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Topply M. Lubaya : L’exploitation minière est un secteur qui peut faire la différence pour l’Afrique

May Atta , Mercredi, 29 mai 2024

S.E. le Major Général Topply M. Lubaya, ambassadeur de la République de Zambie en Egypte, livre ses réflexions sur le continent à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du Sommet du Caire de 1964 marquant la fondation de l’OUA.

Topply M. Lubaya
(Photo : Tamer Abdin)

Il y a beaucoup de choses à dire sur l’Afrique, un continent d’environ 1,3 milliard de personnes, qui compte plus de 3 000 langues. Il a un vaste potentiel grâce à sa riche dotation en ressources naturelles. Les terres arables fertiles permettent l’autosuffisance alimentaire. L’Afrique possède également une richesse minérale, malheureusement exportée principalement sous forme brute. Cependant, avec le leadership actuel à travers le continent qui se concentre sur l’ajout de valeur, l’Afrique est prête pour un développement économique important grâce à la transformation de ses propres ressources. Certainement, l’Afrique est confrontée à des défis. Il s’agit notamment du faible niveau d’éducation de sa population, des problèmes liés au changement climatique et de l’instabilité qui règne dans certains pays. Comme le souligne l’Union africaine, « les problèmes africains doivent être réglés par les Africains eux-mêmes ». Une fois ces défis relevés, l’Afrique est appelée à jouer un rôle important sur le plan mondial, notamment en ce qui concerne son développement économique. Le changement climatique pose actuellement une autre série de problèmes. Certaines parties du continent ont été touchées par des inondations qui nuisent aux citoyens, tandis que d’autres ont souffert de la sécheresse. Ces défis combinés incitent les dirigeants de nombreux pays à élaborer des stratégies pour une Afrique plus résiliente, capable de s’imposer comme un continent puissant sur la scène mondiale.

Vers un marché unique

En 2018, nous nous sommes rendu compte que le continent était suffisamment mûr pour avoir un marché plus large entre les pays africains. A l’instar d’autres régions, l’Afrique cherche maintenant à créer un marché unique et important où les Etats africains pourront commercer librement entre nous. C’est pourquoi la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) a été créée, et la plupart des pays l’ont déjà rejointe. Ils ont établi une période de 13 à 15 ans pour supprimer les droits de douane qui entravent le libre-échange en Afrique. Une fois cela atteint, les Etats africains seront bien placés pour commercer et traiter entre eux, favorisant le développement d’industries manufacturières fortes. Les Africains eux-mêmes pourront commercer librement et sans restriction.

En termes de secteurs les plus prometteurs pour l’avenir de l’Afrique, nous devrions avant tout nous intéresser à l’éducation. Une fois qu’un grand nombre de pays auront leurs ressortissants diplômés au moins d’une licence, ils seront en mesure de comprendre les politiques et d’en élaborer des stratégies qui aideront à développer le continent. Il est également important de proposer des centres de formation et de développement des compétences. Ainsi, ceux qui ne peuvent pas atteindre le niveau supérieur pourront créer leurs propres petites et moyennes entreprises pour produire et subvenir à leurs besoins. Le principal problème dont nous discutons est l’amélioration de l’agriculture. L’agriculture en Afrique est un secteur disposant de bonnes terres arables et de pluies abondantes. L’Afrique peut se nourrir elle-même. Ce que nous cherchons maintenant, c’est de disposer de technologies appropriées et de transférer ces bonnes pratiques entre les pays africains, pour garantir une production alimentaire suffisante. La sécurité alimentaire sera assurée et tout excédent sera exporté, soit entre les pays africains eux-mêmes, soit hors du continent. Comme dans la situation actuelle où le continent dépend la plupart du temps de l’importation de nourriture de l’extérieur du continent, alors qu’il dispose de très bonnes terres et d’autres ressources.

L’exploitation minière : Un pilier du développement

L’exploitation minière en Afrique est un autre secteur qui possède en effet de nombreux gisements, mais ces ressources sont souvent vendues sous leur forme brute. Une fois que nous commencerons à ajouter de la valeur et à produire les composants et les matériaux nécessaires, cela nous permettra d’obtenir des devises étrangères indispensables pour pouvoir effectuer de nombreuses activités de fabrication en Afrique. Nous parlons de nombreux minéraux en Afrique, tels que le cuivre, les diamants, le cobalt et bien d’autres. Même les matériaux nécessaires à la fabrication des batteries pour les véhicules électriques, par exemple, se trouvent en Afrique. L’exploitation minière est donc un autre secteur qui peut faire la différence pour l’Afrique. Le tourisme est une source énorme de devises. Lorsque vous regardez chaque pays d’Afrique, la diversité culturelle à elle seule est une attraction touristique. L’histoire de chaque pays est également une attraction touristique. Lorsque nous parlons de safaris en Afrique, la plupart des pays ont les « cinq grands ». On trouve toutes sortes d’animaux et même des espèces en danger, dans certains pays africains, attirant des touristes qui ne peuvent trouver ces animaux ailleurs en dehors du continent. Le tourisme est donc un domaine qui peut prospérer et rapporter des devises étrangères indispensables.

L’unité : Un facteur-clé

Lorsque je parle de mon pays, la Zambie, je peux remonter jusqu’à la période historique précédant notre indépendance. La Zambie est un pays enclavé situé au centre de l’Afrique australe, entouré de huit pays voisins. Nous n’avons pas d’accès direct à la mer. Avec 73 groupes ethniques, l’unité est un facteur-clé pour la Zambie. Notre père fondateur l’a assuré à travers notre devise « Une Zambie, une Nation ». Tous les Zambiens sont fiers de cette unité et, depuis lors, nous sommes connus comme une nation pacifique, un phare de paix sur le continent. Nous nous sommes même intervenus et ont aidé d’autres pays à obtenir leur indépendance. Avec notre président fondateur, Kenneth Kaunda, nous avons aidé les Etats voisins qui n’étaient pas encore indépendants au moment où nous avons obtenu la nôtre en 1964. C’est une leçon qui peut toujours s’appliquer aujourd’hui.

Des relations distinguées

L’Egypte et la Zambie entretiennent des relations bilatérales. Ces relations remontent à l’époque précédant l’indépendance de la Zambie en 1964. Avant cela, le père fondateur de la Zambie, Kenneth Kaunda, entretenait de bonnes relations avec le président Gamal Abdel-Nasser, qui soutenait les mouvements de libération. Le président Kenneth Kaunda est également venu visiter et vivre quelque temps en Egypte pour acquérir de l’expérience et obtenir un soutien pour aider l’Afrique australe. L’Egypte a été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance de la Zambie. En février 1965, les deux pays ont ouvert des ambassades à part entière. Depuis ce temps leurs relations bilatérales ne cessent de se renforcer. Ils appartiennent à plusieurs groupements africains, comme le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). Mais il reste encore beaucoup à faire pour multiplier les échanges commerciaux et des connaissances.

 

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