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Dr Ali Abdel-Raouf Al-Idrissi : Le secteur privé est un acteur-clé de l’intégration continentale

Ola Hamdi , Mercredi, 03 mai 2023

Dr Ali Abdel-Raouf Al-Idrissi, professeur d’économie et membre de l’Association égyptienne d’économie et de législation, explique les opportunités et les défis des investissements locaux et étrangers en Afrique.

Dr Ali Abdel-Raouf Al-Idrissi

Al-Ahram Hebdo : Dans quelle mesure les crises que traverse le monde, épidémies, changement climatique et guerre en Ukraine, affectent-elles l’investissement en Afrique ?

Ali Abdel-Raouf Al-Idrissi : Ces crises successives ont sans doute affecté les indicateurs économiques dans le continent. Les conflits, l’insécurité et l’instabilité politique constituent sûrement le plus grand obstacle face à l’attraction des investissements. En outre, l’utilisation inefficace des ressources a fait perdre au continent de nombreuses opportunités de développement et a augmenté le taux de la pauvreté. A ceux-ci s’ajoute la corruption, qui est un obstacle majeur à l’investissement local comme à l’investissement étranger. Avec tous ces défis, l’environnement entourant tout investissement devient jonché d’obstacles. De même, les investissements intraafricains ont été affectés. Avec les crises et les tensions, l’ampleur de la corruption augmente, alors que l’Afrique est devenue une terre de convoitises internationales.

— Quelles sont les opportunités d’investissement les plus importantes sur le continent ?

— Le continent africain est doté de nombreuses ressources naturelles, que ce soit au niveau des minéraux ou au niveau des industries extractives telles que le gaz, le pétrole et le charbon. Il y a aussi une abondance dans la production de nombreux produits agricoles qui peuvent être une source majeure de nourriture à l’échelle mondiale. Par ailleurs, il existe une grande diversité des ressources. Par exemple, l’Afrique du Nord se distingue par des avantages particuliers par rapport à l’Afrique australe, au centre et l’est. Chaque région du continent a ses avantages compétitifs dans de nombreuses ressources, mais le processus d’intégration économique dans le continent se heurte à de nombreux obstacles — que nous avons mentionnés — en plus des défis liés au transport, aux télécommunications, aux routes, aux politiques économiques et aux incitations financières et monétaires. Par conséquent, lorsqu’il y a des succès, nous les trouvons au niveau individuel et non collectif. A titre d’exemple, des pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud, le Rwanda, ainsi que d’autres pays ont des succès qui se situent au niveau individuel et non collectif.

— Comment trouvez-vous le concept de « renforcer les solutions africaines face aux crises d’Afrique » pour stimuler les investissements ?

— Cela reste bien évidemment de merveilleux slogans et discours, mais sur le terrain, la question est différente, à l’exception de l’accord de la Zone de libre-échange africaine, qui est entrée en vigueur il y a deux ans. Cependant, jusqu’à présent, cet accord n’a pas atteint les résultats que nous espérons pour maximiser le volume des échanges intra-africains ou même celui du continent avec le monde extérieur. Il faut déterminer un calendrier précis pour la mise en oeuvre des accords commerciaux et s’attaquer aux obstacles de déficit d’infrastructure dans le continent qui entravent le commerce transfrontalier des marchandises.

— Quel rôle le secteur privé africain doit-il jouer pour contribuer à une plus grande intégration régionale ?

— Stimuler les investissements intra-africains est une question très importante. Le secteur privé est un acteur-clé de l’intégration continentale. Nous comptons sur le rôle du secteur privé car sa présence donne confiance à l’investisseur étranger. Malheureusement, les investisseurs africains préfèrent investir dans d’autres pays hors du continent. Il faut donc, pour motiver les investissements, encourager la concurrence et annuler les pratiques monopolistiques omniprésentes en Afrique qui empêchent certainement l’entrée de nouveaux investisseurs.

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