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Une ascension politique

Ghada Ismaïl, Mercredi, 20 mars 2024

L’Egypte a réalisé des progrès significatifs en matière d’autonomisation politique des femmes. Focus.

Une ascension politique

L’Egypte a progressé de 49 places dans l’Indice d’autonomisation politique des femmes du Forum économique mondial (WEF), passant de la 134e à la 85e place entre 2014 et 2023. C’est son meilleur niveau en 10 ans. L’autonomisation politique des femmes peut être définie comme l’accès des femmes aux postes de décision et de leadership qui influencent la prise de décision ou l’élaboration des politiques. Ce concept est étroitement lié à la réalisation de l’intégrité des femmes et à l’amélioration de leur capacité à participer à la vie politique. Cela se fait en s’appuyant sur des politiques et des procédures et en adoptant des lois constitutionnelles et juridiques qui garantissent l’élimination de toutes les pratiques discriminatoires et l’exclusion à l’égard des femmes. Il existe également des indicateurs des Nations-Unies pour mesurer le concept d’autonomisation des femmes, comme leur participation aux postes de direction, dans les comités et dans les postes publics, les possibilités d’éducation et de formation non traditionnelles et la participation à la prise de décisions, ainsi qu’à leur mise en oeuvre. La Constitution égyptienne de 2014 offre des occasions réelles pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes et stimuler leur participation politique. L’article 11 stipule que « l’Etat garantit l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels conformément aux dispositions de la Constitution ».

Une présence affirmée

Que disent les chiffres ? L’un des changements les plus marquants réside dans l’augmentation significative du nombre de femmes au sein du gouvernement, qui est passé de deux ministres en 2012 à six en 2024. Soit une augmentation de 18 % par rapport au nombre total de ministres dans le gouvernement actuel, contre 6 % en 2015 et 2,8 % en 2013. En plus, 27 % des postes de vice-ministre et 31 % des postes de vice-gouverneur sont occupés par des femmes. D’après un rapport récent du Conseil national de la femme, la participation des femmes aux postes de direction au sein des ministères affiche des taux encourageants : 34,4 % au ministère du Développement local, 43 % au ministère de l’Electricité, 40 % au ministère de la Santé et 43 % au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Par ailleurs, la proportion de femmes dans le corps diplomatique et consulaire a atteint environ 62 %.

Au parlement, les femmes occupent désormais 27 % des sièges du Conseil des députés, contre 1 % en 2012. Elles ont obtenu 162 sièges (14 femmes nommées et 148 élues) contre seulement 9 en 2012, soit une multiplication par 18 de leur représentation. Cette progression remarquable est également observée au Sénat, où leur représentation est passée de 12 à 41 sièges sur la même période. En plus, 60 % des femmes ont participé à l’élection présidentielle de 2024. Le nombre de femmes qui avaient l’habilité à voter s’élevait à environ 26 millions, soit 48,5 % des électeurs. Parmi elles, 15 millions étaient de jeunes femmes et 11 millions des femmes âgées. En outre, le système judiciaire égyptien connaît une participation croissante des femmes à différents niveaux. A ce jour, 130 femmes occupent des postes de juges, 17 sont membres du Parquet, 137 siègent au Conseil d’Etat, 2 363 travaillent au Parquet administratif et 1 290 occupent des postes à l’Autorité des poursuites judiciaires.

Au cours des dernières années, le nombre de femmes occupant des postes de direction pour la première fois dans l’histoire de l’Egypte a augmenté. En 2014, le président Sissi a nommé Fayza Aboul-Naga comme conseillère du président de la République pour la sécurité nationale, la première femme à occuper ce poste en Egypte. Les autres postes occupés par des femmes pour la première fois sont ceux de Fibi Gerges, première vice-président du Sénat, Nadia Abdou, première gouverneure, Hassana Chaaban Abdellah, première présidente de la Cour économique, Lobna Hilal, première vice-gouverneur de la Banque Centrale, et l’ambassadrice Mouchira Khattab, première présidente du Conseil national des droits de l’homme.

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