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Intenses bombardements israéliens sur Gaza

AFP, Mardi, 05 décembre 2023

Israël pilonne le sud de Gaza tout en étendant ausii ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza. Ces bombardements on poussé une autre vague de civils a quitté leurs maisons

Gaza
L'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de la bande de Gaza, a été bombardé de nouveaux le 5 décembre. AFP

L'armée israélienne a intensifié mardi 5 décembre son offensive contre le Hamas dans le sud de la bande de Gaza, une région très densément peuplée. Les  frappes aériennes meurtrières ont fait craindre un "scénario encore plus infernal", selon l'ONU, pour les civils pris au piège.

Engagée depuis le 27 octobre dans une offensive terrestre dans le nord du territoire palestinien assiégé, l'armée israélienne a étendu ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza.

Depuis la reprise des combats le 1er décembre après sept jours de trêve, l'armée pilonne le sud du territoire, faisant de très nombreux morts et blessés dans cette région où des centaines de milliers de civils sont venus se réfugier depuis le début de la guerre en 7 octobre, entassés dans des abris de fortune, des écoles ou sous des tentes.

Ils sont désormais piégés dans un périmètre de plus en plus réduit, sans nulle part où aller, contraints de fuir sur quelques kilomètres pour tenter d'échapper aux bombes.

Mardi 5 décembre encore, à pied, à moto, entassés dans des charrettes ou leurs bagages empilés sur le toit de leur voiture, des civils fuyaient la grande ville de Khan Younès, le nouvel épicentre de la guerre, vers la ville voisine de Rafah, encore plus au sud, près de la frontière fermée avec l'Egypte.

Des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans le secteur de Khan Younès à Gaza et de Rafah ainsi qu'à Deir al-Balah, plus au nord, après le déploiement lundi 4 décembre de dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens dans le sud du territoire palestinien.

Les militaires larguent chaque jour sur Khan Younès des tracts avertissant de l'imminence d'un bombardement et ordonnant aux habitants de quitter leur quartier.

Les bombardements israéliens ont été précédés "d'un nouvel ordre d'évacuation depuis Khan Younès vers Rafah", "qui a provoqué la panique, la peur et l'anxiété", a déclaré le directeur de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.

"Au moins 60.000 personnes supplémentaires ont été contraintes de se déplacer vers des abris de l'Unrwa déjà surpeuplés (...) dont beaucoup ont été déplacées plusieurs fois" depuis le début de la guerre, a-t-il ajouté, précisant que l'ordre d'évacuation israélien poussait les gens "à se masser dans moins d'un tiers du territoire de la bande de Gaza", soit une centaine de kilomètres carrés.

Pour l'ONU, il est "impossible" de mettre en oeuvre des zones sécurisées telles que désignées par Israël.

"Ces zones ne peuvent être ni sûres ni humanitaires lorsqu'elles sont déclarées unilatéralement", a affirmé mardi James Elder, le porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

L'agence palestinienne Wafa a par ailleurs fait état mardi de "plusieurs" morts dans une frappe sur la ville de Gaza, plus au nord.

L'armée israélienne a diffusé des images montrant des frappes menées par ses forces navales depuis la Méditerranée.

La branche armée du Hamas a annoncé avoir tiré une salve de roquettes vers Beersheva, une ville du désert du Néguev, dans le sud d'Israël.

Des organisations internationales s'alarment des risques pour les civils à Gaza, où "tous les services de télécommunications" sont à l'arrêt, selon le groupe de télécoms palestinien Paltel.

"Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre", a averti la Coordinatrice humanitaire de l'ONU pour les Territoires palestiniens, la Canadienne Lynn Hastings.

Mardi 5 décembre, les mêmes scènes de chaos se sont répétées à l'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de la bande de Gaza, après de nouveaux bombardements. Sous les sirènes des ambulances, des blessés étaient transportés sur des civières, allongés dans de simples remorques ou portés par leurs proches, selon des images de l'AFP.

Plusieurs personnes ont raconté avoir perdu des proches dans une frappe qui a touché une école servant d'abri pour des réfugiés.

Selon l'Unrwa, l'hôpital submergé par l'afflux de blessés, qui manque de personnel et de fournitures, abrite plus de mille patients ainsi que 17.000 déplacés.

Le ministère de la Santé palestinien a affirmé lundi 4 décembre que 15.899 personnes, à 70% des femmes ainsi que des enfants et adolescents, avaient été tuées depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza le 7 octobre.

Environ deux civils ont été tués pour chaque combattant du Hamas mort dans la bande de Gaza, ont affirmé lundi de hauts responsables militaires israéliens, ajoutant qu'un logiciel de cartographie de haute technologie avait été déployé pour tenter de réduire le nombre de morts parmi ceux qui ne combattent pas.

L'armée a annoncé mardi 5 décembre le décès de trois de ses soldats la veille, portant le bilan à 78 soldats tués depuis le début de l'offensive terrestre.

De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a indiqué sur son compte X que 63 journalistes et professionnels des médias -- 56 Palestiniens, 4 Israéliens et 3 Libanais -- avaient été tués depuis le début de la guerre.

D'après l'armée israélienne, 137 otages enlevés en Israël le 7 octobre sont toujours retenus à Gaza, après la libération pendant la trêve de 105 autres otages, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

D'après l'ONU, 1,8 million de personnes, sur 2,4 millions d'habitants, ont été déplacées par la guerre dans la bande de Gaza où les frappes ont détruit ou endommagé plus de la moitié des habitations.

Les besoins sont immenses dans le territoire soumis à un siège total par Israël depuis le 9 octobre, qui a provoqué de graves pénuries d'eau, de nourriture, de médicaments, d'électricité et de carburant. L'aide humanitaire, à l'exception des sept jours de trêve, n'y entre qu'au compte-gouttes depuis l'Egypte, soumise au feu vert d'Israël.

L'armée israélienne a demandé aux organisations humanitaires internationales leur "soutien" pour "aider à la mise en place des infrastructures" à Al-Mawasi, zone côtière du sud de la bande de Gaza entre Khan Younès et Rafah, où Israël demande aux civils de se replier.

 

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