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Ces conflits qui ravagent notre monde

Aliaa Al-Korachi , Mercredi, 03 janvier 2024

De Gaza à l’Ukraine en passant par le Yémen et la région du Sahel en Afrique, le bruit des armes ne cesse de retentir, remodelant le paysage géopolitique et économique mondial. Décryptage.

Ces conflits qui ravagent notre monde

Vers où se dirige le monde ? Alors que la nouvelle année 2024 vient de commencer, les conflits armés majeurs qui ont marqué l’année écoulée s’intensifient d’une manière dramatique. Selon le dernier rapport de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), publié la semaine dernière, le monde est de plus en plus dominé par « des conflits insolubles ». Environ 183 conflits régionaux et locaux ont été recensés dans le monde en 2023, soit le nombre le plus élevé depuis 30 ans. Par ailleurs, les conflits gagnent en intensité d’année en année. On note aussi une augmentation du nombre de morts (+14 %) et de la violence (+28 %.) Selon Abou Bakr El-Dessouki, conseiller éditorial du magazine Al-Siyassa Al- Dawliya (politique internationale) et expert en relations internationales, les conflits armés s’intensifient dans les quatre coins de la planète, alors que l’ordre mondial est en pleine reconfiguration. « Les conflits restent l’élément dominant sur la scène internationale. Le plus dangereux est que les conflits internes prennent des proportions plus grandes et se transforment en conflits mondiaux », explique El- Dessouki. En dépit de leur diversité, les guerres qui sévissent dans différentes parties du monde se caractérisent par leur longue durée et leur haut niveau de violence. Comment se présente la carte des conflits dans le monde ? Pourquoi le nombre des pays impliqués dans des conflits armés est-il en augmentation ? Et pourquoi les crises dans la région arabe restent-elles toujours sans solution ?

Cartographie des conflits mondiaux

De la Palestine à l’Ukraine en passant par le Soudan jusqu’à la région du Sahel en Afrique, le bruit des armes retentit sans cesse bouleversant le paysage géopolitique, économique et commercial mondial. D’autres conflits, d’une grande ampleur, se déroulent loin de l’attention de la communauté internationale malgré un nombre élevé de morts et de vastes destructions, notamment au Burkina Faso, au Burundi, au Mali, au Cameroun, au Cachemire et au Myanmar. La bande de Gaza est considérée aujourd’hui comme l’endroit le plus dangereux au monde pour les civils. Selon l’ONU, 2023 a été « l’année la plus meurtrière jamais enregistrée » pour les Palestiniens. « Plus le conflit à Gaza se prolonge, plus le risque d’une conflagration régionale grandit, étant donné le risque d’escalade et d’erreurs de calcul de la part des différents protagonistes », a déclaré Antonios Guterres, secrétaire général de l’ONU. Quant au Soudan, il est en tête de liste des pays où la situation humanitaire risque de se détériorer considérablement en 2024, selon l’International Rescue Committee (IRC). Le conflit au Soudan qui fait rage depuis avril 2023 s’est transformé en une « guerre urbaine à grande échelle » et représente aujourd’hui un risque sérieux de débordement dans la région, avec 25 millions de personnes ayant un besoin humanitaire urgent et 6 millions de déplacés, selon l’IRC. « En parallèle, la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année sans qu’un règlement pacifique se profile à l’horizon et ce, au moment où les tensions entre la Russie et les Etats-Unis prennent de plus en plus d’ampleur », souligne El- Dessouki. D’autre part, la grande majorité des conflits potentiels se trouvent sur le continent africain. L’Afrique subsaharienne est le lieu le plus touché par les conflits au monde. Les guerres sont concentrées dans quatre régions adjacentes, à savoir le Sahel, le bassin du lac Tchad, la région des Grands Lacs et l’Afrique de l’Est. La violence djihadiste a nettement augmenté en 2023, notamment en Somalie et au Sahel. En Asie, la violence a considérablement diminué dans deux des trois conflits les plus importants, le Cachemire et l’Afghanistan, alors que le conflit au Myanmar se poursuit entraînant le déplacement de près de 2 millions de personnes. Par ailleurs, dans son rapport annuel visant à informer les voyageurs et les entreprises des menaces potentielles dans différents pays du monde, l’International SOS a classé le Soudan du Sud, l’Afghanistan, la Syrie, la Libye et la Somalie parmi les pays les plus dangereux en 2024. Selon ce rapport, les pays les plus menacés par une détérioration de la sécurité en 2024 comptent 10 % de la population mondiale, abritent environ 70 % des personnes déplacées et représentent environ 86 % des besoins humanitaires mondiaux.

Une nouvelle ère de conflits ?

« Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère de conflits … Les conflits sont devenus plus complexes, plus meurtriers et plus difficiles à résoudre. L’année dernière, le nombre de décès liés aux conflits a atteint son plus haut niveau depuis près de 30 ans. Les inquiétudes quant à la possibilité d’une guerre nucléaire refont surface. De nouvelles armes donnent à l’humanité les moyens de s’anéantir », a déclaré Antonios Guterres.

Selon l’IISS, de nombreux facteurs peuvent expliquer l’augmentation des conflits. « Il y a trop de compétition géopolitique et moins de volonté de résoudre ces conflits meurtriers. Certains conflits sont difficiles à régler en raison de la convergence de certains facteurs : la multiplicité des acteurs impliqués, la complexité de la concurrence géopolitique mondiale et le rythme accéléré du changement climatique », conclut le rapport de l’IISS qui dresse un tableau sombre de 2023, notamment avec le recours à la violence comme solution aux problèmes géopolitiques complexes.

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