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Blinken en Grèce après Istanbul et avant une nouvelle tournée au Proche-Orient

AFP, Samedi, 06 janvier 2024

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en route pour une nouvelle tournée au Proche-orient, a rencontré samedi en Crète le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis quelques heures après un long entretien à Istanbul avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Blinken

La rencontre entre les deux hommes se déroule à La Canée, l'une des principales villes de l'île grecque de Crète, dans la résidence privée du chef du gouvernement grec.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a assuré samedi que ce n'était qu'une question de temps avant que la Grèce ne rejoigne le programme d'avions de combat américains F-35 alors qu'Athènes attend leur fourniture depuis un certain temps.

"La modernisation des forces armées est une question importante", a souligné le chef de la diplomatie grecque sur la chaîne Skai.

A Istanbul, l'entretien entre MM Blinken et Erdogan, dans l'une des résidences présidentielles sur le Bosphore, a duré plus de 75 minutes, selon des sources diplomatiques américaines, après une première rencontre de M. Blinken avec son homologue turc Hakan Fidan.

Ce dernier, selon une source diplomatique, a plaidé pour "un cessez-le-feu immédiat" dans le territoire palestinien de Gaza.

M. Erdogan, qui dénonce le soutien des Etats-Unis à Israël et qualifie ce dernier d'Etat "terroriste", avait boudé la précédente visite à Ankara de M. Blinken en novembre.

Les échanges avec le président turc ont porté sur la situation à Gaza et sur l'entrée de la Suède dans l'Otan, selon un communiqué du Département d'Etat.

M. Blinken a insisté auprès de son hôte sur "la nécessité d'empêcher le conflit de s'étendre, d'accroître l'aide humanitaire, de réduire le nombre des victimes civiles, de travailler à une paix régionale durable et d'avancer vers l'établissement d'un Etat palestinien".

Par ailleurs, selon le bref communiqué, le responsable américain a appelé à "finaliser (le processus) d'adhésion de la Suède à l'Otan", à laquelle manquent toujours l'accord de la Turquie et de la Hongrie.

Après cette brève escale en Crète, M. Blinken doit se rendre en Jordanie puis en Israël, en Cisjordanie occupée et dans d'autres pays de la région pour tenter d'éviter un embrasement régional, trois mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

M. Blinken veut appeler ses interlocuteurs à user de leurs canaux de communication avec l'Iran pour faire entendre que les Etats-Unis ne cherchent pas l'escalade, mais qu'ils défendront leurs intérêts quand ils sont attaqués, selon un responsable américain s'exprimant sous couvert d'anonymat.

En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires américaines ont augmenté ces dernières semaines et les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, multiplient les attaques en mer Rouge contre les navires commerciaux, afin d'entraver le trafic maritime international en "soutien" aux Palestiniens.

- Dix millions de dollars -

M. Erdogan est l'un des plus virulents critiques d'Israël, qui a juré de "détruire" le Hamas.

Les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza ont fait 22.600 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

S'agissant de l'adhésion de la Suède à l'Otan, l'autre raison de l'étape turque d'Antony Blinken, la commission des Affaires étrangères du Parlement turc a fait un premier pas fin décembre. Mais le Parlement doit encore approuver le protocole à la majorité pour que soit mis fin à vingt mois de suspense.

Ankara reproche à Stockholm une mansuétude présumée envers des militants kurdes réfugiés sur son sol et use de son pouvoir de blocage pour obtenir la livraison de 40 avions de combat américains F-16 et des kits de modernisation pour ceux qu'elle possède déjà.

Le gouvernement américain n'est pas hostile à la vente des F-16 mais le Congrès s'y est opposé jusqu'ici, selon une source au département d'Etat, en la conditionnant à l'entrée de la Suède dans l'Otan.

En raison des tensions récurrentes entre la Turquie et la Grèce - également membre de l'Otan -, Athènes s'inquiète de ces livraisons, même si les relations entre ces deux voisins se sont réchauffées récemment.

D'où la brève escale de M. Blinken samedi soir en Crète pour rassurer les alliés.

*Article modifié par Ahraminfo.

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