats accompagnés de chars, progressant à pied entre les ruines poussiéreuses, pendant que résonnaient des tirs.

Le Hamas a aussi diffusé des images montrant des combattants ouvrant le feu et faisant exploser un char israélien.

Des images de l'AFP tournées à Tal al-Hawa, un quartier détruit de la ville de Gaza, presque désert, montrent des montagnes de décombres et des ruines noircies, ainsi que les salles dévastées de l'hôpital al-Quds, assiégé en novembre par l'armée.

« Par Dieu, la destruction est très importante, et tous les habitants sont déplacés vers le sud. Que Dieu aide les gens à surmonter les malheurs qui les frappent", témoigne un homme.

"Nous n'arrêtons pas, (...) nous intensifions les combats dans les jours à venir », avait affirmé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, après s'être rendu à Gaza.

« Le Hamas doit être détruit, Gaza doit être démilitarisée et la société palestinienne déradicalisée », a-t-il déclaré au Wall Street Journal.

Selon l'armée, 158 soldats ont été tués au combat depuis le début de son offensive terrestre à Gaza le 27 octobre.

Dans ce petit territoire surpeuplé, dirigé depuis 2007 par le Hamas, la guerre a forcé 1,9 million de personnes à fuir leur foyer, soit 85% de la population selon l'ONU.

Israël "prétend qu'il existe des zones habitées sûres ou des zones sécurisées, mais cette attaque contredit ses allégations et ses mensonges", affirmait mardi un survivant, Abou Baraa, dans les ruines d'une maison détruite par un bombardement à Rafah.

Les camps de réfugiés de Rafah "abritent des dizaines de milliers de citoyens pacifiques, de sorte qu'il n'existe aucun endroit sûr dans la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Frappes américaines en Irak 

Alors que l'aide internationale arrive toujours en quantité insuffisante, selon l'ONU, les efforts humanitaires "ne sont pas près de répondre aux besoins de la population de Gaza", a déclaré mardi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Nous continuons à appeler à un cessez-le-feu immédiat"», a-t-il ajouté.

Fin novembre, une trêve d'une semaine a permis la libération de 105 otages contre 240 prisonniers palestiniens et l'entrée à Gaza, depuis l'Egypte, d'importants convois d'aide.

Au-delà de Gaza, le spectre d'un élargissement du conflit plane toujours, avec des échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël à la frontière israélo-libanaise, des violences en Cisjordanie occupée et les attaques des rebelles Houthis du Yémen contre des navires en mer Rouge et en mer d'Arabie.

Les attaques imputées aux groupes pro-iraniens contre des troupes américaines se sont multipliées en Irak et en Syrie.

Mardi, les Etats-Unis ont annoncé avoir mené des frappes contre trois sites utilisés par des groupes pro-iraniens en Irak. Un membre des forces de sécurité a été tué, selon le gouvernement irakien.

Lundi, l'Iran a accusé Israël d'avoir tué un de ses hauts-gradés dans une frappe de missiles en Syrie. Les Gardiens de la Révolution ont identifié ce général de brigade, Razi Moussavi, comme un "responsable logistique de l'axe de la résistance" à Israël, qui regroupe notamment l'Iran, le Hezbollah, le Hamas et les Houthis.

« Cet assassinat est une attaque flagrante qui dépasse les limites », a réagi le Hezbollah. L'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire.

Le président iranien Ebrahim Raïssi a prévenu qu'Israël "paierait certainement pour ce crime".

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