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Russie : la présidentielle fixée au 17 mars dans l'attente de la candidature de Poutine

AFP, Jeudi, 07 décembre 2023

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Le président Russe Vladimir Poutine. Photo: AP

La Russie a officialisé jeudi la date du 17 mars 2024 pour sa prochaine présidentielle, un scrutin pour lequel la candidature et la victoire de Vladimir Poutine, maître incontesté de la Russie depuis près d'un quart de siècle ne font guère de doute.

A 71 ans, le dirigeant russe, qui a méthodiquement éliminé toute opposition en Russie, a le droit, grâce à une réforme constitutionnelle en 2020, de se présenter en 2024 puis en 2030.

Les sénateurs du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, ont décidé à l'unanimité de "fixer l'élection présidentielle au 17 mars 2024", peu après le deuxième anniversaire du lancement de l'offensive en Ukraine.

"Cette décision donne pratiquement le coup d'envoi à la campagne présidentielle", s'est félicitée la présidente du Conseil de la Fédération, Valentina Matvienko.

"La tâche la plus importante aujourd'hui est d'assurer un soutien maximal à notre dirigeant Vladimir Poutine" lors du scrutin, a clamé Andreï Tourtchak, secrétaire du Conseil général du parti présidentiel Russie Unie.

Il a ajouté que la présidentielle devait démontrer que la Russie "a confiance en sa force et en sa victoire", ne laissant planer aucun doute quant à la candidature du maître du Kremlin.

Alors que la Russie a revendiqué en septembre 2022 l'annexion de quatre nouvelles régions ukrainiennes qu'elle occupe partiellement (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia), la présidentielle doit aussi être le "point culminant de la réunification", a estimé Mme Matvienko.

Le scrutin se tiendra aussi à la veille du dixième anniversaire de l'annexion par la Russie en 2014 d'un premier territoire ukrainien, la péninsule de Crimée.

Confiance retrouvée 

Après une année 2022 marquée par des revers sur le front et une volée de sanctions occidentales, Vladimir Poutine apparaît fin 2023 en meilleure posture avec l'échec de la contre-offensive lancée cet été par l'Ukraine, l'effritement du soutien européen et américain à Kiev et le redressement de l'économie nationale.

La quasi totalité des opposants d'envergure, à l'exemple du militant anticorruption Alexeï Navalny, ont été jetés en prison ou poussés à l'exil et toute critique de l'assaut contre l'Ukraine est sévèrement réprimée. L'un d'eux, l'ex-vice-Premier ministre Boris Nemtsov, a été assassiné en 2015 à Moscou.

S'exprimant jeudi lors d'un forum consacré aux investissements à Moscou, Vladimir Poutine s'est dit "convaincu que personne ne peut nous arrêter ou ralentir notre développement".

Mme Matvienko s'est elle félicitée d'une "consolidation comme jamais" de la société russe autour du pouvoir, malgré des "tentatives de l'ennemi d'affaiblir la Russie".

Depuis une réforme constitutionnelle controversée adoptée en pleine pandémie en 2020, Vladimir Poutine, arrivé au pouvoir en 2000, a la possibilité de se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036.

Le seul choix

S'il n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle, il n'y a guère de doute quant à sa volonté de rester au Kremlin pour six ans de plus. Le président russe avait affirmé en septembre repousser à "la fin de l'année" sa décision à ce sujet.

Son porte-parole, Dmitri Peskov, avait indiqué mi-novembre que "le moment de l'annonce approche" et insisté que M. Poutine n'avait aucun concurrent crédible.

Le président russe sera dès lors très attendu lors de sa grande conférence de presse du 14 décembre, doublée d'une session de questions-réponses avec la population.

"Notre peuple fera le seul bon choix possible (...) en votant pour la Russie, pour la victoire", a d'ores et déjà estimé Valentina Matvienko.

La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, présente au vote du Conseil de la Fédération jeudi, a pour sa part déclaré que la présidentielle se déroulerait dans une "ambiance toxique" du fait de la "russophobie" de l'Occident et de sanctions "absurdes".

Le travail des médias lors de ce scrutin sera compliqué par un durcissement des conditions de couverture décidé par les autorités en novembre. Les journalistes indépendants, les blogueurs et les employés de médias russes travaillant depuis l'étranger ne devraient par exemple pas avoir accès au vote ou aux dépouillements.

L'élection se déroulera également dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie, où la loi martiale est actuellement en vigueur.

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