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L'opposition syrienne appelle à l'aide

Maha Salem avec agences, Mardi, 09 juillet 2013

Tandis que la Russie bloquait un projet de déclaration au Conseil de sécurité demandant un accès humanitaire à la ville de Homs, assiégée par l'armée syrienne, l'opposition revendiquait des armes pour affronter les forces du régime de Bachar Al-Assad.

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Les Syriens souhaitent retourner un jour dans leur pays.

Comme prévu, la Russie a bloqué un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’Onu demandant un accès humanitaire urgent à la ville de Homs (centre de la Syrie) assiégée par l’armée syrienne.

Depuis plusieurs jours, Homs est la cible d’une offensive de l’armée syrienne et quelque 2 500 civils y sont bloqués par les combats. Le projet de déclaration demandait au gouvernement syrien d’autoriser les organisations humanitaires à accéder librement à Homs et de laisser sortir les civils pris au piège. Le projet de déclaration réclamait un accès immédiat, sûr et sans entrave aux habitants de Homs qui ont besoin d’aide humanitaire d’urgence et rappelle à Damas sa responsabilité première dans la protection des civils.

Le texte demandait à toutes les parties en Syrie de faire le maximum pour protéger les civils, y compris en leur permettant de quitter Homs, rappelant la responsabilité première du gouvernement syrien à cet égard. Cette déclaration est quasi identique à celle que le Conseil avait adoptée le 7 juin dernier concernant le siège de Qousseir, une autre ville du centre de la Syrie. La Russie avait alors bloqué le texte avant de l’approuver une fois Qousseir reprise par les forces gouvernementales.

Il s’agissait de la première déclaration unanime du Conseil sur la Syrie depuis des mois, si on excepte la dénonciation d’actes terroristes. Face à la position de la Russie, la Coalition de l’opposition syrienne a lancé un appel à l’aide et aux livraisons d’armes pour empêcher la chute de la ville de Homs. « Ceci est un appel politique, éthique et humanitaire.

Nous appelons à une intervention immédiate pour briser le siège de Homs, qui est sous la menace d’une partition », a déclaré Farah Al-Atassi, membre de la Coalition réunie à Istanbul. « Au nom des habitants de Homs, nous en appelons à la Coalition nationale syrienne, à l’état-major de l’Armée syrienne, aux pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) pour qu’ils fournissent aux combattants du front de Homs et de toute la Syrie des armes sophistiquées pour repousser l’agression d’Assad », a ajouté Al-Atassi tout en lançant un appel aux médias pour qu’ils accordent plus d’attention à la situation en Syrie.

Pour avoir le soutien de la communauté internationale, la Coalition de l’opposition syrienne est parvenue samedi à surmonter ses divisions pour choisir un nouveau chef, Ahmad Assi Jarba, qui sera chargé d’incarner l’alternative au président Bachar Al-Assad aux yeux de ses soutiens arabes et occidentaux.

Lors du scrutin samedi, les membres de la Coalition se sont également dotés de trois vice-présidents : Suheir Atassi, Mohammed Farouk Tayfur et Salim Muslit. Elu au poste de secrétaire général, Badr Jamous complète la nouvelle équipe dirigeante. Né en 1969 à Qamishli (nord-est), le nouveau président Ahmed Assi Jarba, un sunnite, a été chargé du dossier délicat de l’armement de la rébellion au sein de la Coalition et a, à ce titre, fait partie de plusieurs délégations de la coalition ayant visité des pays arabes et européens pour les convaincre d’armer les rebelles.

Mais dans un bref communiqué publié après son élection, Jarba a affirmé que sa priorité était de gérer les développements sur le terrain en Syrie, surtout à Homs (centre), cible d’une nouvelle offensive des forces du régime et du Hezbollah libanais, qui cherchent à reprendre les quartiers rebelles.

Initialement prévu fin mai, le choix du nouveau président avait été ajourné après des discussions qui avaient étalé au grand jour les divisions de la Coalition et la guerre d’influence que s’y livrent ses principaux parrains, le Qatar et l’Arabie saoudite. Sous la pression de leurs soutiens, les opposants étaient finalement parvenus à un accord sur l’élargissement de leur mouvement, jusqu’alors largement dominé par les Frères musulmans soutenus par le Qatar, à des personnalités réputées plus proches des Saoudiens.

Le choix d’une nouvelle équipe dirigeante représentant toutes les tendances de l’opposition devrait rassurer les pays amis de la Syrie, notamment les Occidentaux qui hésitent toujours à livrer des armes aux rebelles de crainte qu’elles ne tombent

aux mains des plus extrémistes. Les rebelles ont cédé du terrain ces dernières semaines à l’armée fidèle au régime, épaulée de façon décisive par les combattants du Hezbollah.

Après avoir repris Qousseir, près de la frontière libanaise, l’armée, toujours aidée du Hezbollah, a lancé il y a une dizaine de jours un nouvel assaut sur les quartiers rebelles de Homs, bombardés par l’aviation et l’artillerie lourde. « Nous avons eu confirmation d’informations faisant état de recours à des armes chimiques contre des civils innocents », a accusé le porte-parole de la Coalition.

Soldats et rebelles sont déterminés à combattre jusqu’au bout alors qu’aucune solution n’est en vue pour ce conflit déclenché par une contestation populaire qui s’est transformée en conflit armé, face à la répression menée par le régime.

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