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Au tour du Japon de retenter de se poser sur la Lune cette semaine

AFP, Mercredi, 17 janvier 2024

Un mini-engin spatial japonais doit se poser sur la Lune dans la nuit de vendredi à samedi heure japonaise, ce qui serait une grande première pour le pays qui rêve d'imiter ainsi les Etats-Unis, l'URSS, la Chine et l'Inde.

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L'astronaute américain Buzz Aldrin marche sur la surface de la Lune le 20 juillet 1969. Photo : AP

La descente vers la Lune du module SLIM (Smart Lander for Investigating Moon) doit commencer vers minuit samedi heure japonaise (vendredi 15h00 GMT) et doit durer environ 20 minutes, selon l'agence spatiale nippone Jaxa.

Cet engin non habité de petite taille (2,4m de long pour 1,7m de large et 2,7m de haut) doit non seulement alunir, mais aussi se poser avec un haut degré de précision, dans un rayon de 100 mètres par rapport à sa cible. D'où son surnom de «Moon Sniper».

Se poser avec précision sur la Lune est plus difficile que sur des astéroïdes car la gravité sur la Lune est plus forte que sur de petits corps célestes, et un engin n'a donc qu'une seule chance pour réussir son alunissage.

Cette mission japonaise ambitionne de faire avancer la recherche sur les ressources en eau sur la Lune, une question clé alors que les Etats-Unis et la Chine comptent à terme y installer des bases habitées.

La présence de glace d'eau a été démontrée au fond de cratères dans les régions polaires de la Lune, lesquelles par conséquent attirent désormais toutes les attentions.

Le succès de la mission SLIM permettrait au Japon «d'afficher sa présence» dans le domaine spatial.

La Lune, objet d'une nouvelle course mondiale

Plus de 50 ans après les premiers pas de l'homme sur la Lune, par les Américains en 1969, celle-ci est redevenue l'objet d'une course mondiale, dans laquelle la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine occupe un rôle central.

Mais de nombreux autres pays et sociétés privées s'y intéressent également, comme la Russie, qui rêve de renouer avec la gloire spatiale de l'URSS, en s'associant notamment avec la Chine ou l'Inde, qui a réussi l'été dernier son premier alunissage.

Les deux premières tentatives d'alunissage du Japon ont, elles, mal tourné.

En 2022, une mini-sonde Omotenashi (hospitalité en japonais), qui était embarquée à bord de la mission américaine Artémis 1, a connu une défaillance fatale de ses batteries peu après son éjection dans l'espace.

Et en avril 2023, un alunisseur de la jeune entreprise privée japonaise ispace s'est écrasé à la surface de la Lune, ayant échoué l'étape de la descente en douceur.

Atteindre la Lune reste un immense défi technologique, même pour les grandes puissances spatiales: début janvier, l'entreprise privée américaine Astrobotic, sous contrat avec la Nasa, a dû renoncer à tenter un alunissage en raison d'une fuite de carburant de son engin, qui devrait désormais se consumer en rentrant dans l'atmosphère terrestre.

La Nasa a aussi reporté de près d'un an les deux prochaines missions de son grand programme de retour sur la Lune Artémis, à septembre 2025 et septembre 2026.

Quant à la Chine, elle a réussi son premier alunissage en 2013. En 2019, elle est devenue le premier pays à poser un engin sur la face cachée de la Lune. L'année suivante, sa sonde Chang'e 5 ramenait sur Terre des échantillons lunaires, une première mondiale depuis plus de 40 ans.

Pékin a aussi réussi en 2021 à envoyer un «rover» sur Mars, imitant ainsi les Etats-Unis, et dispose depuis 2022 de sa propre station spatiale orbitale, Tiangong.

Une nouvelle mission chinoise devant rapporter des échantillons lunaires est prévue cette année.

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