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France: les opposants à une loi sur l'immigration jettent leurs dernières forces dans la rue

AFP, Dimanche, 21 janvier 2024

Dernier coup de pression sur le gouvernement français: quatre jours avant une décision très attendue du Conseil constitutionnel, une coalition d'opposants à une loi sur l'immigration manifeste dimanche contre la promulgation d'un texte qui consacre, selon eux, la victoire idéologique "de l'extrême droite".

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Des français protestent à Toulouse contre la nouvelle loi sur l'immigration. Photo : AFP

En se ralliant à l'appel lancé initialement par 201 personnalités, les opposants veulent rassembler au-delà de la sphère militante traditionnelle pour faire pression sur l'exécutif, qui pourrait promulguer rapidement le texte voté mi-décembre notamment avec les voix du parti d'extrême droite Rassemblement national, sauf censure complète et surprise par le Conseil constitutionnel le 25 janvier.

Plus de 160 marches sont prévues dimanche, dont celle de Paris qui a rassemblé 16.000 personnes selon la police.

"Cette loi, c'est une rupture avec les principes français depuis 1789 pour le droit du sol et depuis 1945 pour l'universalité de la protection sociale", a déclaré la secrétaire générale du syndicat CGT, Sophie Binet, qui a appelé à la mobilisation avec son homologue de la CFDT, Marylise Léon.

Réunis à Paris où quelques milliers de personnes étaient présentes avant le départ du cortège, des politiciens de gauche ont fustigé l'exécutif français, qui "a ouvert le pont levis aux idées de l'extrême droite", selon Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.

"Immigration une chance pour la France", "La France est un tissu de migration": au milieu des pancartes brandies par les manifestants, Mady Cissé, Sénégalais de 59 ans, intérimaire dans le bâtiment, apprécie un "soutien important" mais "aussi logique".

"On forme une seule et même société: sans nous, le pays ne fonctionnerait pas, c'est nous qui nous levons à cinq heures du matin pour aller travailler dans le bâtiment, pour sortir vos poubelles... même les bureaux des préfectures qui nous refusent les papiers, c'est nous qui les nettoyons!", observe l'ouvrier qui dispose d'un titre de séjour temporaire.

Dérive vers l'extrême droite

Les auteurs de l'appel à manifester, dont de nombreuses personnalités du monde de la culture, demandent au président Emmanuel Macron de ne pas promulguer la loi.

"Cette loi est une dérive vers l'extrême droite, sur le plan politique, et sur le fond vers la préférence nationale, qui n'est pas conforme à nos principes fondamentaux et constitutionnels", a observé l'ex-Défenseur des droits Jacques Toubon, présent dans le rassemblement parisien.

En cause, les nombreux ajouts du Parlement au texte initial du gouvernement, donnant une coloration très droitière à une loi qui devait initialement reposer sur deux volets, l'un répressif pour les étrangers "délinquants", l'autre favorisant l'intégration. Désormais, le texte comprend de nombreuses mesures controversées, comme le durcissement de l'accès aux prestations sociales, l'instauration de quotas migratoires, ou le rétablissement du "délit de séjour irrégulier".

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