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Syrie: Pas de solution en vue

Maha Salem avec agences, Mardi, 15 janvier 2013

Tandis que les combats se poursuivent entre le régime de Damas et les rebelles, l'émissaire Lakhdar Brahimi propose de revenir à un ancien plan de sortie de crise, appuyé par Moscou et Washington, et la situation humanitaire ne cesse de se détériorer.

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(Photos: Reuters)

Tandis que l’armée syrienne poursuit ses opérations contre lesrebelles, l’émissaire international, Lakhdar Brahimi, continue ses efforts en vue de trouver une issue à la crise syrienne. Après de longues discussions avec Moscou et Washington, Brahimi a proposé, avec l’appui des deux puissances, le retour à un plan de l’ancien émissaire, Kofi Annan, prévoyant notamment la formation d’un gouvernement incluant toutes les parties en conflit et ayant les pleins pouvoirs exécutifs, ce qui pourrait signifier que Bachar Al- Assad perd toutes ses prérogatives. Une demande revendiquée depuis longtemps par l’opposition syrienne.

C’est la première fois que la Russie, alliée de longue date de Bachar Al-Assad, accepte l’appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais le sort du président Assad reste flou. Toutes les propositions de sortie de crise en Syrie sont basées sur la déclaration de Genève, qui ne se prononce pas sur le sort de M. Assad, laissant libre cours aux interprétations.

Mais les Etats-Unis voient dans la déclaration de Genève le seul chemin vers l’ère post-Assad. Tandis que Moscou, l’un des derniers soutiens du régime, insiste pour que « le Syriens eux-mêmes, sans ingérence extérieure, trouvent une solution pour mettre fin à ce conflit qui secoue le pays ». Réaffirmant son soutien au plan de Genève, la Russie a appelé à « lancer un processus de transition politique visant à inscrire dans la loi l’égalité de droits garantis pour tous les groupes ethno-confessionnels de ce pays ». « La priorité est de faire cesser immédiatement toute violence et effusion de sang et d’acheminer l’aide humanitaire aux Syriens », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères. « La priorité est de faire cesser immédiatement toute violence », a ajouté le ministère.

Quels sont les scénarios possibles ? « Les combats se poursuivront tant que ni le régime ni l’opposition ne parviendront à s’imposer militairement », explique Moataz Salama, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. « Il serait naïf de croire que Assad partira. En l’absence de victoire militaire, les grandes puissances doivent faire pression sur le régime et sur l’opposition pour qu’ils se mettent à la table des négociations. Les deux parties doivent faire des concessions », ajoute Salama. Et d’affirmer : « Le régime d’Assad reste fort. L’armée syrienne le protège toujours ».

Sur le plan humanitaire, la situation ne cesse de s’aggraver. Le nombre de réfugiés syriens dans les pays voisins de la Syrie et en Afrique du Nord a augmenté de 100 000 entre le 11 décembre 2012 et le 11 janvier 2013, selon l’Onu. Il y aurait en tout 600 000 réfugiés syriens. Pour tenter de contenir la situation, la Ligue arabe a décidé d’envoyer une mission en Iraq, en Jordanie, et au Liban pour évaluer les besoins de ces pays qui accueillent des réfugiés syriens sur leur territoire. La Ligue soumettra ses conclusions au sommet des donateurs fin janvier au Koweït. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion extraordinaire au Caire des ministres des Affaires étrangères à la demande du Liban, confronté à un flux massif de réfugiés syriens. « La Ligue arabe est inquiète de la détérioration de la situation humanitaire en Syrie, qui provoque l’exode de plusieurs milliers de Syriens dans des pays limitrophes. D’où la décision d’envoyer un mission en Iraq, au Liban et en Jordanie pour évaluer sur le terrain les besoins de ces pays », indique un communiqué officiel. Une réunion de donateurs se tiendra le 30 janvier au Koweït pour mobiliser l’aide humanitaire en faveur des civils syriens. L’Onu a lancé, le 19 décembre, un appel pour 1,5 milliard de dollars pour aider jusqu’en juin près d’un million de réfugiés syriens, ainsi que 4 autres millions de Syriens affectés par le conflit mais qui sont restés dans leur pays. Les fonds demandés correspondent aux besoins de quelque 55 organisations humanitaires. L’Onu a précisé qu’un milliard de dollars sur les 1,5 demandés est destiné à venir spécifiquement en aide aux réfugiés Selon les derniers chiffres du Haut- Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR), environ 200 000 réfugiés syriens sont enregistrés au Liban, 69 000 en Iraq, tandis que la Jordanie compte 176 600 réfugiés syriens.

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