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L'Iraq élit des conseils provinciaux pour la première fois en dix ans

AFP, Mardi, 19 décembre 2023

Les Iraqiens votent pour choisir les membres de leurs conseils provinciaux, premier scrutin du genre en une décennie qui servira à consolider les partis chiites pro-Iran au pouvoir, malgré un taux de participation à 41%.

L'Iraq
Des éléctions provinciales sont tenues en Iraq pour la première fois depuis 10 ans. Photo: AFP

Passé dans l'opposition, l'influent leader religieux chiite Moqtada Sadr boycotte ces élections organisées dans 15 provinces. Dans un pays de 43 millions d'habitants, riche en hydrocarbures mais miné par une corruption endémique, la désillusion domine.

Le taux de participation s'est élevé à 41%, soit près de 6,6 millions de votants sur plus de 16,1 millions d'inscrits, selon la commission électorale.

Jusqu'à la fermeture des urnes, des journalistes de l'AFP ont en effet constaté une faible affluence dans trois bureaux de vote de Bagdad, mais aussi dans le sud, dans la ville de Nassiriya, les électeurs arrivant au compte-gouttes.

Le scrutin est un test pour le gouvernement de Mohamed Chia al-Soudani. Nommé par une coalition de partis pro-Iran, il fait valoir sa politique de développement des services publics et des infrastructures, ravagés par des décennies de conflits.

Instaurés après l'invasion américaine et la chute de Saddam Hussein en 2003, les conseils municipaux jouissent d'importantes prérogatives: élection du gouverneur de la province et allocations des budgets de la santé, des transports ou de l'éducation.

 

Le chiffe de la participation est en baisse par rapport au dernier vote pour les conseils provinciaux organisé en 2013 (51%). Aux législatives de 2021, le taux de participation s'élevait à 44%.

A Bagdad, le taux se situait entre 21% pour Roussafa, le district situé sur la rive orientale du Tigre, et 32% pour Karkh, sur la rive occidentale du fleuve.

La participation la plus élevée a été enregistrée à Kirkouk (65%), province du nord que se disputent les grands partis des communautés arabe, kurde et turcomane.

Au total, 6.000 candidats se disputaient 285 sièges dans les provinces concernées. Des résultats "préliminaires" sont attendus mardi, 24 heures après la fin du vote, selon la commission électorale.

Dans le pays majoritairement chiite, le scrutin devrait consolider des factions du Cadre de coordination, coalition pro-Iran représentant partis chiites et anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi, intégrés aux forces régulières.

Pour certains poids lourds de cette alliance dominant le Parlement, les élections sont une "opportunité" pour "prouver qu'ils ont une base sociale et qu'ils sont populaires", souligne M. Mansour.

Car déjà des législatives se profilent à l'horizon 2025.

Quant à Moqtada Sadr, grand acteur de la scène chiite, il avait annoncé son retrait de la vie politique, après un bras de fer avec ses adversaires marqué par des affrontements meurtriers à l'été 2022.

 

 

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