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Cataclysme dans les hôpitaux de Gaza

Maha Salem , Jeudi, 16 novembre 2023

Les hôpitaux du nord de Gaza ne sont plus opérationnels depuis zle dimanche 12 octobre. L’OMS tire la sonnette d’alarme.

Cataclysme dans les hôpitaux de Gaza
(Photo : AFP)

 « Le monde ne peut pas rester silencieux alors que les hôpitaux, qui devraient être des refuges sûrs, se transforment en scènes de mort, de dévastation et de désespoir ». Dans un message sur X, le dimanche 12 novembre, le patron de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation à l’hôpital Al-Shifa de « grave et dangereuse » après « 3 jours sans électricité et sans eau ». Le lendemain, le Hamas a annoncé que les hôpitaux du nord de Gaza sont désormais « hors service ». Le vice-ministre de la Santé du gouvernement du Hamas, Youssef Abou-Rich, a déclaré lundi à l’AFP que « 6 bébés prématurés » et « 9 patients en soins intensifs » étaient morts en raison du manque d’électricité à l’hôpital Al-Shifa, un immense complexe situé au coeur de la ville de Gaza. Plusieurs centaines de malades se trouvent toujours à l’hôpital Al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza, qui abrite aussi des milliers de civils venus y chercher refuge. La situation y est « grave et dangereuse » après « 3 jours sans électricité, sans eau », selon le patron de l’OMS. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu (OCHA) avait indiqué que 20 des 36 hôpitaux de la bande de Gaza ne fonctionnaient plus ces derniers jours.

Outre Al-Shifa, la situation reste compliquée dans d’autres hôpitaux, selon Mohammed Zaqout, directeur des hôpitaux de Gaza. Des malades « sont dans les rues sans soins », a-t-il dit, après les « évacuations forcées » de deux hôpitaux pédiatriques, Al-Nasr et Al-Rantissi. Un autre hôpital de la ville de Gaza, Al-Quds, a cessé de fonctionner dimanche en raison du manque de carburant et d’électricité, selon le Croissant-Rouge palestinien.

« Nous redoutons de voir ce bilan encore grimper », a-t-il ajouté. Youssef Abou-Rich a soutenu que l’Etat hébreu avait « entièrement détruit le service de cardiologie de l’hôpital. Il y a eu une nouvelle frappe sur le service de chirurgie et sur celui de chirurgie ambulatoire ». « Les chars israéliens assiègent complètement l’hôpital Al-Shifa », a-t-il déclaré à AFP, décrivant « une situation catastrophique » où « personne ne peut ni entrer ni sortir » de cet établissement hospitalier.

Actuellement, les combats se concentrent au coeur de la ville de Gaza, où se trouve, selon Israël, le « centre » de l’infrastructure du Hamas, retranché dans un réseau de tunnels. Pour se défendre, les autorités israéliennes disent que les hôpitaux sont aussi suspectés de servir de couverture aux opérations militaires du Hamas. Informations démenties par le Hamas à plusieurs reprises.

Les deux plus grands hôpitaux de Gaza, Al-Shifa et Al-Quds, ont déclaré dimanche qu’ils avaient suspendu leurs opérations en raison des bombardements israéliens et des pénuries de médicaments et de carburant. Plus de la moitié des 35 hôpitaux de Gaza ne sont plus opérationnels en raison des bombardements et des opérations terrestres israéliennes dans l’enclave depuis près de 6 semaines.

« Ce qui se passe dans les hôpitaux reflète le double standard de la communauté internationale. L’Occident parle toujours des droits de l’homme et des libertés, mais ne condamne pas les massacres en cours en Palestine. Israël vise les hôpitaux, les écoles et les centres d’aides dépendant des Nations-Unies et personne n’intervient car on ne veut pas une extension de la guerre. Ce qui se passe est un génocide », estime Dr Ahmed Youssef, directeur du Centre des études arabes et africaines, en ajoutant que l’Etat hébreu vise les hôpitaux et les écoles pour pousser les Palestiniens à quitter leur terre.

Dans le sud également, où les Gazaouis sont appelés à se rendre, les civils manquent de tout. Selon le Croissant-Rouge palestinien, quelque 400 camions, transportant de la nourriture, de l’eau, des médicaments ou des fournitures médicales, sont entrés par Rafah depuis le 21 octobre. Alors que les ONG et l’Onu tirent chaque jour la sonnette d’alarme sur la situation dans la bande de Gaza, une conférence humanitaire internationale pour Gaza s’est tenue jeudi 9 novembre à Paris, visant à coordonner l’aide destinée à Gaza. Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé une enveloppe supplémentaire de 80 millions d’euros pour la population civile de Gaza, alors que l’Onu a évalué à 1,1 milliard de dollars les besoins immédiats des civils palestiniens. Au cours de cette conférence, le secrétaire général adjoint des Nations-Unies aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, Martin Griffiths, a mis en garde : « C’est un incendie qui pourrait consumer totalement toute la région ».

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