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France : grandes manoeuvres à l'Assemblée en vue de possibles alliances

AFP , Mercredi, 10 juillet 2024

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Archives - Les négociations vont bon train à six semaines du premier tour des législatives. Photo : AFP

Dans une ambiance tendue au milieu des caméras, les nouveaux députés RN - qui seront environ 143 avec leurs alliés - ont pris leurs marques à l'Assemblée dans la matinée.

Le camp du président Emmanuel Macron tente mercredi de dégager une solution autre que la gauche pour gouverner la France en se tournant vers une droite hésitante, tandis que les députés du Rassemblement national sont entrés à l'Assemblée en promettant une revanche future.

Aucun parti ou coalition de parti n'a atteint la majorité absolue de 289 députés dans la nouvelle Assemblée nationale. Arrivé en tête des législatives anticipées, le Nouveau Front populaire (alliance de gauche) a remporté 190 à 195 élus, le camp présidentiel autour de 160 et l'extrême droite plus de 140 sièges.

Si l'alliance de gauche entend proposer un Premier ministre au président Macron, une large partie de la macronie s'y refuse et sort la calculatrice.

"On est un peu plus de 160 aujourd'hui (...) et j'entends des députés LR (Les Républicains, conservateurs, ndlr), divers droite, UDI (centre-droit, ndlr), même divers gauche, qui seraient prêts à nous rejoindre, ce qui veut dire qu'on pourrait numériquement dépasser le bloc de gauche", a affirmé la ministre chargée de l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé (Renaissance, parti présidentiel), réélue députée dimanche.

Le chef sortant des députés Renaissance Sylvain Maillard a d'ailleurs convoqué une "réunion de groupe" mercredi pour "regarder quels sont les députés susceptibles" d'élargir le bloc central.

- Matignon pour la droite ? -

Comme depuis 2022, le camp présidentiel regarde essentiellement vers la droite pour trouver des alliés. "Il peut y avoir un Premier ministre de droite, ça ne me gênerait en rien", a ainsi déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Une option approuvée par de nombreux députés qui veulent éviter "à tout prix" un gouvernement comprenant des membres La France insoumise (LFI, gauche radicale), qu'ils censureraient.

Mardi soir, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe (Horizons, centre-droit) avait déjà appelé à la signature d'un "accord technique" avec Les Républicains, en vue "d'avancer et de gérer les affaires du pays pendant au moins un an".

Après avoir été inflexibles sur l'hypothèse d'une coalition, certains responsables de la droite semblent peu à peu s'ouvrir à l'idée, plaidant pour la nomination d'un Premier ministre issu de leur camp à la tête d'un "gouvernement de rassemblement".

Mais Laurent Wauquiez, un autre ténor qui fait son retour dans le paysage national et paraît bien parti pour être élu président du nouveau groupe parlementaire LR, défend lui une ligne "sans compromission", ce qui pourrait compliquer la donne.

Surtout, avec au maximum une soixantaine de députés LR ou divers droite, ces futurs alliés potentiels sont loin d'assurer une majorité absolue aux macronistes.

C'est pourquoi le patron du MoDem François Bayrou prône lui une autre ligne, fixée avant tout par le chef de l'Etat, et la désignation d'un Premier ministre consensuel.

Ce ne sont "pas les partis qui feront la majorité, c'est le président qui décide quelle est la personnalité qui peut rassembler le plus largement en tenant compte des nuances de l'Assemblée nationale", estime-t-il.

- "Partie remise" pour le RN -

Devant ces tractations, la gauche a dénoncé les "manigances" du camp présidentiel. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a accusé Emmanuel Macron de "multiplier les manoeuvres" pour "détourner le résultat" des élections législatives.

Le NFP bataille aussi en interne entre ses deux principales composantes, LFI et PS (parti socialiste).

Face à ce désordre, Marine Le Pen a fustigé le "bourbier" consécutif aux législatives anticipées, à son entrée au Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale.

Dans une ambiance tendue au milieu des caméras, les nouveaux députés RN - qui seront environ 143 avec leurs alliés - ont pris leurs marques à l'Assemblée dans la matinée.

"Un certain nombre de manoeuvres, notamment de désistements massifs, nous ont privés de la majorité absolue. Ce n'est que partie remise", a déclaté Marine Le Pen, réélue présidente du groupe RN à l'Assemblée.

Le président du RN Jordan Bardella a ensuite réuni les députés du groupe, leur demandant d'être "parfaitement irréprochables" durant leur mandat, en écho aux multiples dérapages de candidats RN avant pollué la campagne. "Votre responsabilité sera (...) d'accentuer la crédibilité de notre projet", a-t-il lancé.

Toujours silencieux face à la situation politique, Emmanuel Macron s'envole lui pour Washington, où il doit participer pendant deux jours à un sommet de l'Otan.

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