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Poutine joue l’apaisement

Abir Taleb avec agences, Lundi, 11 mai 2015

Les commémorations de la victoire des Alliés, lors de la Seconde Guerre mondiale, ont laissé transparaître les tensions lalentes entre Moscou et l'Occident.

L’ombre de la crise ukrainienne et de la lutte de pouvoir, entre l’Occident et la Russie qu’elle incarne, n’a pas manqué de marquer le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire des Alliés sur le régime nazi. Moscou a choisi de célébrer cet anniversaire en grande pompe : chefs d’Etat étrangers invités, feux d’artifice et parade militaire au menu. Mais l’événement a été boudé par les dirigeants occidentaux, qui reprochent au président russe, Vladimir Poutine, son soutien aux séparatistes procures en Ukraine.

Ces festivités tranchent avec l’unité affichée le 6 juin 2014, lors du 70e anniversaire du Débarquement allié en Normandie, pourtant en pleine crise ukrainienne. Elles interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques fortes entre Russes et Occidentaux. Les rares responsables européens présents, samedi, dans la capitale russe, tchèque et slovaque, n’ont pas assisté à la parade, tout comme le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. Et la chancelière allemande, Angela Merkel, n’est arrivée à Moscou qu’au lendemain des commémorations pour des entretiens avec Vladimir Poutine.

Ce dernier a certes joué l’apaisement à l’égard des Occidentaux en louant leur apport dans la victoire contre l’Allemagne nazie, mais il n’a pas manqué cette occasion pour montrer que la Russie reste une grande puissance : la Russie a, en effet, fait étalage de sa puissance militaire lors de la plus grande parade organisée sur la place Rouge, depuis la chute de l’URSS. Devant M. Poutine et ses invités, s’est déroulée une parade qui a fait la part belle aux nouveaux armements russes : le char Armata T-14, présenté comme le plus puissant du monde par son constructeur et des missiles balistiques intercontinentaux de près de 50 tonnes.

En même temps, M. Poutine s’est montré plutôt apaisant, faisant un geste en direction des Occidentaux et se gardant d’évoquer la menace « fasciste » ukrainienne comme l’a fait régulièrement le Kremlin ces derniers mois. « Nous sommes prêts à rétablir entièrement nos liens avec l’Union européenne, qui a adopté une série de sanctions contre Moscou », a-t-il déclaré, lors d’une rencontre avec son homologue tchèque, Milos Zeman. En attendant de voir la réaction occidentale .

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