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Palestine: Beaucoup de volonté pour peu d’avancées

Abir Taleb avec agences, Mardi, 12 février 2013

Les mouvements palestiniens s’engagent à aller de l’avant dans le processus de réconciliation. Mais la mise en oeuvre de l’accord final reste problématique, près de deux ans après sa signature.

Une fois de plus, les Palestiniens multiplient les déclarations de bonne volonté, mais peinent à s’entendre sur les points de désaccord. L’ensemble des mouvements palestiniens, dont le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas islamiste, ont ainsi conclu, samedi 9 février, deux jours de discussions au Caire en réaffirmant leur engagement à leur accord de réconciliation, mais en butant sur des divergences quant à son application.

Ces discussions se sont tenues à l’occasion de la deuxième réunion de l’instance dirigeante provisoire de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), chargée d’intégrer à l’OLP le Hamas et le Djihad islamique.

« Il a été convenu avec le Hamas de lancer des consultations avec les mouvements palestiniens sur la formation d’un gouvernement de technocrates dirigé par le président Abbas, en vertu de l’accord de Doha » de février 2012, a déclaré samedi à la presse Azzam Al-Ahmad, responsable du dossier de la réconciliation au Fatah.

« Il y a eu un accord sur la plupart des questions, sauf sur quelques points concernant la loi sur les élections au Conseil national (CNP, Parlement de l’OLP) », a-t-il indiqué.

« L’atmosphère des discussions était positive, mais nous avons besoin d’une autre réunion pour trancher certaines interprétations et divergences de points de vue », avait auparavant déclaré aux journalistes le chef de la délégation du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste), Maher Al-Taher.

Cependant, au lendemain de ces discussions, la Commission Electorale Centrale palestinienne (CEC) a commencé l’inscription des nouveaux électeurs dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, étape-clé de la réconciliation interpalestinienne. « Nous espérons que ce sera la première étape pour mettre fin à la division » entre le Hamas et le Fatah, au pouvoir respectivement à Gaza et dans les zones autonomes de Cisjordanie, a déclaré le président de la CEC, Hanna Nasser, lors d’une conférence de presse à Gaza.

Modalités électorales imprécises

Une avancée certes, mais les principales divergences portent toujours sur les modalités des élections au CNP, ainsi que les scrutins présidentiel et législatif simultanés prévus par l’accord de réconciliation. Selon Wassel Abou-Youssef, membre du comité exécutif de l’OLP, « le Fatah veut que la formation du gouvernement » transitoire non partisan chargé d’organiser les élections « coïncide avec le décret fixant la date des élections, et le Hamas souhaite que le gouvernement soit formé en premier pour mettre fin &` la division, avant de fixer la date des élections ». M. Ahmad a affirmé que le président Abbas émettrait finalement un décret unique formant le gouvernement et fixant la date des élections.

S’agissant du mode de scrutin, le Fatah et les personnalités indépendantes veulent que le même s’applique au CNP et au Parlement, alors que le Hamas plaide pour une désignation du CNP à la proportionnelle et un panachage de 75 % de proportionnelle et 25 % de scrutin uninominal par circonscription pour les législatives, selon Wassel Abou-Youssef.

Le 30 janvier, le Hamas, au pouvoir à Gaza, et la CEC ont annoncé un accord sur l’enregistrement des nouveaux électeurs, levant l’un des principaux obstacles à la mise en oeuvre de la réconciliation avec le Fatah qui gouverne les régions autonomes de Cisjordanie.

L’inscription effective sur les listes électorales se déroulera du 11 au 18 février, selon la CEC. Le Fatah et le Hamas ont signé le 27 avril 2011 au Caire un accord de réconciliation, dont la plupart des clauses sont restées lettre morte et les échéances ont été constamment repoussées.

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