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Vers une intégration du système de transport

Nada Al-Hagrassy , Samedi, 02 septembre 2023

L’Egypte a commencé la construction d’un réseau de train électrique à grande vitesse en vue d’améliorer ses performances logistiques. Décryptage.

Vers une intégration du système de transport

Les travaux de construction de la première ligne du Train électrique à Grande Vitesse (TGV) vont bon train. En septembre 2021, l’Egypte a signé un accord avec la société allemande Siemens pour la construction de ce train qui reliera la mer Rouge à la Méditerranée. Long de 1 825 km, ce train devrait relier 60 villes et plusieurs couloirs logistiques de développement. « Le projet de train électrique express est un réseau intégré de trains à grande vitesse. Il constitue un bond en avant dans le système de transport local et commercial en Egypte », explique Khaled Al-Safti, doyen de la faculté des logistiques. Et d’ajouter que « le réseau du train électrique express réduit de moitié le temps de voyage entre les provinces. Cette réduction du temps peut aider l’Egypte à réaliser une plus grande intégration entre ses corridors logistiques, et ce, en fournissant un réseau de transport intégré qui réduira les délais et les coûts logistiques ».

Et ce n’est pas tout. « La réalisation de ce projet contribuera à créer des milliers d’emplois pour les jeunes, réduire les embouteillages et contenir l’étalement urbain », a déclaré Kamel Al-Wazir, ministre du Transport.

La société Siemens, chargée du mode opératoire et de la maintenance du système ferroviaire du TGV pour une durée de 15 ans, fournira à l’Egypte des rames électriques à grande vitesse de type Velaro, des trains de type Dedeiro à grande capacité et des tracteurs de fret Vectron. Le réseau sera composé de 4 lignes intégrées d’une longueur totale de 1 825 km. La première ligne s’étend sur 660 km reliant le port d’Al- Aïn Al-Sokhna sur la mer Rouge à la ville côtière de Marsa Matrouh, à 120 km à l’ouest d’Alexandrie. La deuxième ligne, longue de 1 100 km, reliera Le Caire à Abou-Simbel, près de la frontière soudanaise. Elle reliera ainsi la mégapole aux centres économiques émergents du sud, tandis que la troisième ligne, d’une longueur de 240 km, s’étendra de Qéna, en Haute-Egypte, jusqu’au port de Safaga sur la mer Rouge, en passant par Louqsor et Hurghada. Enfin, la quatrième ligne, de 250 km de longueur, reliera le port de Port-Saïd à celui d’Abouqir, sur la Méditerranée.

« Le projet du train électrique express fait partie de la série des projets nationaux à long terme, puisqu’il vise à relier les ports logistiques entre eux afin que le mouvement ne se limite plus aux ports traditionnels comme Port-Saïd ou Damiette », explique le député Alaa Abed, président de la commission du transport au parlement. Et d’ajouter que « ce projet contribuera à augmenter la demande sur le logement dans les nouvelles villes et à stimuler le commerce et l’industrie dans les différentes zones économiques et les ports, en plus de sa contribution au développement du tourisme dans les zones côtières comme Al- Alamein, Al-Aïn Al-Sokhna et la Côte-Nord, ou dans les zones archéologiques, comme Louqsor et Assouan ».

Un deuxième Canal de Suez

En reliant la mer Rouge à la Méditerranée, des experts estiment que le TGV aura un rôle stratégique similaire à celui du Canal de Suez, mais par voie terrestre. « La faisabilité du train électrique express découle de sa connexion avec le Canal de Suez. Des navires transportant des charges de plus de 2 millions de tonnes pourraient avoir des difficultés à traverser le Canal de Suez. Mais leurs charges pourraient être transportées par le train », explique Mohamed Shadi, économiste au Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS), notant que « le TGV peut ainsi jouer le rôle d’une seconde Canal de Suez ».

Pour lui, l’installation de lignes de TGV revêt également un aspect stratégique beaucoup plus important. Il s’agit de déjouer les tentatives de substituer le Canal de Suez ou de minimiser son importance. En effet, Israël aspire à acquérir une importance stratégique dans la région en construisant une ligne de chemin de fer parallèle à l’oléoduc de transport pétrolier Eilat-Ashkelon, afin de concurrencer le Canal de Suez. Ce train électrique israélien devrait s’étendre sur 350 km d’Eilat sur la mer Rouge à Ashdod sur la Méditerranée, à 30 km au sud de Tel-Aviv. « Le train électrique en Egypte éliminera ces ambitions, puisque les ports d’Alexandrie et d’Al-Alamein sont plus proches de l’Europe que les ports israéliens, sans compter que le coût du transport par le Canal de Suez sera environ trois fois moins cher que celui du transport via le chemin de fer israélien », conclut Shadi.

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