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Aux Etats-Unis, le référendum ne déplace pas les foules

Washington, Correspondance — Mohamed ElMenshawy, Lundi, 13 janvier 2014

Seules quelques petites manifestations ont eu lieu devant les bureaux de vote aux Etats-Unis, où 30 000 Egyptiens étaient appelés à se prononcer sur la Constitution. A Washington, l'affluence était faible.

L’ambassade d’Egypte à Washington accueillait pendant quatre jours les citoyens désireux de participer au référendum sur la nouvelle Constitution.

Les conditions climatiques pénibles : froid cinglant lors des deux premiers jours, -10 degrés, puis des pluies abondantes ont dissuadé un certain nombre de votants. Heureusement, l’augmentation de la température pendant le week-end a encouragé les électeurs à affluer en plus grand nombre.

Les expatriés égyptiens inscrits sur les listes électorales sont environ 680 000, dont 30 000 aux Etats-Unis. Ils ont voté dans 5 circonscriptions : à l’ambassade à Washington et dans 4 consulats à New York, Chicago, Houston et Los Angeles.

Un Egyptien septuagénaire affirmait avoir conduit pendant 3 heures pour pouvoir voter, malgré les mauvaises conditions climatiques. Un autre avançait que sa voix « valait beaucoup pour que la démocratie se fraye un chemin en Egypte et pour faire aboutir la feuille de route ». Les déclarations se ressemblent. Une femme voilée disait avoir voté « Oui » « pour soutenir l’Egypte dans la voie sur laquelle elle s’est engagée, et pour la démocratie naissante ». Elle croit qu’un plébiscite en faveur de la Constitution livrera un message clair au général Abdel-Fattah Al-Sissi, pour l’inciter à se porter candidat à la future présidentielle.

L’autre courant, en faveur du « Non », dénonçait le « coup d’Etat » du 3 juillet à travers des manifestations devant les bureaux de vote. Plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées devant l’ambassade à Washington, pour exprimer leur refus au nouveau texte, le considérant comme « illégal », car émanant du « résultat d’un coup d’Etat militaire contre la légitimité constitutionnelle et politique ».

La position des partisans du « Non » aux Etats-Unis rappelle celle des coptes expatriés lors du référendum sur la Constitution l’an dernier, sous la présidence de Morsi. Les voix des coptes égyptiens aux Etats-Unis s’étaient élevées pour s’opposer à la Constitution des Frères. Ils avaient organisé des sit-in semblables à ceux que l’on voit actuellement dans la capitale américaine.

Inquiétude américaine

A Washington, on estime cependant que le climat actuel en Egypte n’est pas propice à la tenue d’un référendum. Un récent rapport du centre Carter avance que l’état de polarisation et les perspectives étroites d’avenir entourant l’opération de vote sur la Constitution suscitent l’inquiétude. Dans un communiqué, le centre a appelé le gouvernement égyptien à mettre à la disponibilité de tous des informations claires sur le référendum avant que les Egyptiens ne se rendent aux urnes, telles que « le taux de participation minimum pour faire passer la Constitution et, le cas échéant, un projet indiquant la marche suivie si la Constitution est rejetée ».

La porte-parole du Département d’Etat américain a affirmé que son pays ne manquerait pas de soutenir « la transition qui aurait pour résultat la formation d’un gouvernement civil regroupant toutes parties, sur fond d’élections libres et intègres, jetant les bases d’un Etat respectant la souveraineté de la loi et prônant la prospérité économique ».

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