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La Grèce condamnée pour des tirs sur un bateau de migrants

AFP, Mardi, 16 janvier 2024

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi 16 janvier la Grèce à verser 80.000 euros aux proches d'un migrant syrien, décédé après avoir été blessé par balle par les garde-côtes grecs en 2014.

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Photo d'archive montrant des migrants traversant la mer Égée. Phpoto:AFP

Dans un arrêt, sept juges de l'institution internationale ont estimé à l'unanimité que Athènes n'avait pas prouvé "que l'usage de la force était absolument nécessaire" pour arrêter une vedette approchant des côtes grecques le 22 septembre 2014 dans la zone maritime de Pserimos.

La vedette, pilotée par deux passeurs turcs, avait heurté à plusieurs reprises le bateau des garde-côtes, blessant légèrement un des militaires. Ces derniers avaient ensuite tiré 13 balles en direction du moteur de l'embarcation.

Sur les 12 migrants qui se trouvaient à bord, deux avaient été blessés, dont deux ressortissants syriens. L'un d'eux, Belal Tello, avait été touché à la tête et devait décéder fin 2015 en Suède.

"Le fait que les deux garde-côtes n'aient vu que le conducteur de la vedette ne les dispensait aucunement de l'obligation de vérifier si des passagers se trouvaient à son bord", relève la CEDH, qui estime que les garde-côtes pouvaient supposer que la vedette transportait des passagers depuis la Turquie vers la Grèce.

"Les 13 coups de feu tirés exposaient forcément les passagers de la vedette à un risque", soulignent les juges européens. L'opération "n'a pas été menée de manière à réduire au minimum le recours à la force meurtrière et les éventuels risques pour la vie", écrivent-ils.

Le parquet grec avait ouvert une enquête préliminaire sur cet incident, mais la justice avait classé l'affaire en 2015.

D'après la CEDH, l'enquête menée par les autorités nationales "comportait de nombreuses lacunes qui ont conduit notamment à la perte d'éléments de preuve".

La Grèce a déjà été condamnée pour des incidents impliquant des migrants.

En juillet 2022, la CEDH avait accordé 330.000 euros à 16 requérants dont le bateau avait chaviré en mer Egée en janvier 2014. 11 personnes, dont huit enfants, avaient trouvé la mort dans ce naufrage, provoqué par un navire des garde-côtes grecs qui aurait navigué à grande vitesse à proximité de l'embarcation.

La CEDH est chargée de faire respecter la Convention européenne des droits de l'homme parmi les 46 pays membres du Conseil de l'Europe.

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