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Guerre en Ukraine : La Russie marque un point

Abir Taleb , (avec Agences) , Mercredi, 25 mai 2022

Alors que Moscou poursuit son avancée dans l’est de l’Ukraine, notamment à Lougansk et Marioupol, le président ukrainien a reconnu que l’issue de la guerre ne sera assurée que via la diplomatie.

Guerre en Ukraine : La Russie marque un point
Moscou dit avoir pris le contrôle total de Marioupol après la reddition des derniers soldats ukrainiens retranchés dans l’usine d’Azovstal. (Photo :AP)

Après la chute de Marioupol et la reddition de la dernière poche de résistance ukrainienne dans l’usine d’Azovstal cette semaine, la Russie concentre à présent ses efforts militaires dans l’est et le sud de l’Ukraine. Dans le Donbass, partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a assuré que la « conquête » de la région de Lougansk était « presque achevée ». « Les unités des forces armées russes, avec les divisions de la milice populaire des Républiques populaires de Lougansk et Donetsk, continuent d’accroître le contrôle sur les territoires du Donbass. La libération de la République populaire de Lougansk est presque achevée », a-t-il déclaré vendredi 20 mai, cité par les agences russes. L’armée ukrainienne l’a confirmé: « L’ennemi ne cesse de mener des opérations offensives dans la zone opérationnelle orientale afin d’établir un contrôle total du territoire des régions de Donetsk et de Lougansk ». Et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a reconnu que la situation dans le Donbass était « extrêmement difficile ». Il a cependant affirmé que son armée « repousse cette offensive ».

La fin de la guerre approche-t-elle? La Russie est-elle en passe de gagner? Certains analystes assurent que non, puisque l’armée russe a échoué pour le moment à prendre la capitale Kiev et Kharkiv, la deuxième ville du pays. Mais il s’agit tout de même d’une victoire tactique russe qui pourrait coûter cher aux Ukrainiens.

Pour faire face à cette avancée russe sur le terrain, les Etats-Unis continuent d’armer l’Ukraine. Cette fois-ci, le montant est colossal: le Congrès américain a validé, jeudi 19 mai, une aide de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine. Au sein de cette enveloppe 6 milliards de dollars doivent permettre à l’Ukraine de s’équiper de véhicules blindés et de renforcer sa défense antiaérienne. Près de 9 milliards de dollars sont prévus pour assurer, entre autres, « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes » et 5 milliards doivent servir à la lutte contre l’insécurité alimentaire mondiale.

Après s’être cantonné dans des armes vues comme défensives, Washington envoie désormais artillerie, hélicoptères et drones à l’armée ukrainienne, dont des soldats sont formés au maniement de ces armes aux Etats-Unis ou dans des pays tiers, avant de retourner au front. Quelque 9 milliards de dollars des fonds que le Congrès a approuvés doivent aussi permettre aux Américains de regarnir leurs propres stocks d’armement.

Pourparlers à l’arrêt

Une contribution saluée par Volodymyr Zelensky. Pour autant, ce dernier a reconnu, pour la première fois depuis le début du conflit qui est entré cette semaine dans son quatrième mois, que l’issue de la guerre ne peut prendre fin que par des biais « diplomatiques ». « La fin (du conflit) sera diplomatique », a-t-il déclaré samedi 21 mai lors d’un entretien à la chaîne télévisée ukrainienne ICTV. La guerre « sera sanglante, ce sera des combats, mais elle prendra fin définitivement via la diplomatie. Les discussions entre l’Ukraine et la Russie auront résolument lieu. Je ne sais pas sous quel format: avec des intermédiaires, sans eux, dans un cercle élargi, au niveau présidentiel », a-t-il estimé.

Or, les pourparlers sont actuellement suspendus. Et les premières tentatives de dialogue étaient bien difficiles, tant les positions sont éloignées. Zelensky reconnaît qu’il y a « des choses que nous ne pourrons atteindre qu’à la table des négociations », mais, a-t-il ajouté, « nous voulons que tout revienne (comme avant le début de l’offensive russe le 24 février), ce que la Russie ne veut pas ».

Déjà, le 17 mai, un conseiller du président ukrainien, Mykhaïlo Podoliak, avait indiqué que les pourparlers entre Moscou et Kiev étaient « en pause », estimant que Moscou ne faisait preuve d’aucune « compréhension » de la situation. Le lendemain, le Kremlin avait accusé l’Ukraine d’« absence totale de volonté » de négocier avec la Russie.

Plusieurs rencontres entre les négociateurs des deux camps ont eu lieu mais n’ont donné aucun résultat concret. La dernière rencontre entre les chefs des délégations — Vladimir Medinski côté russe et David Arakhamia pour l’Ukraine — remonte au 22 avril dernier, selon les agences de presse russes. Alors que dans un premier temps, la Turquie était à la manoeuvre— elle a accueilli plusieurs rencontres —, l’Italie a proposé à l’Onu la constitution d’un « groupe international de facilitation » pour tenter de parvenir « pas à pas » à un cessez-le-feu en Ukraine, a annoncé vendredi 20 mai le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio. « L’objectif est de travailler pas à pas (...) en partant par exemple des trêves localisées, de l’évacuation des civils, de la possibilité d’ouvrir des couloirs humanitaires sécurisés et ensuite évidemment de monter en puissance pour arriver à un cessez-le-feu général, puis une paix durable avec un véritable accord de paix », estime le chef de la diplomatie italienne. Encore faut-il que les parties concernées l’acceptent.

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