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Dr Mohamed Shadi : « Les énergies renouvelables ouvrent la voie à de très larges investissements »

Propos recueillis par Ola Hamdi, Lundi, 25 octobre 2021

Dr Mohamed Shadi, économiste auprès du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS), revient sur le potentiel des énergies renouvelables en Egypte.

Dr Mohamed Shadi

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte vient d’être placée au 20e rang sur la liste des pays les plus attractifs pour les investissements dans le secteur des énergies renouvelables au niveau du monde. Quelle est l’importance de ce classement ?

Mohamed Shadi: Ce classement montre que l’Egypte regorge de très grandes capacités en énergies renouvelables. Ce qui améliore par conséquent les perspectives de l’économie égyptienne, la rendant plus attractive pour les investissements. En fait, les énergies renouvelables jouent un rôle pionnier pour résoudre la crise énergétique à laquelle le monde fait face, notamment avec la baisse du coût de ce genre d’énergie sur le long terme. En plus, ce classement envoie aux investisseurs un signal fort que le projet national de l’Egypte de devenir un hub énergétique est sur le bon chemin. En outre, il renforce notre tendance à réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour faire face aux changements climatiques. Le monde entier se dirige dans ce sens, en particulier l’Europe qui s’apprête à imposer une taxe dite carbone sur toutes les importations polluantes provenant des pays aux normes environnementales plus souples.

— Quel est l’impact de ce classement sur l’économie égyptienne ?

Son impact est très important, vu que le secteur des énergies renouvelables ouvre la voie à des domaines d’investissements très larges, à commencer par la construction des centrales, les industries qui les alimentent et les moyens de les transporter. Cela incitera sans doute beaucoup de pays à être confiants en injectant plus d’investissements dans le réseau d’interconnexion égyptien avec les pays voisins, notamment le projet d’interconnexion en cours entre l’Egypte et l’Arabie saoudite et le projet de réseau entre l’Egypte, Chypre et la Grèce.

— Quelles sont donc les opportunités d’investissement pour l’Egypte dans ce domaine ?

Elles sont nombreuses. On attend des flux d’investissement dans les domaines de la construction des centrales solaires ou éoliennes, outre la mise en place des projets, telles des usines de batteries ou de fils, etc. Cela s’ajoute à la tendance très large à créer une économie verte, comme la transition vers l’hydrogène vert qui nécessite l’existence d’un réseau parallèle ou d’un réseau de gaz qui est réhabilité pour recevoir l’hydrogène vert. Dans ce cas, d’énormes flux d’investissement viendront refaçonner l’ensemble de l’économie égyptienne pour la transformer de l’exportation de produits agricoles à celle de produits énergétiques. Nous exporterons ainsi de l’électricité, et cela générera bien sûr de très gros profits en très peu de temps. De même, l’électricité qui sort de chez nous est un produit qui peut être consommé immédiatement, contrairement aux pays du Golfe, dont l’électricité doit être rebrûlée pour produire de l’énergie.

— Le ministère de l’Electricité vient d’amender sa stratégie pour inclure l’hydrogène vert. De quoi s’agit-il exactement ?

Recourir à l’hydrogène vert est une démarche indispensable pour réduire les difficultés auxquelles est confronté le processus de stockage des énergies renouvelables, car elles doivent être consommées immédiatement après leur production : elles sont produites à des moments que nous ne pouvons pas contrôler. Par exemple, l’énergie solaire est produite en présence du soleil uniquement, alors que nous ne pouvons pas la produire la nuit. Si nous n’avons pas la capacité de consommer de l’énergie renouvelable sur-le-champ, elle doit être stockée sous une forme bien précise. De plus, le stockage lui-même coûte énormément car il nécessite des batteries. Il y a une autre façon de stockage, c’est ce qu’on appelle l’énergie potentielle. L’hydrogène est venu résoudre ce problème. De cette façon-là, nous renforcerons nos capacités en énergies renouvelables. Par conséquent, l’Egypte, dans le cadre de sa stratégie d’énergie renouvelable, a dû adopter une méthode de stockage de l’hydrogène vert qui constitue la solution magique à tous les problèmes d’énergie renouvelable. Nous avons un très grand réseau de gaz qui s’étend maintenant à toute l’Egypte. Si nous arrivons à utiliser le réseau de gaz à l’avenir, notamment ses énormes lieux de stockage, pour transporter l’hydrogène, le problème du stockage et du transport sera résolu .

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