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Le pont du 6 Octobre

Chérine Abdel-Azim, Jeudi, 05 octobre 2023

La date de la traversée du Canal de Suez par les forces armées égyptiennes reste vive dans la mémoire de l’Egypte moderne. Différents établissements et bâtiments ont pour dénomination cette date mémorable. Retour sur trois d’entre eux.

Le pont du 6 Octobre

Il fait chaud, il est 7h du matin, et déjà des embouteillages au Caire. Les employés se dirigent vers leurs lieux de travail, les élèves se rendent à leurs établissements scolaires. Dans ce tohu-bohu matinal, le pont du 6 Octobre est la « bouée de sauvetage » qui relie les gouvernorats du Caire et de Guiza. Le pont est emprunté quotidiennement par 450 000 voitures en moyenne. D’une longueur de 18 km, ce pont est considéré comme l’un des plus longs du Moyen-Orient et d’Afrique. C’est un véritable témoin de l’histoire qui a traversé plusieurs époques et lieux : des quartiers chics de Zamalek et de Mohandessine aux quartiers populaires du centre du Caire, en passant par les ministères et les établissements gouvernementaux, le tout en surplombant le Nil.

Son histoire remonte à 1969. L’ancien président Gamal Abdel-Nasser pose la première pierre de l’édifice et le nomme pont « Ramsès ». Nasser meurt un an après. Après la victoire d’Octobre 1973, le président Sadate décide de le nommer pont du 6 Octobre. La construction du pont que beaucoup d’Egyptiens appellent « October » est passée par plusieurs étapes, la première ayant été achevée de mai 1969 à août 1999. Les travaux y ont été interrompus pendant presque 10 ans à cause de la crise économique qu’a connue l’Egypte. En mars 1979, la première voiture est passée sur le pont. La vitesse maximale autorisée était de 60 km/h. Le pont avait une largeur variant entre 14 et 34 m et comprenait 23 entrées et sorties. Il commençait au Musée agricole au quartier de Doqqi et se prolongeait jusqu’à la rue Al-Nasr à Madinet Nasr. Construit par la compagnie Al-Moqaouloun Al-Arab, il a coûté 500 millions de L.E. Deux nouveaux tronçons ont été inaugurés à l’époque de l’ancien président Hosni Moubarak. En octobre 2008, la sortie de Abbassiya a été inaugurée par Ahmad Nazif. Elle a coûté 20 millions de L.E. Quant à la dernière étape, elle a été inaugurée en novembre 2010. Il s’agit de la sortie sur la rue Al-Nasr à Madinet Nasr qui a couté 25 millions de L.E. Ces deux derniers tronçons ont été construits pour faire face à la densité démographique et aux embouteillages dans la région de Abbassiya. Le pont totalise aujourd’hui 53 ans d’existence. Il est considéré désormais comme la 4e pyramide d’Egypte.

 La ville du 6 Octobre

 Si vous cherchez un endroit calme et luxueux loin du tumulte de la capitale, vous le trouverez sans doute à la ville du 6 Octobre, à 30 minutes du Caire. L’une des toutes premières villes nouvelles situées dans la grande banlieue du Caire, cette cité a été fondée par décret présidentiel en 1979 sous l’ancien président Anouar Al-Sadate au même titre que les villes d’Al-Obour (la traversée), Al-Sadate et Al-Acher Min Ramadan (10 du Ramadan) dont les appellations font référence, d’une manière ou d’une autre, à la victoire d’Octobre 1973.

La ville, qui fait partie du gouvernorat de Guiza, s’étend sur une superficie de 227,9 km2. Sa création vise à réduire la densité démographique du Caire et à créer une nouvelle agglomération urbaine dans les zones désertiques autour de la capitale. On y trouve une zone industrielle, des complexes résidentiels parmi les plus luxueux d’Egypte, mais aussi des logements bon marché et d’autres destinés aux jeunes, vendus à crédit sur des périodes allant jusqu’à 20 et 25 ans. Cette dualité ne se trouve nulle part ailleurs en Egypte.

Le 17 mars 2008, un décret de l’ancien président Hosni Moubarak transforme la ville en un gouvernorat indépendant. L’expérience du 6 Octobre connaît un succès rapide. La ville compte une population de plus de 2,5 millions d’habitants, ainsi que 7 grandes universités, une grande zone industrielle, des clubs, des hôpitaux et des méga-centres commerciaux. En 2011, après la Révolution du 25 Janvier 2011, le premier ministre à l’époque, Essam Charaf, décide de ramener la ville du 6 Octobre au sein du gouvernorat de Guiza. La ville du 6 Octobre se distingue par la Cité de production médiatique, construite en 1997, où se trouve le centre de commandement principal des satellites Nile Sat 1 et 2, ainsi que plusieurs studios de tournage cinématographique. La Cité de production médiatique est aussi le siège de plusieurs stations de radio et de télévision égyptiennes et étrangères. Face à la Cité médiatique se trouve l’un des plus célèbres parcs d’Egypte qui porte le nom de Dream Park et qui s’étend sur une superficie de 150 feddans (1 feddan = 4 200 m2). Il s’agit d’un lieu de divertissement ouvert aux Egyptiens de tous les gouvernorats. Les évolutions dans la région ont fait qu’une grande communauté syrienne, iraqienne, libyenne et soudanaise s’est installée dans la ville. Celle-ci comprend aussi de nombreux étudiants des pays du Golfe qui préparent des diplômes dans ces universités. Pour arriver à la ville du 6 Octobre, il faut compter environ 30 minutes en voiture en passant par le quartier de Mohandessine.

 L’Université du 6 Octobre


(Photo : Chérine Abdel-Azim)

 L’université du 6 Octobre est l’une des plus anciennes universités privées d’Egypte. Elle a été fondée en 1996 par décret présidentiel sur une superficie de 40 feddans. Le campus de l’université est situé à Al-Hay Al-Awal au sein de la ville du 6 Octobre. Il comprend 4 bâtiments pour les cours, un hôpital, 2 bâtiments pour l’hébergement, un pour les filles et un autre pour les garçons. L’établissement, membre de l’Union des universités arabes et africaines, est présidé par Ahmed Zaki Badr. Environ 12 000 étudiants y étudient, dont le tiers environ provient des pays du Golfe. L’université comprend 14 facultés : médecine, médecine dentaire, sciences politiques, ingénierie, langues étrangères et traduction, etc.


(Photo : Chérine Abdel-Azim)

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