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Calme précaire à Gaza

Maha Salem avec agences, Lundi, 16 juillet 2018

Grâce à une médiation égyptienne, un cessez-le-feu a été conclu entre le Hamas palestinien et Israël. La situation reste toutefois tendue.

Calme précaire à Gaza
Quelques échanges de tirs sont venus troubler le cessez-le-feu annoncé. (Photo:Reuters)

La tension est retombée d’un cran, dimanche 15 juillet, dans la bande de Gaza et les localités israéliennes avoisinantes, au lendemain de la pire confrontation armée entre Israël et le mouvement islamiste, le Hamas, depuis la guerre de 2014. Ce dernier, qui dirige l’enclave palestinienne, a annoncé qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une médiation égyptienne.

Depuis, quelques échanges de tirs seulement sont venus troubler le calme précaire. Juste avant le cessez-le-feu, des affrontements meurtriers avaient éclaté tout le long de la barrière qui sépare Israël de l’enclave sous blocus, le Hamas affirmant avoir tiré en réaction à un raid aérien israélien et promettant une intensification des manifestations tant que le blocus ne serait pas levé.

Côté israélien, on accuse le Hamas d’être responsable de cette escalade, la plus intense depuis la guerre dévastatrice de 2014, qui a eu lieu après plus de trois mois de manifestations et d’affrontements le long de la barrière. « L’armée israélienne a infligé au Hamas son coup le plus dur depuis 2014 », a même dit fièrement le premier ministre, Benyamin Netanyahu, dimanche 15 juillet. « On dit qu’Israël a accepté un cessez-lefeu permettant la poursuite des actes de terreur incendiaires avec des ballons et cerfs-volants, c’est faux, nous n’accepterons aucune attaque contre nous », a-t-il ajouté.

En fait, depuis le 30 mars dernier, la zone frontalière est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le « droit au retour » des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d’Israël en 1948. Au moins, 141 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et plus de 4 000 blessés par balle depuis cette date. Aucun Israélien n’a été tué. Mais plus de 2 600 hectares de terres ont été brûlés en Israël par l’envoi de ballons et cerfs-volants incendiaires depuis Gaza, selon les autorités israéliennes.

« Les deux camps ont choisi cette pause pour reprendre leur souffle. Mais la tension risque de reprendre. Certaines voix israéliennes appellent à mener une guerre acharnée sur le Hamas pour le détruire », explique ainsi Dr Tarek Fahmy, professeur de sciences politiques à l’Université américaine du Caire (AUC). En effet, cette trêve coïncide avec la visite de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, dans la bande de Gaza. Le médiateur a demandé à tous les acteurs de mettre un terme au cycle de violences, précisant que la solution devait être politique.

Selon l’analyste, « l’Onu veut que le calme revienne pour pouvoir lancer des projets à Gaza et rouvrir le passage de Karam Abou-Salem, seul point de passage entre Israël et la bande de Gaza fermé le 9 juillet, et ce, afin de faciliter la vie des Gazaouis. Ce plan est soutenu par la communauté internationale et l’Onu veut l’appliquer avant la fin de cette année. Mais si on n’y parvient pas, l’autre scénario est très pessimiste : une reprise des affrontements. En fait, Israël veut accentuer la pression sur le Hamas jusqu’à ce qu’il cède et accepte de négocier dans deux dossiers essentiels : l’échange des prisonniers et l’application d’une trêve durable. Quant à Washington, il essaie de changer ses plans. Il veut ajourner l’application de l’Accord du siècle par un autre plan nommé Gaza, premièrement ».

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