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Les figures clès des élections

Hugo Schmitt, Lundi, 20 octobre 2014

Des politiciens et hommes du pouvoir tunisiens s'imposent comme des figures-clés pour les législatives d'octobre et la présidentielle de novembre prochain. Passage en revue.

Le favori

Béji Caïd Essebsi
Béji Caïd Essebsi

Béji Caïd Essebsi, avocat tunisien âgé de 87 ans, est l’homme fort des deux scrutins à venir. Devenu militant très jeune au Néo-Destour et proche de Bourguiba, il en deviendra le conseiller. Il occupera par la suite des postes de ministre (Intérieur, Défense, Affaires étrangères). Il revient en politique après une pause de 20 ans et la révolution tunisienne pour occuper le poste de premier ministre le 27 février 2011 sous la présidence intérimaire de Fouad Mebazaa. Chargé de faire élire l’As­semblée constituante qui dirigerait la transition, il est remplacé par Hamadi Jebali, chef de la troïka (alliance tri-partite entre Ennahda, le CPR et Ettakatol). Aujourd’hui, président du parti Nidaa Tounès, fondé en 2012, il est pour l’instant le candidat favori pour la présidentielle à venir, alors que son parti est crédité d’intentions de votes allant de 30 à 35 % pour les législatives.

L’homme à suivre

Chafik Sarsar
Chafik Sarsar

Mehdi Jomaa est un ingénieur et homme d’Etat tunisien de 52 ans. Actuel chef d’un gouvernement tunisien de technocrates indé­pendants en attendant les prochaines élec­tions, il a été désigné comme successeur de Ali Larayedh en janvier 2014 par le président Moncef Marzouki. Au lendemain de l’adoption de la nou­velle Constitution, le 26 janvier 2014, il fait voter la confiance pour son gouvernement avec comme objectifs annon­cés : l’organisation d’élections transparentes, la sortie de la crise économique ainsi que la lutte contre la cor­ruption.

Il a déclaré, en septembre dernier, ne pas être candidat à la présidence de la République, comme stipulé dans la feuille de route du Dialogue national, sur la base de laquelle il avait été nommé à la tête du gouvernement.

L’arbitre

Mehdi Jomaa
Mehdi Jomaa

Chafik Sarsar est un universitaire tunisien de 48 ans. Professeur à l’Ins­titut supérieur de la magistrature, il est également membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolu­tion, de la réforme politique et de la transition démo­cratique. Il est élu à la tête de l’instance supérieure indépendante pour les élections par l’Assemblée constituante, le 9 janvier 2014. Cette institution a été créée en 2011 dans le but de remplacer le ministère de l’Intérieur pour l’organisation et la surveillance des élections ainsi que pour la garantie de leur indépen­dance. « L’instance a démontré, par le biais de ses positions, qu’elle n’est loyale à aucun parti politique et qu’elle a toujours essayé de rester à la même distance de tout le monde », déclarait récemment Sarsar.

Kamel Morjane,
Kamel Morjane,

Le repenti
Kamel Morjane, ancien diplomate auprès des Nations-Unies, a fait partie du régime de Ben Ali. Agé de 66 ans, il a été ministre de la Défense, puis ministre des Affaires étrangères sous le régime déchu, et a été contraint à démissionner tout comme l’en­semble du gouvernement, le 27 janvier 2011, suite à la révolu­tion tunisienne. Après avoir été un militant de la première heure au Néo-Destour, il est mainte­nant président de l’Initiative nationale destourienne qui se dit inspirée de l’héritage de Habib Bourguiba, parti ayant obtenu 5 sièges lors de l’élection de l’As­semblée constituante de 2011. Il cherche aussi à bri­guer la magistrature suprême à l'élection présiden­tielle de novembre. Accusé d’avoir fait partie de la machine de répression autoritaire du régime de Ben Ali, il avait présenté des « excuses » aux Tunisiens en 2011 « pour avoir accepté de servir » le président déchu. « Je n’ai jamais participé de manière active » aux pratiques répressives, a-t-il encore prétendu.

L’alternatif

Hamma Hammami
Hamma Hammami

Hamma Hammami, figure de la gauche radicale de 62 ans. Après une carrière politique rythmée par de multiples arrestations et plusieurs séjours en prison sous les présidents Bourguiba et Ben Ali, il devient secrétaire général du Parti des Travailleurs (ancien parti communiste des ouvriers de Tunisie, long­temps clandestin dont il était le porte-parole) à l’issue du congrès de 2011. Il prévoyait de se présenter à l’élection constituante de 2011, mais s’était finalement ravisé. Candidat à l’élection prési­dentielle de 2014, il prône la séparation religion/Etat, tout en affirmant être respectueux des croyances de chacun. Certaines de ses positions lui valent d’être l’objet d’un nombre de menaces de mort, l’obligeant à se déplacer tout au long de la campagne sous escorte policière. Son parti, qui avait obtenu 3 sièges en 2011, arrive 3e dans les sondages et se présente comme la balance de toute future coalition.

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