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Après sa victoire aux primaires, Trump en procès pour diffamation

AFP, Mardi, 16 janvier 2024

Au lendemain de sa large victoire dans l'Iowa, Donald Trump est mardi au tribunal civil de New York pour un second procès en diffamation intenté par une autrice qui l'a déjà fait condamner pour une agression sexuelle dans les années 1990.

Trump
L’ex président américain et candidat à la présidence républicaine Donald Trump lors des caucus présidentiels républicains de l’Iowa en 2024 Photo : AFP

Au lendemain de sa large victoire dans l'Iowa, Donald Trump est mardi au tribunal civil de New York pour un second procès en diffamation intenté par une autrice qui l'a déjà fait condamner pour une agression sexuelle dans les années 1990.

Plus que jamais favori des primaires républicaines après avoir facilement remporté le caucus de l'Etat du Midwest, Donald Trump, 77 ans, avait annoncé la semaine dernière qu'il viendrait en personne se défendre à New York face à l'ancienne chroniqueuse du magazine américain Elle, Elizabeth Jean Carroll, 80 ans.

Et de tenter ainsi une nouvelle fois de faire de ses déboires judiciaires une plateforme politique pour y dénoncer la "chasse aux sorcières" dont il se dit victime.

Arrivé dans son cortège de limousines noires dans le sud de Manhattan couvert de neige -- une première à New York depuis 700 jours -- Donald Trump s'est assis à la table de la défense avec ses avocats et face à son accusatrice.

D'après la presse judiciaire américaine qui a eu accès au prétoire, les deux protagonistes n'ont pas échangé un regard.

- "Jamais vu" -

"Je n'ai jamais vu cette femme de ma vie (...) Je n'ai pas idée de qui elle est", avait réaffirmé jeudi Donald Trump à propos de l'écrivaine, qu'il a continué de qualifier de menteuse, ou de "tarée", malgré sa retentissante condamnation civile en mai dernier à lui payer cinq millions de dollars pour agression sexuelle en 1996 et diffamation en 2022.

L'avocate de la plaignante, Roberta Kaplan, a écrit au juge pour lui faire part de ses craintes que le républicain transforme l'audience en "cirque" et "cherche à semer le chaos".

Visé par au moins six procès civils et pénaux, le riche homme d'affaires a transformé chacune de ses inculpations ou comparutions en tribune politique, multipliant les invectives virulentes contre les juges, les procureurs et le camp démocrate du président Joe Biden qu'il accuse de vouloir l'empêcher de gagner la présidentielle de novembre.

"Ce n'est pas moi qu'ils visent. C'est vous", clame-t-il en lettres capitales son site internet, à l'adresse de ses partisans.

Le procès de mardi commence par la sélection du jury civil et doit durer plusieurs jours.

C'est une sorte d'acte 2.

Le 9 mai 2023, 12 jurés du même tribunal civil fédéral de Manhattan avaient décidé à l'unanimité que Donald Trump s'était rendu responsable d'une "agression sexuelle" sur Jean Carroll, en 1996, dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais, et qu'il l'avait aussi diffamée en octobre 2022.

Les jurés avaient condamné Donald Trump, qui a fait appel et n'a jamais été poursuivi au pénal dans ce dossier, à cinq millions de dollars de dommages et intérêts.

- Viol -

Mais Mme Carroll avait aussi déposé plainte pour diffamation pour des déclarations antérieures de Donald Trump, en juin 2019, dans la foulée de ses premières accusations de viol contenues dans un livre.

Alors président des Etats-Unis, il avait affirmé que l'autrice, qui n'était "pas son genre", avait tout inventé pour "vendre un nouveau livre". La procédure avait été retardée par des batailles procédurales, mais un second procès a quand même été fixé.

Signe des tensions qui entourent les procès de Donald Trump, le juge Lewis Kaplan (qui n'a pas de lien avec l'avocate Roberta Kaplan) a imposé l'anonymat des jurés. Il a aussi prévenu "que la seule question en jeu au procès sera le préjudice causé à Mme Carroll par les propos" qu'il considère d'ores et déjà "diffamatoires", "faux", et "malveillants".

E. Jean Carroll réclame au moins dix millions de dollars de dommages et intérêts, pour son préjudice moral et professionnel.

En pleine campagne des primaires, le procès va à nouveau soulever la question du comportement vis-à-vis des femmes de Donald Trump, accusé plusieurs fois d'agressions sexuelles, mais jamais condamné au pénal.

 

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