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Education, santé, logement : Les trois priorités sociales

Nasma Réda, Mardi, 02 avril 2024

Le président Abdel Fattah Al-Sissi a officiellement entamé son nouveau mandat le 2 avril. Des tensions régionales aux défis de la relance économique, en passant par la question de l’eau et celle de la dimension sociale, les enjeux de ce mandat sont multiples. Objectif : achever le travail accompli au cours des dernières années. Décryptage.

Sissi

L’amélioration de la qualité de vie des citoyens a toujours été l’un des plus grands soucis du président Abdel Fattah Al-Sissi, depuis son accession au pouvoir en 2014. C’est dans ce cadre que l’Etat, qui a déployé d’énormes efforts pour assurer une vie décente aux citoyens via diverses initiatives et stratégies et via le développement des secteurs vitaux, a lancé des démarches au cours des dix dernières années qui vont se poursuivre dans les années à venir.

Afin de mettre en œuvre les objectifs de la Vision de l’Etat 2030, l’Egypte a décidé cette semaine, soit à quelques jours du début du nouveau mandat du président Sissi, d’élever de 30 % la part consacrée aux secteurs de la santé et de l’éducation dans le budget 2024-2025, afin d’améliorer la qualité et le niveau de vie des citoyens. Le budget 2023-2024 avait consacré 305,2 milliards de L.E. à l’enseignement universitaire et pré-universitaire et à la recherche scientifique, et 111,2 milliards de L.E. au secteur de la santé. L’agenda national cherche à réaliser l’équité et l’intégration sociale de tous les citoyens en mettant l’accent sur la consolidation des principes de justice et le renforcement des capacités créatives des personnes et la promotion de leurs connaissances, ainsi que l’encouragement de l’innovation et de la recherche scientifique.

En effet, le gouvernement adopte depuis 2014 un plan stratégique pour le développement de l’éducation et de l’enseignement universitaire, ainsi que pour la transformation numérique et les recherches scientifiques. « De nombreux efforts sont déployés pour lutter contre la fuite scolaire et l’illettrisme, ainsi que pour inciter à l’éducation des filles, notamment en Haute-Egypte, mais les lacunes restent encore », se lamente Sami Hachem, chef de la commission d’éducation au Parlement, lors des séances du Dialogue national.

A noter que l’Egypte a dépensé près de 118 milliards de L.E. durant l’exercice 2022-2023 sur les projets concernant l’éducation, dont 1,8 milliard dépensés pour embaucher 30 000 enseignants et 39 milliards pour créer 12 000 classes supplémentaires. « Le gouvernement s’est intéressé à l’amélioration des programmes éducatifs dans les écoles primaires et à l’équipage technologique des établissements », retrace le ministre de l’Education. Un grand intérêt a été également accordé par l'Etat à l’enseignement technique en collaborant avec le secteur privé pour fonder des établissements adéquats spécialisés conformément aux exigences du marché du travail. Le système éducatif égyptien offre également la possibilité aux personnes souffrant d’un handicap de s’inscrire dans les écoles publiques. Cependant, les services éducatifs fournis à ces groupes sont encore limités en termes de répartition géographique. Un défi sur lequel travaillera l’Etat dans la période à venir, comme recommandé par le président de la République. De même, la « Stratégie de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique 2030 », lancée il y a dix ans, se poursuit. Elle a abouti à l’augmentation du nombre d’universités avec une diversification continue des programmes et des parcours éducatifs pour inclure la plupart des zones géographiques.

Pour ce qui est de la santé, plusieurs démarches ont été adoptées au cours des dernières années : la campagne « 100 millions de citoyens en bonne santé », la détection des maladies chroniques, la campagne nationale pour éradiquer l’hépatite C, etc. Des démarches qui entrent dans le cadre des objectifs stratégiques de l’Egypte dans le secteur de la santé, avec notamment la mise en place d’une couverture médicale globale et l’amélioration des services du secteur de la santé.

De 2019 à 2023, la première phase du système d’assurance médicale globale a été lancée par le gouvernement, seuls six gouvernorats des 27 l’ont appliqué avec 5 millions de personnes abonnées. « Vu la crise du Covid-19 et la crise économique mondiale, il y a eu un retard dans la mise en œuvre de la première phase de ce système. Notant alors que la deuxième phase commencera en juillet prochain et couvrira plus de citoyens », affirme Achraf Hatem, président de la commission de la santé au Parlement, soulignant que les gouvernorats concernés par la deuxième phase n’ont toujours pas été déterminés, mais qu’il s’agira probablement de ceux à plus forte densité.

Autre volet prioritaire : le logement. Selon la Constitution égyptienne de 2014, les citoyens ont le droit à un logement décent, sûr et sain, afin de préserver la dignité humaine et de réaliser la justice sociale. Pour réaliser cet objectif, un ambitieux programme de logements sociaux a été lancé, à travers lequel près d’un million d’appartements seront construits et destinés aux personnes à faible et moyen revenu. « Le président Sissi a réussi à éliminer, durant son premier mandat, les bidonvilles les plus dangereux et à créer des logements alternatifs. Il s'agit de l’une des réalisations les plus importantes accomplies durant les dix dernières années. Ce plan ambitieux se poursuit pour assurer une vie décente à tous les Egyptiens », indique Tariq Choukri, secrétaire de la commission de logement au Parlement. Près de 42 milliards de L.E. ont été dépensés pour fonder environ 700 logements sociaux jusqu’à 2023. Les efforts se poursuivent.

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