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Reporters tué et blessés au Liban : le bombardement s'est produit dans « une zone de combat »

AFP, Vendredi, 08 décembre 2023

Des enquêtes de l’AFP et de Reuters publiées dénoncent, l’armée israélienne d’avoir tué un journaliste de l’agence britannique et blessé six autres de différentes agences.

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Photo du vidéographe de Reuters Issam Abdallah, qui a été tué par l'armée israelienne le 13 octobre dernier au sud du Liban. Photo : AP

Le bombardement qui a tué un journaliste de l'agence Reuters et blessé six autres, dont deux de l'Agence France-Presse (AFP), le 13 octobre dans le sud du Liban, s'est produit dans « une zone de combat active », a indiqué vendredi 8 décembre l'armée israélienne à l'AFP.

Une enquête de l'AFP sur ce bombardement, publiée jeudi, désigne un obus de char israélien. Une enquête de l'agence Reuters, également publiée jeudi, conclut-elle aussi à des tirs de char israéliens.

Interrogé sur ces conclusions, un porte-parole de l'armée israélienne a souligné que le lieu où se trouvaient les journalistes était « une zone de combat active, où se produisent des échanges de tirs ». « Se trouver dans cette région est dangereux ».

« L'incident est en cours d'examen », a précisé ce porte-parole à l'AFP, ajoutant que l'armée avait demandé la veille, le 12 octobre, à la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), « de vérifier qu'aucun civil ne se trouvait dans la zone de combat ».

Les reporters étaient venus couvrir les affrontements transfrontaliers entre l'armée israélienne et des groupes armés dans le sud du Liban, où la communauté internationale s'inquiète du risque d'extension du conflit entre Israël et le Hamas depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre dernier.

Issam Abdallah, 37 ans, a été tué. Deux collègues de Reuters, deux journalistes de la chaîne Al Jazeera, et deux de l'AFP ont été blessés, dont la photographe Christina Assi, 28 ans, grièvement atteinte, qui a subi une amputation de la jambe droite et reste hospitalisée.

« Justice »

Le 13 octobre, rappelle l'armée israélienne, le Hezbollah, avait « lancé une attaque sur plusieurs cibles en territoire israélien le long de la frontière libanaise ».

Ce jour-là, l'armée israélienne indique avoir répondu à un tir de missile antichar par des frappes d'artillerie et de char, disant avoir ainsi voulu prévenir « une possible infiltration de terroristes » en Israël depuis le Liban.

L'AFP a enquêté en analysant et en recoupant les images de six médias présents ce jour-là avec les témoignages de journalistes, d'habitants et de sources sécuritaires, et en interrogeant plusieurs experts en armement.

Ces sept semaines d'investigations montrent qu'un obus de char de 120 mm stabilisé par des ailettes, exclusivement utilisé par l'armée israélienne dans la région, est à l'origine de la frappe mortelle et que les deux frappes étaient ciblées, d'après les experts interrogés.

Les journalistes étaient par ailleurs clairement identifiables.

« Il est absolument fondamental que nous ayons des réponses d'Israël », avait déclaré Phil Chetwynd, le directeur de l'Information de l'AFP, qui avait demandé aux autorités israéliennes de conduire une enquête approfondie pour déterminer ce qui s'est passé.

« Deux mois plus tard, nous attendons toujours des réponses », avait-il déclaré la veille de la publication de l'enquête, assurant que l'AFP utiliserait « tous les moyens judiciaires qu'elle juge possibles et pertinents pour s'assurer que justice soit rendue » aux journalistes tués et blessés.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a estimé jeudi « important et approprié » l'établissement d’« une enquête complète et approfondie ».

« Je crois savoir qu'Israël a initié une telle enquête et il sera important de voir cette enquête aboutir et d'en connaître les résultats », a affirmé M. Blinken, interrogé lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique David Cameron.

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