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L’Ukraine jette de l’ombre sur le G20

Maha Al-Cherbini avec agences, Mardi, 18 novembre 2014

Sur fond de graves tensions dans l›est ukrainien, le président russe, Vladimir Poutine, a été harcelé par les Occidentaux, lors du sommet du G20, pour son soutien aux séparatistes pro-russes.

L’Ukraine jette de l’ombre sur le G20
(Photo:Reuters)

La divisionou la guerre ? Tels sont les deux scénarios qui menacent une Ukraine déchirée entre Moscou et l’Occident. Alors que les combats font rage dans cette ex-République soviétique, les principaux protagonistes de la crise ukrainienne se sont réunis, samedi et dimanche, à Brisbane (Australie) lors du sommet du G20. Un sommet aux accents de guerre froide assombri par le plus grave bras de fer, qui oppose Moscou et l’Occi­dent sur l’Ukraine.

Depuis le début de la crise ukrainienne en avril, jamais la Russie n’a été autant harcelée que cette semaine au sommet du G20. Les cri­tiques européennes et américaines sont tombées dru sur la tête du président russe Vladimir Poutine, pour son soutien aux séparatistes. En fait, les leaders anglo-saxons ont conservé au chef du Kremlin un accueil « saignant », l’accu­sant d’être un « agresseur de l’Ukraine » ou de vouloir restaurer la « gloire perdue du tsa­risme », selon le premier ministre australien, Tony Abbott. Cette vague de critiques a porté M. Poutine à écourter sa visite et à quitter l’Austra­lie dimanche matin, avant même la publication du communiqué final.

Ne se contentant pas de la guerre des mots, le président américain Barack Obama a averti que si son homologue russe continuait à alimenter le conflit dans l’est de l’Ukraine, son pays resterait isolé de la communauté internationale. Côté européen, le dilemme reste compliqué : les Européens veulent rester fermes à l’égard de Moscou, tout en tendant la main à Poutine pour ne pas fermer la porte à la diplomatie. Lundi, le club européen a tenu le bâton du juste-milieu, se contentant d’élargir la liste de nouvelles person­nalités de la rébellion séparatiste en Ukraine, dont les avoirs sont gelés. Il s’agit d’un « geste politique » qui ne fait aucune pression sur Moscou. Selon les experts, le club européen a, enfin, réalisé que l’arme des sanctions n’incite­rait pas la Russie à changer d’attitude, car Poutine n’accepterait jamais de voir à ses fron­tières une Kiev pro-européenne. Cela étant, le club européen n’a désormais qu’une ambition : ramener Poutine à la table des négociations : « Il est important de parler. Il y a une grande proximité de vues entre Européens sur l’Ukraine, et la Russie », a expliqué, dimanche, la chance­lière allemande Angela Merkel.

L’est séparatiste isolé

Loin de cette guerre au sommet, un regard sur le bouc émissaire ukrainien n’apporte que pessi­misme et désespoir. Alourdissant le bilan des 4 000 morts en Ukraine depuis avril, 5 civils, dont 2 enfants, ont été tués cette semaine par un tir d’artillerie dans l’est de l’Ukraine, alors que plus de 7 soldats ukrainiens ont succombé dans des violences entre l’armée et les séparatistes. Face à cette aggravation de la crise, le président ukrainien, Petro Porochenko, a ordonné le retrait de tous les services publics des régions sous contrôle des séparatistes pro-russes. Cette décision s’applique aux services publics tels que les écoles, les hôpitaux, les secours ... Une façon d’isoler les régions séparatistes militairement et économiquement, afin de « ne pas permettre à ce cancer de s’étendre », a affirmé le président ukrainien. En effet, l’isolement de l’est n’est qu’une conséquence des élections tenues dans les régions séparatistes, le 2 novembre, au grand dam de Kiev.

Depuis ces élections, les hostilités s’étaient fort aggravées, nourrissant les craintes d’un embrasement dans la région. Dimanche, les autorités ukrainiennes ont affirmé que les sépa­ratistes et les troupes russes se préparaient à une vaste offensive, alors que Kiev s’est dit prête à une « guerre totale ». Autant d’évolutions qui rendent inéluctable un seul scénario : la parti­tion de l’Ukraine .

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