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Début d’une transition compliquée

Nada Hagrassy, Mercredi, 11 novembre 2020

Donald Trump entend contester les résultats devant les tribunaux américains. La période de transition entre Trump et Joe Biden s’annonce très compliquée.

Début d’une transition compliquée
(Photo : AP)

« J’ai gagné l’élection avec 71 millions de votes légaux », a écrit en majuscules, sur Twitter, Donald Trump, quelques heures après l’annonce de la victoire de Joe Biden. Le président sortant, qui n’a pas concédé la victoire à son adversaire démocrate, a déclaré, au contraire, que l’élection était « loin d’être terminée », et que « la bataille juridique ne fait que commencer ». En fait, Donald Trump a lancé des procédures judiciaires dans plusieurs Etats-clés contestant le vote par correspondance, dans l’espoir que soient annulés les résultats dans les Etats ayant permis à Joe Biden de remporter la course à la Maison Blanche. Il a également menacé de saisir la Cour suprême sans pour autant présenter d’éléments de preuves. Cette déclaration d’avoir recours directement à la Cour suprême s’appuie sur un fait précédent qui remonte à la présidentielle de 2000 entre George W. Bush et le candidat démocrate Al Gore, lorsque ce dernier, donné perdant en Floride, avait saisi la justice et obtenu un recomptage des votes dans quatre comtés pour vérifier l’écart des voix extrêmement faible entre les candidats. « Il n’y a eu aucune inspection sur énormément de votes par correspondance. Ils auraient pu être en faveur de n’importe qui. C’est illégal, c’est inconstitutionnel, et on va aller en justice pour ça », a affirmé Rudy Giuliani, l’avocat de Trump. Déjà en Pennsylvanie, les autorités avaient ordonné de comptabiliser les bulletins séparément. Trump prévoit des plaintes dans une dizaine d’Etats, selon Rudy Giuliani, à Wisconsin où il n’est distancé que de 0,6 point par le démocrate. Les autorités de Géorgie, où l’écart se compte en milliers de voix, ont également l’intention de recompter les suffrages.

Encore 70 jours à la Maison Blanche

Les recours en justice pourraient-ils « retarder » la transition ? La législation américaine fixe un cadre clair pour un transfert ordonné des pouvoirs entre un président sortant et son successeur à la Maison Blanche. Mais la transition entre Trump et Biden risque d’être plus compliquée que les précédentes. L’investiture du nouveau locataire de la Maison Blanche aura lieu le 20 janvier 2021. Plusieurs échéances vont d’ici là séquencer cette période. Première étape, d’abord, le 8 décembre, où les 50 Etats devront annoncer les résultats définitifs. Puis une semaine plus tard, le 14, le collège électoral désignera officiellement le 46e président des Etats-Unis. D’ici là, Trump garde tous ses pouvoirs, puisque les prérogatives constitutionnelles du gouvernement ne changent pas durant la transition. Ainsi, le président sortant pourrait signer des décrets présidentiels. Il pourrait refuser toute coordination avec Joe Biden et ses équipes. Par ailleurs, l’équipe de la nouvelle Administration s’est déjà mise au travail. Joe Biden n’a pas tardé à créer son propre compte Twitter « Biden-Harris Presidential Transition » pour annoncer ses futurs chantiers en attendant son investiture. Une cellule de crise sur le coronavirus, rassemblant des scientifiques et des experts, a entamé son travail lundi dernier.

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