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La révolution numérique s’installe

Nada Al-Hagrassy , Vendredi, 19 mai 2023

A quelque chose malheur est bon. Si la pandémie de Covid-19 a eu de graves répercussions économiques, elle a aussi ouvert la voie à des progrès numériques sans précédent dans différents domaines. Retour sur les plus importants.

La révolution numérique s’installe

Le travail à distance

Le travail à distance implique la dépendance quasi totale à la communication qui permet la tenue des réunions virtuelles et l’échange de communications et de messages à l’instant même. La plateforme digitale Zoom, qui dispose de services d’appels vidéo, est devenue la solution idéale pour la tenue de réunions et conférences virtuelles, ainsi que pour l’échange de messages et d’appels gratuits instantanément. Cela permet l’interaction des employés avec les clients, ainsi que la communication entre les équipes de travail d’une même entreprise. L’usage de cette technique de communication s’est étendu jusqu’aux plus hautes sphères politiques où présidents, chefs de gouvernement et chefs d’organisations internationales ont tenu leurs réunions et sommets grâce à cette technologie. Ces atouts ont permis aux gens d’effectuer des tâches qu’ils avaient l’habitude de faire auparavant en face-à-face.

Avec la fin de la pandémie, l’usage de l’application n’a pas diminué. Au contraire, l’application a vu l’augmentation du nombre de ses utilisateurs pour atteindre 300 millions de personnes par jour. Surtout que certains gouvernements et même des sociétés multinationales et nationales tendent à étendre le travail à distance. Cette tendance a entraîné une nette augmentation de la valeur de l’action de la société de 68,72 dollars à 135,14 dollars en mars 2020. En 2023, la société continue d’enregistrer des bénéfices. Au cours du premier trimestre de 2023, elle a marqué un bénéfice de 1,22 dollar par action dépassant les estimations prévoyant 81 centimes par action.

L’Egypte encourage le télétravail

En Egypte, le gouvernement a approuvé, le 10 mai, que certains départements de l’Etat continuent à travailler à distance pendant une période expérimentale de 6 mois. Cette décision s’applique aux fonctionnaires du ministère des Télécommunications et de la Technologie de l’information et de l’Agence centrale de l’organisation et de l’administration. Cette tendance, qui a vu le jour à cause de la propagation du coronavirus, gagne de plus en plus du terrain. Car, elle vise à réduire les embouteillages et la grande pression exercée sur les infrastructures de la capitale. Cette décision, qui coïncide avec celle de transférer tous les ministères de l’Etat vers la Nouvelle Capitale administrative, a également pour objectif d’épargner aux employés le long trajet qu’ils devaient faire entre leur lieu de résidence et celui de leur travail.

Les banques se mettent au numérique

En dépit des débuts presque timides en Egypte des services bancaires numériques en 2014, le « digital banking » a connu un fort élan grâce aux contraintes liées à la pandémie. Ce qui a permis aux clients d’avoir accès à une large palette de services et de conclure différentes transactions comme le transfert de fonds, la gestion des prêts et l’achat de certificats de dépôt 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris les jours fériés. Ces services ont été rendus possibles grâce à la mise en service d’applications numériques bancaires via ordinateurs et téléphones portables. La numérisation a aussi rendu les services bancaires plus efficaces et a réduit le coût des opérations pour les banques. A l’instar de l’utilisation accrue de l’analyse des données qui a permis des évaluations plus précises du risque de crédit et la détection des fraudes, ce qui améliore la rentabilité des banques. Elle a aussi permis d’identifier et de contrôler la taille du secteur informel. La numérisation des services bancaires profite aux banques en augmentant leurs pouvoirs compétitifs sur le marché financier et en leur permettant de cibler une clientèle de plus en plus jeune prisée par la nouvelle technologie de l’information.

Essor du secteur logistique et informatique

 Trois ans après la fin de la pandémie, le secteur informatique et des logiciels en Egypte poursuit son développement avec un taux de 22 % en 2023.

Contrairement aux autres secteurs de l’économie dont le développement a été ralenti à cause de la pandémie, le secteur des logiciels et de l’informatique a connu un véritable essor. Parce qu’il est devenu la bouée de sauvetage des autres secteurs économiques, aussi bien qu’il a permis, à travers ses nombreuses applications, de fournir toutes sortes de services, dont des services médicaux. Cette application a connu un timide succès à son lancement en 2011 à cause du manque de développement du secteur informatique. Mais pendant et après la pandémie, l’application du nom de « Vezeeta » est devenue l’une des entreprises pionnières dans le domaine de la télémédecine au Moyen-Orient et en Afrique. Son succès l’a encouragée à créer en février 2021 une autre application pharmaceutique portant sur la distribution des médicaments. Celle-ci atteint plus d’un million de participants actuellement. Quatre autres applications égyptiennes figurent sur la liste du prestigieux magazine américain Forbes concernant les meilleures applications financières au Moyen-Orient. L’application « myFawry » occupe la première place en tant que passerelle de paiement électronique. A la cinquième place se trouve l’application « Valu » suivie, à la sixième place, de « Money Fellows » consacrée aux associations et enfin, à la neuvième place, l’application « Amen » pour les services financiers et les portefeuilles électroniques destinés aux commerçants.

Ventes en ligne (e-commerce)

 Dès 2020, les consommateurs du monde entier, soumis aux règles du confinement, ont dû modifier leur mode d’achat des biens de consommation. Peu à peu, le e-commerce est devenu le nouveau chouchou de toutes les classes sociales. Ainsi, « la part du commerce électronique mondial est passée de 14 % en 2019 à 17 % en 2020 », d’après un récent rapport sur le commerce électronique publié par la Conférence des Nations- Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). Et, les plateformes qui ont commencé dans les années 1990 comme une des conséquences de l’introduction de la toile dans la vie quotidienne, telles que Amazon, Ebay, AOL ou Ali Baba, sont devenues les nouveaux centres commerciaux prisés de la planète, où la clientèle trouve des produits de l’aiguille au missile à des prix abordables. Le e-commerce a dans la foulée développé toute une série de services logistiques associés comme la livraison à domicile.

Ce boom du commerce électronique a même encouragé des particuliers à monter leurs petites affaires via des plateformes numériques. Après la fin de la pandémie, et en dépit d’un retour à une façon conventionnelle d’acheter, le commerce électronique garde tout son pouvoir. Car « les entreprises et les consommateurs qui ont pu passer au numérique ont contribué à atténuer le ralentissement économique causé par la pandémie. Ainsi, la tendance enregistrée pour le commerce électronique en 2020 devrait se maintenir au cours de la reprise », conclut le rapport de la CNUCED.

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