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liban: Priorité aux législatives

Maha Salem avec agences, Mardi, 09 avril 2013

Considéré comme une personnalité politique de consensus, Tammam Salam est le nouveau premier ministre. Il doit rapprocher l’opposition, soutenue par l’Occident et l’Arabie saoudite, et le camp du Hezbollah, allié de Téhéran et de Damas, pour maintenir la stabilité et la sécurité du pays.

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Le nouveau premier ministre libanais a promis le président Michel Sleimane de protéger le pays des répercussions du conflit en Syrie voisine.(Photo: Reuters)

Après quelques jours de discussions acharnées, le président libanais, Michel Sleimane, a sans surprise désigné le député Tamman Salam comme premier ministre pour former un nouveau gouvernement. Après la démission de son prédécesseur, Salam a une lourde tâche : diriger le pays, maintenir son équilibre et sa sécurité et le protéger contre les conflits, surtout interconfessionnels. Ainsi, une fois désigné, il s’est aussitôt engagé à protéger son pays des répercussions du conflit en Syrie voisine.

Un modéré issu de l’opposition dirigée par Saad Hariri, Tamman Salam devra contenter aussi bien l’opposition soutenue par Washington et Riyad que le camp du Hezbollah, allié du régime syrien et de Téhéran, qui dominait le cabinet sortant. Salam a été choisi comme candidat de consensus dans un pays profondément divisé, après avoir reçu le soutien de la majorité des groupes parlementaires. « On ne s’attend pas à de grandes choses de ce nouveau gouvernement. Il vient pour garantir la stabilité politique et sécuritaire du pays. Le nouveau gouvernement doit éviter que le Liban ne se glisse dans le cercle vicieux des conflits et des violences sous l’influence. Et avant tout, organiser et tenir les élections législatives prochaines », explique Rabha Allam, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram au Caire. En effet, son prédécesseur, Najib Mikati, avait démissionné il y a deux semaines, en raison de divergences avec le Hezbollah sur la nomination d’un chef de police hostile à Damas, avec en filigrane le conflit en Syrie, puissance de tutelle durant 30 ans au Liban.

« Je m’engage à faire sortir le Liban des divisions politiques qui se sont répercutées sur le plan de la sécurité et à éloigner les dangers de la situation tragique (dans le pays voisin)», a déclaré Salam.

Pour satisfaire les Libanais, il a tendu la main à toutes les forces politiques, estimant que son devoir était d’oeuvrer pour l’intérêt du pays. Il s’est dit attaché à la politique de neutralité affichée par M. Mikati à l’égard du conflit en Syrie, tout en soulignant que cette stratégie ne serait effective que si toutes les parties y adhéraient.

Des déclarations qui ont apaisé les Libanais qui ont vécu des années dans une guerre civile et veulent la stabilité de leur pays. L’opposition libanaise affiche son soutien à la rébellion syrienne, et le Hezbollah est accusé d’aider militairement les troupes du président Bachar Al-Assad, qu’il soutient ouvertement.

Plusieurs incidents impliquant des tirs de l’armée syrienne en direction du territoire libanais ont secoué la frontière commune, faisant craindre un débordement du conflit.

M. Salam, considéré comme une voix modérée par rapport aux « faucons » farouchement hostiles au Hezbollah, s’est en outre refusé à dire si son gouvernement serait un cabinet d’union nationale. Le camp du Hezbollah s’est prononcé pour un tel cabinet, de même que le leader druze Walid Joumblatt. Selon les analystes, le soutien de ce leader est très important pour maintenir l’équilibre de force dans ce pays. « Toute coalition avec Joumblatt est vouée certainement à la réussite, due à son pouvoir, sa puissance et son intelligence de leader. Alors, n’importe quel premier ministre cherche à s’allier à ce leader », affirme Rabha Allam.

En outre, Salam, ancien ministre sunnite de la Culture, a annoncé que la priorité du futur gouvernement serait l’organisation des législatives, prévues en juin, mais menacées de report faute d’accord sur une nouvelle loi électorale.

En vertu du système politique basé sur un partage du pouvoir à base confessionnelle, le « pacte national », accord tacite en vigueur depuis 1943, le poste de chef de l’Etat est attribué à un chrétien maronite, celui de premier ministre à un musulman sunnite et celui du chef du Parlement à un musulman chiite .

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