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La cheffe de la diplomatie française au Liban pour prévenir une escalade entre le Hezbollah et Israël

AFP, Lundi, 18 décembre 2023

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a appelé lundi 18 décembre les dirigeants libanais à faire preuve de retenue pour éviter une escalade dans le sud du Liban, après avoir lancé un appel similaire la veille auprès de responsables israéliens.

Catherine Colonna
France's Minister of Foreign Affairs Catherine Colonna (2R) meets with soldiers of the French contingent of the United Nations Interim Force in Lebanon (UNIFIL), outside the Pine Residence, the French Ambassador's official residence in Beirut, on December 18, 2023. Photo: AFP

Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre, le Hezbollah pro-iranien a ouvert le front du sud du Liban pour soutenir son allié palestinien, et Israël riposte par des bombardements.

Catherine Colonna a appelé à la retenue et à la responsabilité lors de ses entretiens avec le Premier ministre libanais, Najib Mikati, dirigeant de facto du pays sans président, et le chef du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah.

Elle a également rencontré le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général Aroldo Lazaro Saenz, qui a jugé la situation "tendue" et "dangereuse" dans le sud du Liban avec la montée des tensions entre le Hezbollah et Israël.

Le commandant de la Finul, qui a rencontré Catherine Colonna à Beyrouth, pour des raisons de sécurité, a expliqué que les casques bleus s'efforçaient de jouer un rôle de médiation entre les parties "pour éviter des erreurs de calculs ou d'interprétations qui pourraient être un autre déclencheur d'escalade".

La France, qui fournit le principal contingent avec 700 hommes, a condamné les tirs israéliens récents essuyés par les casques bleus.

Dimanche à Tel-Aviv, Catherine Colonna a souligné que la France passait des messages "aux uns et aux autres parce que les risques d'engrenages demeurent".

"Et s'il y avait un embrasement (...) personne n'en bénéficierait", à commencer par le Liban enlisé dans un chaos politique et plongé dans un marasme économique, a-t-elle souligné.

Les violences pour le moment limitées aux zones frontalières ont fait plus de 130 morts parmi lesquels près d'une centaine de combattants du Hezbollah au Liban, et au moins onze tués côté israélien.

Mais les bombardements israéliens ont récemment gagné en intensité et en profondeur à l'intérieur du territoire libanais, observent les diplomates français qui redoutent une escalade conduisant à un embrasement régional.

Lundi, un missile israélien s'est abattu lundi à moins de 40 mètres du lieu des funérailles d'un combattant du Hezbollah qui se tenaient dans un village frontalier, sans faire de victime, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

"Rôle positif" 

Lors d'une conférence de presse commune avec son homologue française dimanche à Tel Aviv, le chef de la diplomatie israélien, Eli Cohen, a assuré qu'Israël "n'avait pas l'intention d'ouvrir un nouveau front" à sa frontière nord avec le Liban.

"Mais nous ferons tout ce qu'il faut pour protéger nos citoyens", a-t-il insisté, estimant que la seule façon de le faire était "d'obliger le Hezbollah à se retirer au nord du fleuve Litani", plus loin de la frontière, soit par la voie diplomatique, soit "par la force".

"Je pense que la France pourrait jouer un rôle positif et important pour éviter une guerre au Liban", a-t-il poursuivi.

Lors de son précédent déplacement à Beyrouth, le 16 octobre, Catherine Colonna avait encouragé les responsables libanais à tout faire "pour éviter que le pays ne soit entraîné dans un engrenage, dont il ne se relèverait pas".

Mais dimanche, la cheffe de la diplomatie a pris le soin de signaler que les appels à la désescalade étaient valables pour toutes les parties, y compris Israël.

Israël insiste sur la nécessité d'appliquer pleinement la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Adoptée pour mettre fin à la guerre qui a opposé Israël et le Hezbollah en 2006, celle-ci stipule que seule l'armée libanaise et la Finul sont déployés dans le sud du Liban.

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