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Adel Nasser : Les commerçants doivent respecter les nouvelles mesures et les citoyens ne pas stocker inutilement

Ola Hamdi , Mercredi, 04 janvier 2023

Adel Nasser, vice-président de la Fédération générale des Chambres de commerce, revient sur le rôle du comité supérieur de contrôle des prix et sur les moyens de fixer des prix adéquats aux produits de base.

Adel Nasser

Al-Ahram Hebdo : Quel est le rôle du comité supérieur de contrôle des prix récemment créé ?

Adel Nasser: La formation d’un comité supérieur pour une tarification équitable des produits est venue en réponse aux demandes des Chambres de commerce. Son mécanisme de travail consiste à assurer le suivi de la fixation du prix des produits de base et à s’assurer qu’il est affiché de manière claire aux consommateurs dans tous les magasins. Des campagnes de sensibilisation seront menées par des sous-comités dans les commerces pour les avertir des mesures juridiques qui pourraient être prises à leur encontre en cas d’infractions.

— Et à quelles sanctions les commerçants risquent-ils d’être exposés ?

— Désormais, les commerçants et les entreprises doivent se conformer à la décision n°330 de 2017 du Conseil des ministres concernant l’inscription des prix sur chaque emballage en arabe de façon claire et de manière à ce qu’elle ne s’efface ni ne se retire, en particulier pour les produits stratégiques. Il y a eu, ces derniers jours, de grands écarts de prix injustifiés. C’est pourquoi je pense que l’affichage contribuera à contrôler les prix et à prévenir les manipulations. Les commerçants doivent donc se mettre aux côtés de l’Etat dans ces circonstances mondiales exceptionnelles. Celui qui ne respecte pas ces principes sera passible de sanctions comme la fermeture et la revente des marchandises dans des points de vente dépendant de l’Etat avec des prix fixés.

— Comment, en ces temps de crise, calculer le juste prix d’un produit donné ?

— Nous ne pouvons pas fixer de prix obligatoire, car cela affecte négativement l’économie et le principe de la liberté du commerce. Nous nous efforçons de fixer un prix consensuel pour les produits alimentaires et de ne pas laisser de produits sans tarification. Le juste prix est calculé en fonction du coût de production et des coûts d’approvisionnement avec une marge de bénéfice de 7%. Nous avons organisé des réunions avec les Chambres de commerce et d’industrie égyptiennes, ainsi qu’avec le ministère de l’Approvisionnement pour connaître le coût de fabrication de chaque marchandise produite sur le marché local, qu’elle soit avec des composants locaux ou importés. La fédération publiera au cours du mois de janvier un bulletin quotidien sur ses pages concernant les prix fixés des produits stratégiques comme le sucre, les huiles de toutes sortes, le thé, les pâtes, la farine, la margarine, ainsi que d’autres produits de base.

— Quel est le taux convenu de réduction ?

— Lors de nos réunions avec tous les producteurs, fabricants et importateurs, nous avons convenu qu’ils participent avec nous aux points de vente que l’Etat établira, en faisant une remise de 15 à 20 % sur le prix des produits de base en comparaison avec les mêmes produits vendus en dehors de ces points de vente. En fait, il est difficile d’exiger plus que cela et ce, pour deux raisons: le taux de change du dollar et le retard des marchandises dans les ports.

— Quel est l’impact du processus en cours de dédouanement des marchandises dans les ports sur la hausse des prix ?

— Il y a un dédouanement quotidien de marchandises dans les ports. Cette étape importante devrait également réduire les prix des produits de base. Le problème, c’est que les marchandises ont été retenues pendant un certain temps dans les ports, ce qui a entraîné une pénurie de certains produits sur le marché. Par conséquent, la demande a augmenté tandis que l’offre a baissé, ce qui a entraîné une augmentation des prix de certains produits. Le gouverneur de la Banque Centrale a également promis de fournir les devises étrangères qui manquent pour débloquer successivement et à des intervalles très rapprochés les marchandises dans les ports. Chaque semaine, les marchandises qui quittent les ports seront annoncées aux citoyens.

— Quelles sont les autres mesures prises par le gouvernement pour contrôler le marché ?

— Le gouvernement a également conclu des accords avec les grandes enseignes comme Hyper, Carrefour et Seoudi pour allouer un coin dans lequel les biens de consommation de base, comme l’huile, le sucre et la margarine, sont mis à prix réduit. Cela s’ajoute à l’initiative Ahlan Ramadan, qui débutera le 7 janvier. Le ministère de l’Approvisionnement va fournir les produits de base pour tous les points de vente. En coordination avec la Fédération générale des Chambres de commerce, chaque gouvernorat organisera au moins 5 expositions, alors que d’autres pourraient organiser entre 20 et 30 expositions en fonction de la densité de la population.

— A cet égard, quel est le rôle joué par la Fédération générale des Chambres de commerce ?

— La Fédération générale, par l’intermédiaire de ses Chambres de commerce situées dans tous les gouvernorats, coopère avec toutes les autorités concernées pour soutenir l’activité commerciale. A titre d’exemple, on prend en charge toutes les dépenses des expositions. Celui qui propose des produits à prix réduit ne paie aucun coût, nous lui offrirons un lieu où tous les préparatifs logistiques sont disponibles, y compris l’électricité, l’eau et la sécurité. Pour dépasser cette phase exceptionnelle, nous espérons que les commerçants respecteront les nouvelles mesures et que les citoyens ne stockeront pas inutilement les produits alimentaires.

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